Orientation. La tyrannie sanitaire aura-t-elle raison de la motivation et de l’espérance des 15-20 ans ?

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La tyrannie sanitaire aura-t-elle raison de la motivation et de l’espérance des 15-20 ans ? La question se pose après la publication des résultats d’une enquête menée par le média l‘Etudiant, l’institut de sondage BVA et le groupe Orange .

Du 9 au 22 février 2021, 2000 jeunes de 15 à 20 ans ont été interrogés sur l’impact de la crise sanitaire, leurs choix d’orientation, leur vision de Parcoursup et leurs attentes concernant leur entrée dans le monde du travail. A noter que les élèves Bretons, et ceux des Pays de la Loire ne sont que 4% et 5% dans ce sondage.

Pour télécharger toute l’étude, c’est ici

L’orientation, source d’inquiétude majeure

C’est l’un des principaux enseignements de cette enquête : plus de huit jeunes sur dix affirment être inquiets ou avoir été inquiétés lorsqu’ils ont dû faire des choix d’orientation dans leur parcours scolaire (86%), dont une majorité qui se déclare même beaucoup inquiète (52%). A l’inverse, seuls 13% déclarent ne pas avoir ressenti d’inquiétude sur le sujet, en particulier les hommes (20%).

Néanmoins, si les choix d’orientation représentent souvent une source d’anxiété, près des trois quarts en sont finalement satisfaits (74%), dont un quart qui en est même très satisfait (25%). • Et lorsqu’ils regardent vers l’avenir, plus des trois quarts des personnes interrogées déclarent que les choix qu’ils ont effectué pour décider de leur orientation vont leur permettre de gagner en indépendance (76%). Et plus des deux tiers sont plutôt confiants sur le fait que ces décisions leur permettent aussi bien d’aimer leur formation (66%), que de décrocher leur diplôme (66%) et de donner du sens à leur parcours (66%). Dans le détail, les niveaux de confiance mesurés sont globalement plus élevés que la moyenne auprès des terminales, et moins élevés au sein des étudiants en Bac +1 ou en Universités, IUT

Lorsque l’on demande aux jeunes quels sont ou ont été pour eux les critères les plus importants pour choisir leur orientation, c’est le goût personnel pour une filière ou un métier qui arrive en tête (44% des citations). L’épanouissement personnel (38%) et la capacité à réussir dans le secteur (30%) sont ensuite évoqués.

De même, lorsque la question est posée aux lycéens afin de connaître leurs principales motivations pour choisir leurs spécialités au lycée, c’est aussi le goût personnel qui occupe la 1ère place (57%). Un critère qui est jugé encore plus important parmi les 1ères générales (65%), les lycées privés (64%) et les terminales générales (62%). Viennent ensuite la capacité de réussite (51%) et les possibilités d’études qui en découlent (43%).

Des élèves mal orientés ?

En termes d’accompagnement, les avis sont partagés car les jeunes sont aussi nombreux à avoir le sentiment d’être ou d’avoir été bien accompagnés dans leur orientation (48%) que l’inverse (49%).

De manière plus précise, selon une majorité de jeunes, plusieurs types d’accompagnements leur ont manqué dans leurs décisions d’orientation. Environ six sur dix affirment ne pas avoir eu de visibilité sur les options qui s’offraient à eux (63%), de contacts avec les professionnels du secteur qui les intéressaient (62%), de contacts avec des étudiants du niveau supérieur (60%) et de possibilité de visite des établissements qui les intéressaient (60%). Des sentiments de manque qui sont globalement davantage partagés par les niveaux supérieurs au Bac.

Et pour faire leurs choix, ce sont avant tout les sites internet spécialisés dans l’orientation comme celui de letudiant.fr ou de l’Onisep qui sont majoritairement consultés par les jeunes (51%). Les 2ndes générales (63%), les ruraux (57%) et les lycées publics (55%) sont encore plus nombreux à déclarer s’y rendre. Parmi les autres sources d’information les plus sollicitées, les sites internet, réseaux sociaux, les journées portes ouvertes ou la documentation des lycées, écoles et universités arrivent en deuxième position (43%), juste devant l’entourage proche (42%).

Lorsque l’on interroge plus particulièrement les élèves de terminale et les étudiants au sujet de la plateforme Parcoursup, moins d’un sur deux considère qu’elle est intuitive (48%), qu’elle répond aux questions (44%) et qu’elle permet un accès équitable à l’enseignement supérieur (37%). A l’inverse, plus des trois quarts affirment qu’elle est accessible (81%) et qu’elle fournit des informations utiles (76%). Si les élèves de terminales sont les plus élogieux à l’égard de Parcousup, les Bac +2 sont quant à eux les plus critiques

Crise sanitaire : des jeunes démotivés et en décrochage scolaire

Selon les résultats de l’enquête, 74 % des jeunes interrogés se déclarent en perte de motivation et 71 % ont l’impression de décrocher. En septembre dernier, ces chiffres atteignaient 50 %. L’augmentation significative de ces chiffres en quelques mois confirme le moral en berne des jeunes et leur détresse psychologique.

Le souhait des jeunes de partir à l’international q est majoritairement entravé par la crise sanitaire (54%). Ensuite, plus d’un tiers affirme que la crise a impacté négativement leurs choix de format d’études (40%), leurs choix de lieux d’études (37%) et leur budget pour financer leurs choix d’orientation (37%). Des conséquences qui se font principalement ressentir au sein des niveaux supérieurs au Bac. • Les jeunes pâtissent de la crise sanitaire dans bien d’autres domaines. Plus de sept sur dix affirment qu’à cause de la crise sanitaire, ils ont perdu en motivation (74%) et ont le sentiment de décrocher (71%). Une majorité craint d’avoir des difficultés à financer leurs études et/ou trouver un job étudiant (67%), se sent isolée (64%), craint de ne pas pouvoir trouver d’emploi à l’issue de leurs études (62%) mais aussi que leur cursus (56%) et leur diplôme (54%) perdent de leurs valeurs. Les femmes et les niveaux supérieurs au Bac se montrent encore plus impactées négativement par la crise sanitaire.

Pour débuter leur vie active, c’est d’abord le fait d’avoir un équilibre vie professionnelle – vie personnelle qui est considéré par une majorité de jeunes comme le plus important (57%). Une opinion davantage partagée par les habitants de l’agglomération parisienne (63%). En deuxième position, la compréhension de la mission et son utilité sont jugées importantes par 50% des jeunes et même 62% des Bac +2. Et selon plus d’un tiers, c’est l’organisation du travail comme ils le souhaitent (36%) et le fait de disposer du matériel nécessaire pour bien travailler (34%) qui sont jugés les plus importants.

Concernant les attentes des jeunes vis-à-vis de leur responsable de stage ou d’alternance pour se sentir à l’aise dans leur travail, c’est en premiers lieux et à égalité la mission claire et bien définie qui est autant attendue que le droit à l’erreur et le respect (39% pour les trois affirmations).

Enfin, le fait de travailler dans une grande entreprise selon plus d’un tiers des jeunes permet en priorité d’avoir un bon salaire (35%) et des perspectives d’évolution (34%). Plus de deux sur dix considèrent également que c’est synonyme de stabilité d’emploi (29%) et l’occasion de pouvoir travailler dans un environnement international (24%).

Crédit photo : DR
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