Johanna Rolland, l’inénarrable maire de Nantes a tout fait pour. Elle est arrivée à ses fins. Moins d’un an après l’évacuation du square Jean-Baptiste Daviais, le 23 juillet 2018, aux frais de la Ville pour plus de 4 millions d’euros, des migrants se sont réinstallés ce 3 juillet au même endroit.

Des membres de l’extrême-gauche nantaise se sont rassemblés devant la préfecture de Loire-Atlantique ce midi. Ils ont déployé des banderoles rappelant la disparition de Steve le 22 juin dernier quai Wilson lors d’un incident à l’issue de la Fête de la musique – une affaire non résolue qu’ils ont récupérée pour alimenter leur critique constante de la police. Encadrés par des militants d’extrême gauche, des migrants ont ensuite investi le square Daviais. Il s’agit d’hommes squattant depuis des mois le gymnase Beauséjour à Saint-Herblain.

Ils y ont déployé des banderoles « Tous coupables », « L’autre voyage à Nantes », etc. Cette occupation serait reliée au premier anniversaire du collectif L’Autre Cantine – qui cuisine des repas chauds pour les migrants dans un ancien café proche de la gare de Nantes, promis à la démolition et squatté depuis un an. La mairie et l’aménageur laissent faire.

Un forcing pour obtenir des logements

Vers 20h00 près d’une cinquantaine de tentes et 250 personnes étaient sur place ‑ dont 150 migrants et le reste de militants d’extrême gauche et pro-migrants. Une dizaine de véhicules de CRS et plusieurs de police en tenue étaient garés sur la place. Un escadron de gendarmes mobiles est aussi arrivé dans la soirée. « Une partie de ces renforts étaient envisagés car on est un an, jour pour jour, après le début des émeutes au Breil », relève un policier nantais.

Selon les migrants, ce coup de force vise à rendre visible leur squat à Beauséjour, sur Saint-Herblain, et à décrocher des solutions de relogement – aux frais des contribuables. La justice a ordonné l’évacuation du squat mais le préfet a refusé le concours de la force publique pour cette opération. Son but : ne pas alourdir plus encore le fardeau de la gestion des migrants en Loire Atlantique. Les riverains, eux, n’ont cessé de faire part de leur ras le bol face à l’insécurité au quotidien générée par le squat.

Évacués, mais pour combien de temps ?

Les CRS ont investi le square Daviais ce 3 juillet vers 21h 30. Extrême-gauche et migrants ont commencé à démonter leurs installations et tentes. Néanmoins les riverains ne sont pas rassurés. « Ils vont certainement revenir, ce n’est pas fini ce bordel », soupire un commerçant. « Leurs soutiens n’ont qu’à les loger chez eux plutôt que d’embêter une ville entière », s’agace un autre riverain.

« Déjà que Commerce la nuit c’est super craignos, avec le squat de migrants ce sera pis encore », s’inquiète une voisine. « À Beauséjour ils font vivre l’enfer aux riverains, y a des trafics, des bagarres, des agressions tous les jours. Pas de raison que ça soit mieux ici ». Suite à l’évacuation du square Daviais l’an dernier, d’importants travaux avaient été nécessaires pour nettoyer, désinfecter et remettre le square en état.

Vers 23h00, l’évacuation était toujours en cours sous la surveillance des CRS.

Louis Moulin

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