Elvis Presley : l’héritage Sudiste en chansons

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Il était « Le King », il a interprété nombre de chansons devenues cultes, les femmes en étaient amoureuses et les hommes voulaient lui ressembler, son déhanché n’a toujours pas d’équivalent, mais Elvis Presley, mort il y a 42 ans, le 16 août 1977, était aussi l’un des portes paroles des états du Sud et de leur culture.

Elvis, born in Mississipi

Y a-t-il plus américain qu’Elvis Presley ? Dans ses accomplissements comme dans ses excès, le chanteur a laissé une trace indélébile dans la culture des Etats-Unis, à tel point qu’Il sera bientôt l’objet d’un film et que des « shows » en son honneur sont toujours joués à Las Vegas.

Mais Elvis est avant tout un homme du Sud, c’est en effet dans l’état du Mississipi qu’il est né en 1935 et à Memphis, dans le Tennessee, qu’il écrira sa légende.
La tournée du jeune homme en 1955 à travers la région, jusqu’au Texas, l’a même véritablement lancé dans le grand bain à une époque où la ségrégation existait encore.
Accusé de racisme de son vivant et après sa mort, Elvis n’était en fait qu’un homme de son temps qui, en plus, ne reniait pas les inspirations diverses –y compris Noires- de sa musique. Cela lui valut non pas du respect pour son honnêteté mais d’être le premier Blanc à se faire pointer du doigt pour « appropriation culturelle ».

Elvis s’inspire de tout ce qu’il aime mais embrasse son héritage sudiste.

Parmi cet héritage, l’on trouve toute une culture, un drapeau, mais aussi des chansons.

De Memphis à Dixie

Dixie est une chanson écrite au XIXème siècle et qui devint l’hymne des soldats confédérés lors de la guerre de Sécession, Dixie étant le surnom donné aux états du Sud.

L’une des versions les plus célèbres aujourd’hui est celle d’Elvis, intégrée dans un medley nommé An American Trilogy et reprenant trois thèmes majeurs de l’histoire américaine. En plus de Dixie l’on peut en effet entendre Battle Hymn of the Republic, l’hymne des soldats de l’Union, suivi par All My Trials, une berceuse devenue chant contestataire au 20ème siècle.
Un mélange qui peut faire faire des cauchemars aux idéologues mais dont le but est simplement d’embrasser toutes les facettes de l’histoire du pays.

Dixie fait son retour dans dans Dixieland Rock, qu’il a chantée pour le film King Creole, l’un des nombreux longs métrages dans lequel il a joué entre la fin des années 50 et durant toutes les années 60.

Elvis a vécu et est mort à Memphis, dans le Tennessee. Il a chanté les louanges de cette terre à travers deux titres, sobrement intitulés Memphis Tennessee et Tennessee Waltz.

Amateur de country comme tout américain qui se respecte, il ne pouvait passer à côté de morceaux comme The Yellow rose of Texas et The Eyes of Texas, qu’on peut entendre dans L’Amour en quatrième vitesse, un autre de ses films.

Le premier est une chanson d’amour que la brigade du Texas de l’armée confédérée avait adopté comme hymne officieux. Elle racontait l’histoire d’un soldat Noir voulant retrouver la femme de son cœur, une femme métisse. Dans sa version plus récente, la « fille mulâtre » (« the yellow girl ») fut remplacée par « la rose ».

Le second est l’hymne de l’université du Texas et fait référence à ce que Robert.E.Lee (général Confédéré) disait aux étudiants de son université en Virginie pour les placer devant leurs responsabilités : « The eyes of the South are upon you », « Les yeux du Sud sont tournés vers vous ». Le colonel Prather, un président de l’établissement texan de la fin du XIXème siècle, avait donc adapté la formule.

Polémique…en Nouvelle-Zélande

En 2016, une vague d’indignation de la gauche américaine et d’une partie des afro-américains attaquait l’héritage et les symboles sudistes, comme les drapeaux ou les statues à l’effigie du général Lee. En 2018, une polémique a même éclaté à Auckland, en Nouvelle-Zélande, lorsqu’un homme afficha un drapeau Sudiste lors d’un concert en hommage à Elvis. L’accusé ne se démonta pas, expliquant que le chanteur en étant originaire.

Il avait bien raison !

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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