Nantes. « Les petits comme nous, on va crever » : la manifestation des restaurateurs et cafetiers fait le plein

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Cortèges sur le périphérique vers le MIN et la préfecture le matin, rassemblement devant les Nefs entre 10 et 11 h puis cortège en direction de la Préfecture, la manifestation des cafetiers, restaurateurs, salariés, fournisseurs et producteurs a fait le plein ce matin à Nantes, avec bien plus de 1000 manifestants.

« Les petits comme nous, on va crever »

Julien exerce dans le Vignoble : « Je suis restaurateur depuis 26 ans, le second confinement est très dur à vivre pour nous. On a perdu un gros chiffre d’affaire au premier confinement, puis on a rouvert avec un protocole qui nous imposait de perdre la moitié de ce qu’on gagne en temps normal, et alors qu’on a tout respecté on nous referme. Certes, on fait de la vente à emporter, mais c’est 10 à 20% du chiffre, ça ne suffit pas. Et l’État nous donne royalement 1500 € alors que rien qu’en charges fixes, je dois en sortir 15.000 € tous les mois. Les petits comme nous, on va crever, alors que McDo et la grande distribution se gavent. Tout ce que l’Etat nous propose, c’est de nous endetter pour payer les charges, j’ai déjà pris 40.000 € de PGE [prêt garanti par l’Etat], je vais en reprendre 20.000 mais s’il y a un 3e confinement, je vais crever ».

Yvan et Tony Labaut ont ouvert le Beer Brother’s, dans la zone d’activités de Guérande le 9 décembre dernier : « On veut rouvrir et travailler. Des aides ? On a rien vu venir, 1500 euros sur trois mois pour le 1er confinement, bref, très insuffisant. On n’a pas demandé à être fermés, et tous ceux qui viennent d’ouvrir ou qui ont leur trésorerie à plat, ça va être dramatique pour eux. D’ailleurs aucune affaire ne peut tenir si elle est fermée six mois ».

Des salariés d’entreprises qui fournissent la restauration sont présents, comme ceux de Guichet ou de Passion Froid (Pomona). Lionel explique : « nous sommes fournisseurs, nous sommes de tout cœur avec eux et on espère qu’ils pourront rouvrir vite. Ils ont joué le jeu et ont respecté tous les protocoles sanitaires, et on les referme ». Pour Passion Froid, la fermeture des restaurants est dramatique : « en ce moment, on ne livre que les établissements scolaires et les restaurants d’entreprise, eux-mêmes au ralenti à cause du télétravail, on fait la moitié de notre chiffre habituel, ça ne peut plus durer ».

La sono se met en marche, au micro Catherine Quérard, présidente du GNI Grand Ouest. « Laissez nous travailler ! Nous ne sommes pas des privilégiés, et on n’a pas été traités avec égalité sur la filière […] Nous voulons aussi remercier nos salariés et nos fournisseurs, nous sommes une grande famille ! », Poursuit-elle sous les ovations. Frédéric de Boulois, président de l’UMIH 44, poursuit : « aujourd’hui nous sommes menacés, tous, prisonniers de décisions politiques qui ne nous appartiennent pas et pourtant nous sommes tous essentiels ».

Nous le retrouvons près de l’estrade : « Il y a deux solutions. Soit on est dans un vrai risque sanitaire, auquel cas nous devons être indemnisés à hauteur de nos pertes d’exploitation – ce qui n’a pas été le cas. Soit on rouvre et c’est ce qu’on demande.  Le restaurant de l’Assemblée nationale  [en réalité la buvette du Sénat] est ouvert, les cols blancs et les décideurs peuvent manger avec le respect du protocole sanitaire, pendant ce temps, les ouvriers qui n’ont pas de restaurant d’entreprise sur les chantiers se réunissent à 20 dans un Algeco et s’exemptent du protocole sanitaire ». Voilà ce qui s’appelle vraiment de la « distanciation sociale » : aux riches et aux politiques les privilèges, les pauvres se débrouillent.

Catherine Quérard est plus directe : « Nous demandons à travailler. Aujourd’hui il y a beaucoup d’entreprises, nous, mais aussi nos fournisseurs, pas fermés administrativement, qui perdent 50 voire 70% du chiffre d’affaires et demandent que le gouvernement les dédommage. Pour eux, le gouvernement commence à dire qu’il pourrait verser 15 ou 20% du CA 2019, mais c’est 1 mois sur cinq de perdus.

