Assassinat d’Alain Orsoni : les démons du nationalo-affairisme corse

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L’ancien dirigeant nationaliste corse Alain Orsoni a donc été abattu, au fusil à lunettes selon les premiers éléments de l’enquête, ce lundi 12 janvier 2026 alors qu’il assistait aux obsèques de sa mère.

Cet acte rappelle les, assassinats de François Santoni, de Jean-Michel Rossi, ennemis d’Alain Orsoni, d’Antoine Sollacaro ou Pierre Albertini, amis d’Alain Orsoni. Et de tant d’autres.

Il est vrai que pour un observateur breton ou basque, le nationalisme corse peut parfois paraître… étonnant ! Dans les prisons françaises, les nationalistes corses et basques se sont rencontrés, sur les cours de promenade par exemple et les approches de la lutte et de la politique ont souvent donné lieu à de belles confrontations. Face à l’aspect doctrinaire marxiste-léniniste tendance austère des Basques d’ETA, les discours tout aussi marxistes mêlés de considération secondaires pour les vêtements et les voitures de luxe ont, par exemple, dérouté plus d’un Etarra.

Canal affairiste

Et que dire du profil d’Alain Orsoni qui, longtemps éloigné de la Corse pour des raisons de sécurité, aura prospéré dans les machines à sous au Nicaragua. La guerre interne aux nationalistes entre le MPA/Canal Habituel et la Cuncolta/Canal Historique dans les années 90 aura vu l’émergence de surnoms peu flatteurs pour le mouvement d’Alain Orsoni : Mouvement Pour les Affaires ou Money Pour Alain et la suite de l’histoire n’aura été que l’illustration de cette « magagna » sur le rapport du clan Orsoni à l’argent. Mais certains de ses ennemis jurés du Canal d’en face n’étaient pas plus vertueux pour autant. On se souvient notamment des piques du duo Santoni/Rossi raillant le nationalisme corse d’obédience de gauche dont l’activité économique principale consistait à « transporter l’argent du capital » avec la création de la société de transports de fonds Bastia Securita détenue à l’époque par l’un des clans de la Cuncolta/Canal Historique. Société qui se verra retirer son agrément en 1999 par la préfecture pour diverses affaires. L’entreprise employait tout de même, à son firmament, plus d’une centaine de personnes !

Casinos ruraux

Au Pays Basque, certaines entreprises ou coopératives ouvrières florissantes sont historiquement liées au nationalisme basque, même le plus radical, mais il n’y a jamais eu de collusion aussi étroite entre l’affairisme et le nationalisme. En Catalogne, le nationalisme catalan est historiquement lié à une certaine bourgeoisie notamment barcelonaise, mais, là encore, il n’y a jamais eu de différents commerciaux réglés à coups de colt 45. Et que dire de la culture des « machines à sous », du jeu qui caractérise la Corse ? Le 10 mars dernier, une opération de police a permis de démanteler une table de jeux clandestine et une série de machines à sous (=bandits manchots) abritées dans un débit de boisson du modeste village de Vescovato (3400 habitants). Cette lucrative activité était tenue par un clan local. Imagine-t-on en Bretagne que la police débarque à Talensac (35) au Café de la Place pour démanteler un tripot clandestin tenu dans l’arrière-salle par le clan Berthelot opposé au clan Lagadec ?

Là aussi le contrôle des machines à sous aura occupé, pendant des années, diverses factions du nationalisme corse. Spécificité locale mélangeant nationalisme et économie douteuse qui ne se retrouve qu’en Irlande du Nord et ses combats de chiens clandestins ou ses parties de pokers d’arrière-pub sur fond de Républicanisme dévoyé.

Paris comme accélérateur de pourrissement

Mais que les nationalistes français ne s’esbaudissent pas trop sur le nationalo-affairisme corse ! Ce « terreau favorable » a largement été entretenu par tous les pouvoirs en place. Charles Pasqua dans les années 80 et 90 avait lui-même nourri le ver dans le fruit en prévoyant de « donner le pouvoir économique aux uns (le MPA d’Alain Orsoni) et le pouvoir politique aux autres (La Cuncolta du duo Santoni/Pieri avant que ceux-ci entrent en conflit) ». D’où l’arrivée progressive de nationalistes à la tête de chambre de commerces ou d’organismes économiques. Sans compter le poids de la Franc-Maçonnerie, très présente et influente dans l’île, qui aura su mélanger discussions sur les marchés immobiliers et accords sur les statuts particuliers (notamment quand les socialistes étaient au pouvoir à Paris dit-on).

