Avec 70 520 emplois directs, l’économie maritime représente 5 % des emplois bretons dans la région administrative, un poids équivalent à celui du secteur de la construction. C’est l’un des enseignements majeurs de la troisième édition de l’Observatoire de l’économie maritime en Bretagne, publiée en décembre par les réseaux bretons des Chambres de commerce et d’industrie de Bretagne, les agences d’urbanisme et de développement, avec le soutien de la Région Bretagne.
« Avec plus de 70 000 emplois directs, l’économie maritime est un pilier stratégique du modèle économique breton », déclare Daniel Cueff, vice-président Mer et littoral de la Région Bretagne, commanditaire de cette troisième édition de l’Observatoire. En y ajoutant les 38 300 emplois liés au tourisme littoral, le volume global atteint près de 110 000 emplois, confirmant le rôle structurant de la mer dans l’économie régionale.
Construction navale et défense en moteur, la pêche en recul
L’économie maritime bretonne repose historiquement sur quatre grands domaines : la défense liée à la mer, notamment la Marine nationale (29 % des emplois), les produits de la mer alimentaires (23 %), la construction et réparation navale (20 %) et le nautisme (11 %). Ces secteurs concentrent à eux seuls 83 % des emplois maritimes régionaux, alors que la Bretagne ne représente que 5 % de l’emploi total en France.
Entre 2019 et 2024, la filière a enregistré 1 703 emplois supplémentaires, soit une progression de +2,5 %. Cette croissance masque toutefois de fortes disparités. Le secteur des produits de la mer subit un net recul, avec 1 828 emplois perdus en cinq ans, tandis que la construction-réparation navale affiche une dynamique soutenue, avec 2 210 emplois créés, devenant le principal moteur de l’emploi maritime breton.
Une Bretagne maritime privée de la Loire-Atlantique
La géographie de l’emploi maritime reste très concentrée. Cinq territoires (Brest, Lorient, Cornouaille, Saint-Malo et Morlaix) regroupent 86 % des emplois, Brest à elle seule en concentrant près de 30 000. Rennes, le Centre-Ouest Bretagne et Pontivy bénéficient également de retombées notables.
Ces chiffres présentent cependant une limite majeure : ils excluent la Loire-Atlantique, pourtant centrale dans l’économie maritime bretonne historique. Selon une étude de l’Insee publiée en novembre 2023, le port de Saint-Nazaire est le premier port de la façade atlantique, avec 30 millions de tonnes de trafic annuel et 28 500 emplois, tandis que La Turballe constitue la 10ᵉ criée française en valeur.
Cette exclusion administrative fausse la lecture globale : sans la Loire-Atlantique, l’économie maritime bretonne est mesurée de manière incomplète, au détriment d’une vision cohérente de la puissance maritime de l’Ouest.
Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/Pline) (photo d’illustration)
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