Un banal tweet du directeur départemental des rédactions de Ouest-France en Loire-Atlantique en dit long sur son mépris de l’identité bretonne et sur les militants œuvrant pour la réunification.

VigiBretagne interpelle Ouest-France

Breizh-info avait déjà parlé il y a quelques mois de l’excellente association VigiBretagne. Cette dernière, créée en 2016, a pour objectif de signaler les médias, institutions, entreprises, etc. ne respectant pas l’intégrité du territoire de la Bretagne historique (à cinq départements donc) dans leurs communications diverses.

N’hésitant pas à interpeller sur les réseaux sociaux les entités et individus pris en flagrant délit de manquements à l’histoire bretonne, VigiBretagne a publié un tweet plutôt anodin le 24 juillet dernier. Celui-ci concernait l’absence d’une carte de la Bretagne historique recensant les différents manifestations culturelles estivales dans les éditions de Loire-Atlantique du quotidien Ouest-France. D’autant plus surprenant que cette même carte, appréciable pour le coup, est bien diffusée dans éditions des quatre autres départements bretons.

Arnaud Wajdzik : cachez cette Bretagne que je ne saurais voir

Si la requête n’a pas, en soi, un caractère exceptionnel, la réponse d’Arnaud Wajdzik, directeur départemental des rédactions de Ouest-France en Loire-Atlantique, laisse largement transparaître un mépris sous-jacent envers les partisans de la réunification bretonne :

« Nous parlons évidemment de la région administrative qui correspond à notre découpage et c’est notre choix. Maintenant peut-être aurait-il fallu que vous soyez plus de 50 à manifester devant l’hôtel du département au moment du débat sur la réunification ? Je dis ça, je dis rien. », écrit ainsi celui que son journal présente comme un « vrai Normand ».

« Ouest-France est un média indépendant… »

Les réactions qui succèdent au tweet d’Arnaud Wajdzik ne manquent pas de rappeler la mauvaise foi évidente du directeur départemental du journal Ouest-France.

Ouest-France
Arnaud Wajdzik. Source : Twitter

Comment railler la cinquantaine d’infatigables militants réunis un jour de semaine devant le Conseil départemental à Nantes pour un débat se tenant à l’intérieur entre conseillers et déjà couru d’avance sans faire mention de la pétition en question ayant obtenu plus de 105 000 signatures. Laquelle demandait la mise en place d’une consultation ou d’un référendum en Loire-Atlantique sur le sujet de la réunification.

Arnaud Wajdzik aurait pu aussi relever que ces 105 000 personnes ayant accordé leur signature représentaient les plus de 10 % du corps électoral départemental nécessaire. Il n’en fut rien ! Comme il aurait également pu se remémorer les manifestations massives à répétition dans les rues de la Cité des Ducs pour demander, encore et toujours, le retour de Nantes dans son giron breton plus que millénaire.

Nantes. Incontestable succès pour la manifestation en faveur de la réunification

Tout comme les sondages successifs montrant une large adhésion de la population à cette idée de réunification, tant en Pays nantais que dans les autres départements bretons.

Mais le patron des rédactions du 44 a visiblement préféré invoquer « l’indépendance » de son journal pour prendre la tangente dans le débat et justifier les choix de ses rédactions :

« Et ça tombe bien, puisque nous avons publié plus d’une vingtaine d’articles sur le sujet…! Maintenant, Ouest-France est un média indépendant, qui reste maître de ses propres choix. Notre mission est d’informer, pas de servir une cause. Merci de respecter cela. »

Arnaud Wajdzik : « hargne contre toute revendication démocratique bretonne »

Mais, à lire les diverses réponses sur Twitter, la « mission d’information » non partisane chère à Arnaud Wajdzik ne semble pas convaincre tout le monde. Florilège :

Même Alan Coraud, ancien maire de la Remaudière et figure du militantisme breton dans le Vignoble nantais, est monté au créneau :

Enfin, si Ouest-France « reste maître de ses propres choix » selon son directeur départemental, il l’est de moins en moins concernant ses ventes. Lesquelles sont en chute libre.

Youenn Kereon

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