La Turballe (44). Didier Cadro : « Il faut soutenir la culture bretonne, et pourquoi pas signer la charte Ya d’ar Brezhoneg »

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Le héraut d’En Marche Alain Dubois n’ayant finalement pas réussi à compléter sa liste après une vague de désistements deux semaines avant l’échéance du 27 février, la campagne à La Turballe aura des airs de « vieux monde », avec un très classique il y a six ans encore duel droite-gauche. Nous avons interviewé le candidat de la gauche, bien qu’il s’en défende, Didier Cadro.

Breizh Info : Didier Cadro, êtes-vous le candidat de gauche ?

Didier Cadro : Pas du tout ! Je suis apolitique, on est de tous horizons, même si j’étais un proche de l’ancien maire René Leroux [PS, de 1989 à 2014, décédé en 2018].

Breizh Info : Pouvez-vous vous présenter ?

Didier Cadro : J’avais une entreprise de menuiserie pendant 30 ans, que j’ai vendue l’an dernier [elle continue à porter son nom].

Breizh Info : Quel bilan dressez-vous de la municipalité Branchereau ?

Didier Cadro : Il n’a pas assez communiqué avec la population, notamment sur la vente du camping. Il a d’ailleurs vendu pas mal de biens.

Breizh Info : Que pouvez-vous dire sur le sujet du camping ?

Didier Cadro : Il y a encore un recours pendant. C’est une somme de 4,7 millions d’euros qui est bloquée, il ne faut surtout pas dépenser cet argent tant que le recours n’est pas purgé. Je pense qu’on aurait pu garder le camping en gérance, il tournait bien.

Breizh Info : Jean-Pierre Branchereau, qui ne se représente pas après un mandat chaotique, explique notamment que le nombre de recours en justice l’a usé. Qu’en pensez-vous ?

Didier Cadro : Il n’y a pas eu de communication. Quand la mairie a un projet, il faut communiquer dessus. Comme ils n’ont pas fait de concertation quand ils ont abattu des arbres ou vendu le camping, ils ont eu des recours. Résultat, rien n’a avancé pendant ce mandat.

Breizh Info : Avez-vous des pistes pour l’avenir du centre de Pen Bron ?

Didier Cadro : C’est un sujet à surveiller de près. La commune ne peut pas le racheter, mais on a un PLU qui limite Pen Bron au médical, social et aux métiers tournés vers la mer.

Breizh Info : Quel est votre avis sur le projet de grande salle polyvalente lancé par l’actuel maire ?

Didier Cadro : Je suis contre. On n’a pas besoin d’une aussi grosse salle, avec un budget de 4 à 5 millions d’euros, mais d’une salle plus petite. Et encore une fois, il n’y a pas eu de concertation. Je rappelle aussi que la chambre régionale des comptes a bien stipulé qu’il ne fallait pas investir là-dedans.

Breizh Info : Et le sujet de la déviation ?

Didier Cadro : Le département gère ça depuis plus de quarante ans. Nous, on va avoir des demandes en bâtiments quand les éoliennes [off-shore] vont arriver, donc on veut un parc d’activités près de la déviation, mais on ne sait toujours pas si et quand le département va faire les travaux, c’est compliqué… Je suis pour cette déviation, il faut qu’elle se fasse.

Breizh Info : Que proposez-vous pour les pêcheurs ?

Didier Cadro : On a fait une réunion publique avec les pêcheurs. Il y a le problème du recrutement, il faut aussi trouver des logements pour les jeunes pêcheurs – c’est le même enjeu pour les saisonniers. Cap Atlantic a mandaté une société pour une étude rendue fin septembre 2020 pour évaluer le nombre de saisonniers à loger. La Turballe est un port de pêche et doit le rester.

Breizh Info : Allez-vous continuer la politique culturelle bretonne de l’actuelle municipalité ?

Didier Cadro : Il faut soutenir la culture bretonne, et pourquoi pas signer la charte Ya d’ar Brezhoneg, au moins le niveau 1. Mais on ne mettra pas de plaques en breton dans les rues. Cependant, mettre le drapeau breton à la mairie, pourquoi pas, on a une culture bretonne vivante, des bagadoù…

Breizh Info : Et la réunification ?

Didier Cadro : Je ne suis pas forcément pour, c’est très complexe au niveau des régions.

Breizh Info : Durant l’été 2015, la municipalité de La Turballe défrayait la chronique en faisant la chasse aux nudistes de Pen Bron qui s’y regroupent depuis des années, tandis que la circulation était empêchée dans le centre-ville deux jours par semaine, encore sans concertation, et que le nouveau maire semblait avoir un mal fou à respecter ses obligations liées au code des collectivités territoriales. Si vous êtes élu, laisserez-vous les nudistes bronzer et se baigner en paix ?

Didier Cadro : J’ai rencontré toutes les associations, y compris celle des naturistes. Il y a des choses à mettre en place, à leur demande, comme des panneaux, mais ils ont leur place sur la plage comme tout un chacun.

Breizh Info : Que voulez-vous faire pour l’urbanisme, maintenant que le marché a été rénové – et que c’est salué par tous comme un des rares succès du mandat ?

Didier Cadro : C’est un bon projet mené par cette municipalité. Nous on veut rajouter de la verdure et de l’éclairage la nuit. La place est mal éclairée, il faut mettre de la lumière mais pas trop. Un de mes colistiers a travaillé sur l’éclairage public pendant trente ans, on peut mettre aux normes les candélabres et faire jusqu’à 30 % d’économies.

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : DR
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