squat

« C’est de la poudre aux yeux », résume un riverain. « Le préfet se fout de nous », tranche un autre. Quelques jours après qu’un tchadien de 32 ans ait été découvert mort au gymnase de l’ex-lycée Jeanne Bernard, près de Beauséjour, sur Saint-Herblain à 100 m des limites communales de Nantes, la préfecture de Loire-Atlantique s’est enfin décidée à faire quelque chose. Mais l’évacuation de migrants vers Rouen, Oissel et Paris prévue cet après-midi a été remise sine die.

92 personnes en situation régulière seulement sur 603 migrants

Il apparaît que la Préfecture souhaitait procéder comme pour l’ex-squat de la maison de retraite Bréa, dans le quartier Graslin (500 squatteurs pour 130 places théoriques) : transmettre les lieux à une association – en l’occurrence France Horizon – recenser et trier les 800 et quelques squatteurs selon leurs situations familiales et administratives, puis en évacuer une partie, et enfin le reste quelques mois ensuite.

A ces considérations théoriques se sont mêlées des considérations pratiques, voire politiques. D’une, la ville de Nantes n’a aucune envie de remettre la main à la poche : l’hébergement des migrants du square Daviais lui a coûté 10 millions d’euros, à sa charge seule – malgré les nombreuses injonctions de la maire de Nantes, très logiquement, l’Etat n’a pas payé.

Néanmoins la Ville a proposé 100 places pour accueillir les migrants du gymnase : très logiquement, elles sont situées caserne Mellinet, dans un quartier Saint-Donatien déjà acquis à l’opposition, où il y a déjà beaucoup de migrants et sur le seul site nantais où il y a déjà de la place. Le transfert serait prévu la semaine prochaine.

De plus, en prévision de municipales qui s’annoncent difficiles, « Johanna Rolland n’a aucune envie de voir ce gymnase – qui a l’avantage d’être sur Saint-Herblain, donc hors de Nantes, et de déranger des gens qui ne votent pas à Nantes – vidé et les migrants réoccuper un bâtiment ou une place dans Nantes », relève un proche du dossier.

Ce matin, après le bouclage du secteur à 6 heures, la police a donc procédé au chargement de 41 migrants dont 11 enfants ont été chargés dans un car pour être emmenés dans des lieux d’hébergement, notamment à Vallet selon l’un des migrants concernés. « Les familles seront relogées dans des villages, pour le reste on met la poussière sous le tapis », relève un autre proche du dossier. Ensuite, les migrants ont été recensés, des badges distribués – « ils sont hélas assez facile à copier », note encore un proche du dossier, et de menus travaux d’amélioration du gymnase effectués dans l’après-midi.

En effet, le comptage de la Préfecture révèle 92 personnes en situation régulière seulement sur 603 migrants recensés sur les lieux – 541 sont en situation irrégulière. Dix-sept personnes ont été arrêtées par la police aux frontières et emmenées au commissariat central pour vérification de leur situation administrative.

« le bal des faux-culs »

Ce qui n’émeut pas plus que ça le préfet, alors que la justice de Nantes sait être dure avec ceux qui n’ont pas de lobby pour les protéger : ainsi un archéologue amateur qui dépolluait les champs vient d’être condamné à 329 € d’amende (et 750 avec sursis) pour avoir découvert une fibule carolingienne, qu’il était pourtant venu lui-même signaler à la DRAC ! Quand l’honnêteté condamne…

La préfecture a aussi annoncé que le site sera nettoyé, des repas chauds servis et des sanitaires et des douches en nombre suffisant – une douzaine de chaque – mis en place ; l’accès sera fait par badges pour empêcher d’autres migrants de venir. Cependant, d’après des pro-migrants, des migrants hébergés occasionnellement dans le squat auraient été empêchés de revenir dans le gymnase et seraient donc à nouveau dans la rue – ce qui va les pousser logiquement à aller squatter ailleurs.

« Autrement dit, ils vont pérenniser le squat », confirme un riverain. « Nous sommes le quartier sacrifié, ils veulent créer un abcès de fixation, mais pas dans Nantes-centre », poursuit-il. Un autre voisin, retraité, constate « les allées et venues des migrants qui volent des Caddies à Auchan ou ailleurs et vont et viennent avec des palettes, des canapés etc. pour bâtir des cabanes devant le gymnase ».

Un de ses voisins s’épanche : « c’est le bal des faux-culs. Les pro-migrants qui ont ouvert le squat et veulent héberger des migrants partout, sauf à leurs frais chez eux, le préfet qui refuse d’appliquer la décision de justice et d’expulser, Johanna Rolland qui veut bien des migrants, mais pas à Nantes avant sa réélection, notre maire à nous qui parle beaucoup et ne fait rien, y en a pas un pour rattraper l’autre ».

Un autre voisin constate, désabusé, que « le préfet ne vit pas ici, donc il en a rien à faire. Et puis les assos qui les ont installés ici ont accès à certains journalistes, qui font de la propagande pour eux du matin jusqu’au soir dans leurs médias. Eux non plus ne vivent pas ici ». Un dernier riverain explique que quant à lui, il a « changé d’avis par rapport au squat. Au début j’ai donné des vêtements à une association proche de la paroisse qui collectait pour eux. Mais quand je suis passé près des poubelles du gymnase, je les ai vus dedans. Ils ne lavent pas leurs vêtements, ils les jettent et attendent qu’on leur en donne d’autres ».

« Il ne faut pas se leurrer. Ils ne sont pas là pour travailler ou pour s’intégrer. On leur a dit qu’ici on leur donnait tout, et qu’il fallait qu’ils se débrouillent pour le logement. Quand on voit les SDF français auxquels rien n’est donné et eux on leur donne tout, y a comme un malaise. Et puis on ne récupère pas les meilleurs : ils sont déjà à la traîne dans leur pays, et ils viennent ici chercher l’eldorado. Y en a qui sont dangereux » .

Louis Moulin

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