Changement climatique : que dit le rapport du Giec ?

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Le Giec vient de publier un rapport spécial au sujet des conséquences du réchauffement climatique sur les océans et la cryosphère. Que retenir de ce document aux sombres perspectives pour les générations futures ?

Rapport du Giec : alarmant !

Il était attendu. Le rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a été dévoilé mercredi 25 septembre en fin de matinée. Un document de 900 pages qui constitue l’ultime volet d’une série de quatre rapports spéciaux commandés au GIEC par l’ONU sur les conséquences du réchauffement climatique sur les océans et la cryosphère (l’ensemble des glaces présentes sur la planète. Les enseignements qui en découlent sont multiples.

Tout d’abord, la mer se réchauffe. Les scientifiques affirment ainsi que les océans ont absorbé un quart des gaz à effet de serre émis par l’Homme et plus de 90% de la chaleur issue du changement climatique. Dans le même temps, ces océans sont devenus plus acides et moins salés.

Par ailleurs, les vagues de chaleur marines, à l’instar de celles qui ont dévasté la Grande barrière de corail, sont devenues de plus en plus fréquentes selon le Giec. Ces récifs coralliens, dont un demi-milliard de personnes dépendent pour se nourrir et protéger les côtes, subiront des pertes importantes, voire des extinctions localement, même avec un réchauffement limité à +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

Océans : le niveau monte, la ressource baisse

Quant au niveau de la mer, celui-ci devrait augmenter (par rapport à la période 1980-2000) de 43 centimètres environ d’ici 2100 dans un monde à +2°C, mais de 84 cm dans un monde à +3°C ou + 4°C. Mais, au 22e siècle, les choses pourraient s’accélérer selon le Giec avec une élévation du niveau des mers qui serait 100 fois plus rapide. Cette hausse passerait alors de 3,6 millimètres par an actuellement à « plusieurs centimètres ensuite ». Avec la perspective d’atteindre jusqu’à plusieurs mètres au total d’ici 2300 si aucune mesure d’envergure n’est mise en place d’ici là contre les émissions de gaz.

Dans le même temps, la ressource halieutique pourrait, en suivant le pire des scénarios établis par les scientifiques, faire chuter la biomasse globale des animaux marins (jusqu’à -15 % à l’horizon 2100). Avec une conséquence sur le potentiel maximum de captures des pêcheries, qui passerait de -20,5 % à -24,1% d’ici la fin du siècle par rapport à la période 1986-2005.

À savoir également que les espèces marines, qu’il s’agisse du plancton, des poissons ou des mammifères, se sont déplacées de plusieurs centaines de kilomètres depuis les années 1950.

Rapide fonte des glaces

Autre sujet d’inquiétude, la rapide fonte des glaces. Le rapport indique que les deux calottes glaciaires de la planète, en Antarctique et au Groenland, ont perdu en moyenne 430 milliards de tonnes chaque année depuis 2006, devenant la principale source de la hausse du niveau des océans.

Guère plus rassurant, le rétrécissement des glaciers qui permettent l’approvisionnement en eau douce de plus de deux milliards de personnes à travers le monde. Le Giec estime que les glaciers de basse altitude dans les Alpes, dans le Caucase ou en Scandinavie pourraient perdre 80 % de leur volume d’ici 2100. Et certains risquent même de disparaitre totalement.

Toujours en montagne, une part importante de la couverture neigeuse est menacée par le réchauffement. Avec un impact évident sur le tourisme d’altitude et l’approvisionnement en énergie. Le Giec n’est guère plus optimiste en ce qui concerne le permafrost, cette couche de sol gelée en permanence. Laquelle est menacée par une fonte importante d’ici 2100. Une fonte qui provoquerait alors le relâchement de dizaines voire de centaines de milliards de tonnes de gaz à effet de serre.

Crédit photo : DR
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