Bertie Ahern, ancien premier ministre d’Irlande : « Un référendum sur la réunification est inévitable »

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L’ancien Premier ministre de la République d’Irlande Bertie Ahern (1997-2008) a déclaré qu’un vote à la frontière d’ici la fin de la décennie était « inévitable » tout en expliquant que selon lui, si le vote devait avoir lieu aujourd’hui « il échouerait ».

L’ancien leader du Fianna Fail, parti de centre droit, a fait ses commentaires sur la radio LBC samedi matin, lorsqu’on lui a demandé si l’unification de l’Irlande se ferait de son vivant. M. Ahern a déclaré que la question d’un scrutin frontalier « ne cesse de s’amplifier » et qu’elle a été mise « sur le devant de la scène » à la suite du référendum sur le Brexit en juin 2016.

« Si le travail est fait, si le travail préparatoire est fait, si nous pouvons tendre la main de l’amitié aux unionistes et aux loyalistes … Je pense que cela pourra se faire avant la fin de cette décennie, plutôt vers la fin. En Irlande du Nord, nous sommes désormais à 50/50 concernant les personnes favorables à la réunification »

Pour Bertie Ahern toutefois, deux actions doivent d’abord se produire, au préalable : La première est de permettre au nouvel exécutif de Stormont de s’installer pour un certain nombre d’années (c’est à dire sans nouvelle crise politique majeure comme l’Irlande du Nord vient de vivre) et la seconde est de préparer la manière dont une Irlande unie fonctionnerait en termes de police et de système judiciaire.

M. Ahern, l’un des principaux architectes de l’accord du Vendredi Saint de 1998, a déclaré « Les institutions d’Irlande du Nord, qui viennent d’être rétablies, doivent fonctionner pendant une période durable pour montrer qu’elles peuvent travailler ensemble au-delà des partis et des diverses divisions religieuses et qu’elles peuvent fonctionner ensemble ».

Le résultat d’un référendum sera ensuite la conséquence de ce travail, qualitatif, proposé à la population d’Irlande du Nord.

Si un sondage était réalisé aujourd’hui, M. Ahern pense que la réunification de l’Irlande ne serait pas adoptée, pour des raisons financières et parce que « les gens ne sont pas encore prêts, n’envisagent pas encore l’admission des unionistes ou des loyalistes dans une Irlande unie. Tant qu’une zone de confort n’aura pas été établie où les gens verront que tout le monde peut travailler ensemble, cela ne sera pas possible »

Il ne se passe désormais plus une journée, surtout depuis les résultats surprenants du Sinn Féin à l’occasion des élections législatives, sans que la question de la réunification de l’Irlande soit évoquée.

A ce sujet, et balayant manifestement l’idée d’un gouvernement avec le Sinn Féin pourtant gagnant de ces élections, l’ancien Premier ministre a déclaré que le nouveau gouvernement devrait « refléter les aspirations de la population irlandaise » et a prédit qu’un nouveau gouvernement ne serait pas formé avant la fin du mois de mars. Il a déclaré que le travail sur la création d’une coalition « stable et durable » n’avait pas encore commencé. Ahern a déclaré que si le Fianna Fáil et le Fine Gael formaient une coalition, celle-ci devrait impliquer les Verts et les sociaux-démocrates et « une sorte d’accord » avec les indépendants.

 

Illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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