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Samedi 5 octobre, des manifestations ont éclaté à Lordegan dans la province de Chahar Mahaal et Bakhtiari, en Iran. La population excédée, constituée majoritairement de jeunes, a manifesté contre le régime en soutien aux habitants de Chenar Mahmoudi, un village de la province, dont au moins 300 femmes et enfants ont été infectés au VIH suite à des tests de diabète réalisés dans le centre de santé du village.

Les manifestants se sont, dans un premier temps, mobilisés devant le bureau du gouverneur avant d’étendre le mouvement vers le bureau local du ministère de la Santé. Selon les rapports du CNRI, ils ont mis le feu au bureau du gouverneur de la province, au bureau du représentant d’Ali Khamenei, Guide Suprême du régime, et à de nombreux autres centres appartenant au régime.

Il convient de rappeler que cette manifestation est un geste de solidarité aux habitants du village de Chenar Mahmoudi qui ont organisé des protestations les 1er et 2 octobre pour dénoncer l’acte criminel commis par les agents de santé publique du centre de santé du village, qui se seraient servis de seringues non désinfectées pour faire des tests de diabète ; infectant ainsi au VIH plus de 300 femmes et enfants.

Riposte sanglante des forces répressives

Alors que les manifestants excédés scandaient des slogans comme « À bas le dictateur ! », « Ne craignez rien, nous sommes tous ensembles » ou encore « Fonctionnaire incompétent, démission, démission ! », les forces de répression les ont attaqués. Elles ont tiré non seulement au gaz lacrymogène, mais également à balles réelles sur des manifestants non armés dans le but de les disperser. Ceux-ci ont riposté en lançant des pierres contre leurs assaillants.

Ce n’est pas la première fois que les dirigeants du régime théocratique utilisent la force et la violence pour répondre aux demandes du peuple iranien dont les intérêts sont totalement foulés du pied.

Si la raison est la chose la mieux partagée pour Descartes, dans l’univers médiéval des mollahs, les choses les mieux partagées sont les arrestations arbitraires de dissidents sous le prétexte fallacieux de « Moharebeh » (guerre contre Dieu), la torture, les exécutions ainsi que les violations des droits des femmes. Au cours des manifestations nationales qui ont secoué tout le pays à partir de fin décembre 2017 et qui se sont étendues en 2018, les forces répressives ont arrêté plus de 7 000 manifestants et tué au moins 14 parmi eux sous la torture. Iran HRM a déclaré à ce sujet : « L’incroyable ampleur des exécutions et des tortures brutales dans les prisons et l’arrestation de plus de 7 000 personnes au cours des soulèvements de 2017-2018 témoignent de la persistance des violations des droits de l’homme qui n’ont toujours pas été réprimées. »

Lors des manifestations post-électorales de 2009 qui ont ébranlé le pays, la réaction du régime a été identique. Les manifestants ont subi l’assaut des Gardiens de la révolution (pasdaran) et d’autres forces du régime ont procédé à de nombreuses arrestations et tué plus de cent manifestants.

C’est sans compter les massacres de l’été 1988 au cours duquel 30 000 dignes fils de l’Iran, pour la plupart membres du véritable groupe d’opposition au régime, l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), ont perdu la vie sur la base d’une fatwa émise par l’Ayatollah Khomeiny, alors Guide Suprême du régime.

En somme, le régime théocratique essaie depuis 40 ans de se maintenir au pouvoir grâce à la répression et à la violence contre son propre peuple, en plus de l’exportation du bellicisme et du financement des groupes terroristes tels le Hezbollah libanais et les rebelles houtites au Yémen. Ce sont quarante années de violation des droits de l’homme, de détournement et de corruption au mépris d’un peuple dont la majorité vit en dessous du seuil de pauvreté.

Il est temps que la communauté internationale mette un terme à autant d’années de crimes restés impunis et mette les mollahs enturbannés face à leurs responsabilités.

Hamid Enayat

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