On ne sait pas si des Bretons parlementaires ou militants ont assisté aux obsèques d’Edmond Simeoni. Mais Jean Lassalle, lui, y était.

On n’est jamais déçu avec Jean Lassalle, député du Béarn. Faire la grève de la faim pour sauver une usine de sa circonscription, réaliser un tour de France à pied, mettre un gilet jaune dans l’hémicycle du Palais-Bourbon (1500 euros de retenue sur son traitement parlementaire…), avec lui, tout est possible ; c’est l’un des rares députés à sortir des sentiers battus.

Soutenant hardiment les Gilets jaunes, il n’hésite pas à aller sur les barrages. Ce fut le cas à Brest où il donnait une conférence. A cette occasion, les lecteurs du Télégramme (Brest, samedi 8 décembre 2018) eurent droit à quelques déclarations piquantes : « Depuis que je suis député, j’ai vu déguerpir précipitamment 350 chiraquiens, ensuite 400 sarkozystes, puis je ne sais plus combien de hollandistes, dont certains se sont reconvertis, fort heureusement pour eux, mais pas pour la France. »

« La noblesse de l’élu choisi par le peuple, c’est de savoir en prendre plein la figure quand il le mérite. »

Du métier de député, Jean Lassalle a également une conception qui doit stupéfier ses collègues de l’Assemblée nationale : « Nous devrions être (…) dans toutes les manifs de France. Il faut aller se faire engueuler, et la noblesse de l’élu choisi par le peuple, c’est de savoir en prendre plein la figure quand il le mérite. »

Il serait également de bon conseil pour Macron : « Actuellement, qu’il parle ou qu’il ne parle pas, c’est pareil. Les gens ne peuvent plus le voir, mais ça reviendra. Je le lui souhaite. Il est jeune, il peut encore servir. Mais il a très mal démarré. »

« Sans Simeoni, on ne parlerait plus occitan, ni breton, ni basque »

Régionaliste convaincu, Jean Lassalle ne cache pas son jeu. Ainsi, il était présent aux obsèques d’Edmond Simeoni, le père du nationalisme corse, à Lozzi. Là, il eut cette phrase fameuse : « Sans Simeoni, on ne parlerait plus occitan, ni breton, ni basque » (Le Monde, mercredi 19 décembre 2018).

Bizarrement, Jean Lassalle n’appartient pas au groupe « libertés et territoires » de l’Assemblée nationale qu’a créé Paul Molac. On se demande bien pourquoi. Serait-ce parce qu’il a l’intention de diriger une liste aux prochaines européennes ?

B. Morvan

Crédit photo : Marie-Lan Nguyen/Wikimedia (cc)
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