Varia (2)… Un film, un livre, une actualité…

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Tout d’abord, le filmVieille canaille de Gérard Jourd’hui, n’est pas un chef d’oeuvre absolu… c’est certain, mais entre les deux acteurs principaux, Michel Serraut et Ana Galiena, qui n’est plus l’épouse du « Mari de la coiffeuse », leur parcours m’a interpellé. Je me suis immédiatement identifié à ce graveur-imprimeur (Darius Caunes) qui gagne bien sa vie – avec le « petit » supplément que lui procure l’impression de rares faux billets de 500 francs (les « Pascal »). Astucieux, la « vieille canaille » se déguise en monsieur bien mis pour les dépenser le ouiken’… Au tout début du film, on comprend que la vie n’est pas toujours aimable avec sa femme (Mireille = Maaike Jansen) — aussi, un jour de pluie, l’étrangle-t-il avant d’aller prendre un verre. Rentrant chez lui, il se déculpabilise en constatant qu’un imper inconnu a été oublié sur le porte-manteau où il dépose d’ordinaire son chapeau… L’affaire est suivie par un flic très peloteur (Charlie = Pierre Richard) qui l’invite souvent à son bistrot préféré… Darius constate en jubilant que l’imper du flic est celui qui était « oublié »… Un soir, en sortant dudit bistrot, il aborde un jean-foutre qu’il a déjà observé. Il lui propose d’échanger sa DS contre la sienne plus une remise de 10 000 francs (c’était avant les zeuros). Pour remplacer sa rombière, il a embauché Rose (Ana Galiena) qu’il martyrise à tempérament. Le jour de l’échange des voitures, il est absent mais a fait un chèque de 10 000 francs. Le jean-foutre (Claude Attias = Jean-Pierre Bouvier) qu’on pressent escroc en matière d’amour comme de pèze refuse le chèque et veut du liquide. Rose se laisse convaincre et donne ce que la « vieille canaille » a mis de côté : les billets « contrefaits ». De là découle tout un tas d’événements… jusqu’à la scène finale où, sur un grand lac, s’éloigne une barque gouvernée par le rameur, Darius Caunes (la « vieille canaille »), qui entraîne Rose — je le suppose, compte tenu du contexte —  vers les grands fonds… Mais pourquoi « tout » d’abord ? « D’abord » suffi simplement…

Et maintenant, le livre… Depuis qu’un dangereux aventurier a prétendu  à l’inexistence de la notion de « terroir » — c’est une « vue de l’esprit » pour cet homme — j’attends avec grande espérance la lecture d’un ouvrage qui affirme le contraire et renvoie Australien et faux Bourguignon à la géhenne des antialcooliques en progression notoire ces temps-ci. N’est-ce pas mon cher Raphno ?… Le vin n’a rien à voir avec « l’alcool » (mais si, tel que décrit par les abstinents — un « produit » qui sert « à laver les vitres » disait-on, jadis, en Anjou, le vin,  c’est un bien de civilisation, aussi vieux que l’humanité sapiens, avec le blé dont on fait la farine, les pâtes et le pain, et l’huile d’olive… Je viens d’être comblé dans mon attente par la parution de l’ouvrage de Guy Jacquemont : Trévallon, une famille d’artistes, un vin rare. Cet écrivain est aussi l’éditeur de son livre – à disposition dans toute bonne librairie (réclamez-le ! *)… Accompagné par une bande d’amis imprimeurs, photographes et poètes, il a réussi un « objet » hors du pitoyable rendu qui, chaque année, voit le sublime être saccagé par (définition de « logorrhée » dans le Larousse) ce « trouble du langage caractérisé par un flot de paroles, incoercible et rapide, en particulier au cours de la manie. Verbosité intarissable. » C’est ainsi que sont nées des approximations ridicules relatives à la « robe », aux « parfums » et aux « saveurs » que de mon temps on se contentait d’exprimer d’un hochement de tête, d’un regard ou d’un soupir au « cul des barriques », un verre sans moyen de le poser à la main jusqu’à ce qu’il soit vide — sans cracher s’il vous plaît… ç’aurait été insulter le vigneron. Ces habitudes de « marchand de pinard » ont progressivement pris le dessus tandis que la consommation du « produit » est passée à la baisse : on « consommait » 100 litres par an, les dernières années du siècle dernier, on « consomme », aujourd’hui, 40 litres par chrétien — ayant compté néanmoins l’intervention des Chinois et Japonais, actuellement indisponibles pour cause de Covid… Il y en a qui trouvent ça bien !