Nationalisme breton aux antipodes

Le tout dans une économie insulaire fort modeste. En Bretagne, autour de l’Institut de Locarn ou de « Produit en Bretagne », il y a des nationalistes affirmés et un certain « environnement nationaliste » qui est présent. Et ce monde économique breton, notamment agroalimentaire, brasse des millions et se situe, pour certaines entreprises, parmi les leaders mondiaux. Mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’y a pas cette culture de l’affairisme et des partenaires douteux. Le monde de l’agroalimentaire breton est loin d’être vertueux, Inès Léraud, malgré son positionnement gauchiste, a mis le doigt là où ça faisait mal en matière d’environnement par exemple, mais rien à voir avec les dérives corses. Et les nationalistes bretons qui y sont présents sont plutôt plus animés par une volonté patriotique sincère et désintéressée qu’une envie de faire de l’argent personnel sur fond de Breizhisme. Cette affirmation pourra paraître naïve au lecteur, mais c’est l’exacte vérité. Le nationalisme breton est sincère, tripal, désintéressé et naïf. C’est sa force et c’est aussi sa faiblesse. Car politiquement la naïveté de l’Emsav confine désormais à la niaiserie. La niaiserie gauchiste.

Palatinu en rupture

L’assassinat de Guy Orsoni est-il le dernier acte d’une vieille rancune ou d’une vieille affaire non-réglée ou s’inscrit-elle dans la progression actuelle de la mafia sur l’île, l’enquête le dira. Mais, en attendant, elle corrobore, en creux, le discours de Palatinu qui demande à solder les années 90, autant au niveau idéologique qu’au niveau des pratiques, et qui demande également la mise à la retraite de certains anciens dinosaures du Nationalisme, symbole trop voyant de ces années de dérive. Palatinu entend promouvoir un néo-nationalisme, débarrassé des vieux mythes tiers-mondistes et de l’affairisme entretenu à coups d’exécutions « préventives » , et plus centré sur l’identité et les valeurs traditionnelles corses. A suivre…

Et cette demande de « rupture » n’est pas nouvelle sur l’île. A leur manière c’est également ce que demandaient les membres du « commando Erignac » qui avaient été écoeurés par les dérives et les guerres fratricides sur fond de rivalités amoureuses ou financières, et entendaient revenir à la « pureté d’Aleria » par un « acte fort et refondateur » : l’assassinat du préfet. On a vu ce que cette théorie a donné en pratique. Mais l’analyse ne manquait pas de pertinence.

En Corse, il y a cette volonté, car il y a toujours eu des nationalistes purs et sincères, mais avant de trouver sa voie, l’île a quelques problèmes à régler avec l’argent, le pouvoir, les clans, la mafia, les flingues et le mythe tiers-mondiste.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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2 réponses à “Assassinat d’Alain Orsoni : les démons du nationalo-affairisme corse”

  1. Durandal dit :

    Bonjour,

    Partout dans le monde, la lutte pour l’indépendance s’accompagne de pratiques financières douteuses, tout au moins au fur et à mesure que la lutte grandit et que les besoins en argent deviennent criant quand on s’approche du pouvoir. L’afghanistan et la colombie sont plutôt la norme, au contraire de la bretagne et du pays basque. Que dire du vietnam ou de l’algérie, financés eux par des organisations étrangères pour se « libérer ». allez voir au moyen-orient comment nos démocrates de l’état islamique se sont financés et ont pris le pouvoir en syrie… La pureté du combat, laissez moi rire. Remarquez toutefois que ça finit toujours mal.

    Cdt.

    M.D

  2. RAYMOND NEVEU dit :

    Sur l’Ouest, le Grand Ouest nous n’aurions jamais osé perturber une cérémonie religieuse et l’enterrement d’une mère! Pour nous ces instants sont sacrés.

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