On demande aussi que les assureurs contribuent [ils refusent mordicus, au point que le GNI lance sa propre assurance pour les restaurateurs, couvrant les pertes d’exploitation, avec Generali et Klesia], qu’on trouve des accords avec les bailleurs et surtout les partenaires sociaux pour le paiement des jours de congés liés au chômage partiel. Aujourd’hui le gérant d’une boîte de nuit fermée depuis un an doit 30 jours de congés à ses salariés, il n’en a tout simplement pas les moyens ! ».

Pour l’instant sur ce point les négociations achoppent au ministère du Travail, tandis que pour la réouverture, c’est mal emmanché aussi. « Nous on est des organisations qui négocient avec l’État, et nous essayons de le convaincre qu’il a une vision déconnectée des réalités [après la jauge des 30 fidèles dans une cathédrale, on l’avait remarqué. Le Conseil d’Etat aussi] Les entreprises sont actuellement sous perfusion, mais dès qu’il y aura les bilans 2020 dégradés et qu’il faudra rembourser les PGE, les files s’allongeront devant les tribunaux de commerce. Nous on demande à rouvrir pour ne pas mourir ».

Tandis que le cortège s’ébranle vers le centre-ville – en direction de la préfecture, après un arrêt devant le tribunal administratif, une délégation devant être reçue par le préfet cet après-midi, Catherine Quérard achève : « je ne comprends pas qu’il faille casser pour se faire respecter par l’État. Il devrait respecter plus les gens respectueux que ceux qui dégradent. Nous on a décidé de se réunir en étant responsables et dans le respect, il faut que nous soyons entendus ».

De nouvelles manifestations de restaurateurs devraient avoir lieu si le gouvernement persiste dans son refus de rouvrir cafés et restaurants avant le 20 janvier. Une mobilisation nationale est aussi ébauchée, à Paris courant décembre. « Pour nous, c’est clair. Si on n’est pas rouvert le 15 décembre, on coule, et on est beaucoup dans ce cas », balaie un restaurateur, dont l’établissement est situé dans la 2e couronne de Nantes. « Alors s’ils ne nous autorisent pas, on passera en force, on rouvrira quand même, nos clients nous soutiendront, ils nous y poussent d’ailleurs. Il s’agit de notre œuvre, de notre vie, on ne va pas laisser Macron nous mettre à poil. Ça suffit ! ».

Louis-Benoît Greffe

Crédit photos : Breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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2 Commentaires

  1. 1) Je sillonne quotidiennement le périmètre 44-49-85…
    2) Chaque jour, j’ai vu des restaurants et café de villages ouverts malgré l’interdiction…, eh oui, quand on vend du tabac, denrée « indispensable »…
    3) Pour ces établissements, j’atteste les avoir vus des salles pleines de clients.. sans distanciation sanitaire (quant masque, hein)…
    4) Ces clients, ils font leurs courses en ville… et vont voir des proches, non ?
    5) En fin d’été, le pic de morts du virus était de 1300 par jour.
    C’est à cause de ces imbéciles de clients qu’on en est là.

    Quant aux professionnels de l’HORECA, voici deux mesures qu’ils penseront des « syllogismes » (voir Wiktionnaire)…
    La ceinture de sécurité des voitures a été appliquée à cause des 15.000 morts par an sur la route vers 1976.
    Le port d’arme est interdit sans licence en France parce que les armes tuent.

    Donc, pour les HOtels-REstaurants-CAfés,
    c’est à cause de leurs clients indélicats et potentiellement contaminants qu’ils doivent rester fermés.
    Sinon, faut mettre un gendarme derrière chaque campagnard ?!

    (glav da sul, glav da lun, glav ‘pad ar sizhun)

  2. Si les HOtels-REstaurabnts-CAfés ont la bêtise de manifester,
    faut mettre les choses dans l’ordre :
    qu’ils gendarment leurs clients.
    J’en sais quelque chose, ayant naguère tenu un bar par intermittence à Grenoble dans les annés 90…

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