Or donc, ce Trévallon… Je me souviens d’un déjeuner de travail chez Reine Samut, il y a des années-lumière, en son restaurant La Fenière de Lourmarin. Le mari de Reine, nous avait servi un vin « hors AOC » venant des bas-côtés de Saint-Rémy-de-Provence, dans les Alpilles du Bon Roi René de toute antiquité. En ce temps-là, c’était aventureux de se risquer chez les grands… Le même vin (déjà) honorait les tables de l’Oustau-de-Beaumanière. En le mâchant, j’avais été séduit par le « charnu » de ce vin rouge mystérieux et bio qui frôlait l’interdit de l’INAO parisien…

Guy Jacquemont décrit très bien comment un petit vignoble de 17 hectares s’est formé par le travail têtu d’Eloi, fils de René Dürrbach, artiste comme on l’était dans les années d’après-guerre… dessin et sculpture… amitiés avec Giono, Albert Gleizes, Picasso, Léger, Delaunay, Villon, Herbin… qui entrent dans la « famille ». Installation à Cavalaire-sur-Mer (comme il est dit sur les papiers officiels), dans une maison des années 20 « bombardée par les Anglais » lors du « débarquement de 44 »… Jacqueline, née de La Baume – la femme de René – est « licière », c’est-à-dire réalise des tapisseries dessinées par les autres. Trois enfants naîtront : Eloi, Glorvina et Baltasar (parrain, Picasso). Côté « artistes » (c’est dans le titre), on ne fait pas mieux, même si la discrétion l’emporte…

Alors, le vin ? C’est le domaine de Trévallon, sur la commune de Saint-Etienne-du-Grès… Vignes plantées dans un « calcaire qui affleure partout et façonne cette terre rude et sèche » : 60% de cabernet-sauvignon et 40% de syrah. Guy Jacquemont nous parle magnifiquement du mystère qui va d’un sol argilo-calcaire, où la plante se nourrit et prospère en fruits, au vin qui naît de ces fruits. Guy nous parle (lisez-le) en renvoyant, sans faire plus de bruit, les hordes abolitionnistes à leur potée d’eau. Eloi Dürrbach est le magicien… Et pourtant, il vient de loin. Il se destinait à l’architecture dans sa jeunesse. Ses premières vendanges datent de 1976. Il a planté sa première vigne trois ans auparavant… « Après la liberté, Eloi s’apprêtait à connaître la dureté du travail et des conditions de vie difficiles », écrit Guy Jacquemont. La bible d’Eloi, c’est Etude des vignobles de France, du bon docteur Jules Guyot, un ouvrage du XIXe siècle (écrit entre 1861 et 1867). Mais comment oublier cette appréciation d’un contemporain : « Dès le début, Eloi Dürrbach travailla en bio, faisant fi de la mode culturale des années 1970 qui privilégiait les rendements. »

On trouve pas mal de belles citations dans l’ouvrage de Guy… Par exemple, celle-ci, qui vient du beau-père d’Eloi, Bernard de Lescure, au moment des vendanges de 1978 : « J’ai un gendre qui est complètement original, je ne sais pas si ça va durer longtemps, de plus, il fait du vin bio ! »… Et cette autre qui émane du dirigeant de La Romanée-Conti, en Vosne-Romanée, Aubert de Villaine, à propos du livre : « Les photos sont magnifiques et l’histoire qu’elles racontent tout à fait exceptionelle, que ce soit celle de Trévallon et d’Eloi ou celle de ces artistes marquants que sont les Dürrbach. Il en résulte que c’est beaucoup plus qu’un beau livre comme on dit en langage d’édition, c’est un magnifique témoignage que méritait d’ailleurs cette aventure exceptionnelle. » Ainsi, tout est dit…

Et maintenant la dernière « actualité »… Une bien étrange histoire fait surface, ce début d’année, après un article de l’été 2020 dans l’excellent Parisien, complété ce dernier dimanche par le JDD. C’est une histoire, dont la moralité reprend, à bien des « points-of-vue », ce qui est dit plus haut de la « vieille canaille ». Résumons… deux « frères » (de la côte) — l’un compte « vingt ans » dans une « loge » de Puteaux — s’entendent pour faire assassiner une dame, « coach » dans la vie civile, qui gêne les affaires du plus âgé des deux « frères »… Il n’en coûtera au promoteur « que » 60 000 euros. S’il s’agit de morale, on nage dans la crème. L’avocat de la dame pointe ceci que nous reprenons : « Comment des représentants d’institutions censées incarner la raison, le progrès et la sécurité des citoyens peuvent-ils à ce point contrevenir à leur mission ? » Les petites « mains » (des seconds rôles) qui se sont chargé(e)-s ?) de cette « mission » portent des pseudos chatoyants, dignes des Pieds Nickelés : « Dagomar » et « Adelard »… tss ! Ils se sont faits piégés, attendant leur « victime », dans une Clio pourrie-volée, avec plaque immatriculée inventée… C’étaient des employés d’une base des « services » (comme on disait au temps de l’URSS) sise dans la forêt d’Orléans. On n’a pas vraiment envie de rigoler…

Mais, comme avait dit l’admirable Annie Girardot à la réception de son César en 1996 : « Je ne suis pas encore tout à fait mort(e)»…

MORASSE

Crédit photo : DR
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