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Depuis 1432, dans les régions d’Anjou, du Poitou et de Bretagne, des enfants disparaissent mystérieusement. L’évêque de Nantes, Jean de Malestroit, demande au pape de lui faire parvenir un enquêteur. C’est ainsi qu’arrive en 1440 Gwen de L’Hôpital, chevalier courageux à la forte personnalité. Son surnom reste le Dogue de Lusignan, depuis ses actions à Chypre menées contre les infidèles. Le chevalier vient en aide au seigneur Gilles de Rais qui tombe dans un guet-apens après un mystère, pièce de théâtre religieuse qu’il a fait donner dans la cathédrale de Nantes. Le chevalier entre ainsi au service de Gilles de Rais, baron de Retz, ancien compagnon d’armes de Jeanne d’Arc et Maréchal de France. Celui-ci vit dans le château de Tiffauges, aux côtés d’une mystérieuse femme dont le visage est caché par un voile. Le chevalier Gwen se demande si Gilles de Rais est l’auteur des meurtres qui terrorisent la région…

Pour ce quinzième tome de la série L’Homme de l’année, Jean-Pierre Pécau nous transporte en 1440, peu de temps avant le procès de Gilles de Rais, souvent associé au personnage de « Barbe Bleue » du conte de Charles Perrault. Il considère que Gilles de Rais est exécuté moins pour ses crimes supposés d’enfants que pour l’appropriation de ses terres. On découvre ainsi les enjeux de pouvoir entre les nobles. Son récit est bien mené et structuré. Pour les besoins du scénario, il imagine qu’un chevalier piège l’ancien compagnon de Jeanne d’Arc afin de l’amener jusqu’au bûcher. Mais Gwen est lui-même manipulé.

Par un dessin réaliste, précis et dynamique, Lajos Farkas crée une atmosphère sombre autour du baron. Il bénéficie de la belle colorisation de Jean-Paul Fernandez, qui offre de remarquables ambiances nocturnes.

On regrette seulement, comme trop souvent dans le domaine de la bande dessinée, une recherche insuffisante sur l’architecture au moment exact où se situe l’action. Ainsi, le dessinateur reproduit la façade de la cathédrale de Nantes dans son état actuel. Or la première pierre est solennellement posée par le duc Jean V le 14 avril 1434. La façade n’est achevée qu’à la fin du XVe siècle et les tours ne sont édifiées qu’en 1508. De même, lors du procès de Gilles de Rais en 1440, l’actuel château de Nantes n’était pas encore édifié. Il s’agissait alors du Château de la Tour Neuve dont l’aspect était très différent. Mais la reconstitution des châteaux de Tiffauges et de Machecoul est plutôt réussie.
Kristol Séhec
L’Homme de l’année, tome 15, 1440 L’homme qui arrêta Barbe Bleue. Delcourt, 62 pages, 15,50 euros.
Illustrations : DR
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