Ecoles rurales : l’hémorragie

En quarante ans, plus d’un quart des écoles aura été fermé en France.

Quarante ans. Grosso-modo le tournant de la rigueur de 83 pour la Gauche et son acceptation de l’économie de marché et du libéralisme. Quarante ans, c’est aussi l’époque où la Droite va se branler avec « la main invisible du marché ». A bloc ! Matin midi et soir !… Alain Madelin…Thatcher…Reagan… Il fallait tout privatiser ! Dégraisser la fonction publique. Supprimer du fonctionnaire. Même Fillon était sur le créneau lors de l’élection de 2017. Et la mère Pécresse lors de la dernière ! Bande de connards ! Sales droitards pourris ! Mauvais Français ! Gauchistes ! Au goulag les libéraux ! Qui a pâti de cette logique comptable dans l’Education Nationale ? Le monde rural bien entendu ! Ce n’est pas les banlieues ni les centre-villes, ce sont les campagnes qui ont souffert de cette folie idéologique genre « Chicago Boys ».

Et cette idéologie libéralo-jacobine empoisonne le monde de l’Education depuis quarante ans. Le roi de France du moment, Macron, avait juré qu’aucune école ne fermerait si le maire de la commune n’était pas d’accord. Mensonge !Mensonge ! Super-menteur ! Tetra-barratin ! Des écoles ferment toutes les semaines dans ce pays et quand elles ne ferment pas, elles sont fragilisées par des suppressions incompréhensibles de poste ! Suppressions qui entraîneront des classes surchargées et la fuite des parents. Fuite de l’école puis fuite de la commune puis fermeture de l’école. Le cycle infernal. Le libéralo-jacobinisme le nez sur le portefeuille ferme toujours. N’ouvre jamais. Si, dans les villes.
On ne le dira jamais assez : le libéralisme économique ça marche bien quand il s’agit de donner de l’air aux petites entreprises, aux vaillantes PME qui créent de l’emploi et de la richesse mais c’est une catastrophe quand il s’attaque aux services publics, notamment et surtout en milieu rural.

Tiens Zemmour, il dit quoi sur les écoles rurales : « donner davantage de visibilité et de garanties aux habitants des communes rurales sur le maintien de classes dans les écoles en suspendant la fermeture des écoles rurales sans l’accord du maire ». (page 55 de son programme pour la précédente présidentielle) Ma Doue ! Quelle audace !  Comme Macron, quasiment au mot près. Et une fois que tout ce petit monde est arrivé à l’Elysée, les écoles ferment au nom de la logique comptable. Du jacobinisme. Du métropolisme. Du libéralisme. Du moins-d’étatisme. Du parisianisme. L’école de leur gosse, elle ne ferme jamais, elle !

Alors sinon, il l’a découvert la situation réelle de la ruralité dans le Var, le Z, puisque c’était son territoire d’élection aux dernières législatives. Il y est retourné au fait à Cogolin depuis la défaite ? Ou il est rentré à Paris, comme les autres, comme Marine et compagnie…

Moi je propose autre chose pour l’Education : une école par commune. Zag ! Dans toutes les communes, villes, villages, hameaux où il y a au moins 10 enfants en âge d’aller au primaire, on ouvre une école.
Avec enseignement obligatoire des langues régionales ! Vous voulez économiser du gasoil et lutter contre le réchauffement climatique ? Commencez par tordre le cou aux millions de kilomètres effectués chaque matin par les Français entre 8h et 9h pour conduire leurs mioches à l’école. Quand le village dispose d’un établissement, tout va bien, mais quand il faut se taper 10-20-30 kilomètres dans des territoires de montagne. Eh oui ça existe ! Car une école à 10 bornes, ça fait 20 bornes aller-retour. Et ensuite il faut aller mettre le petit dernier à l’assistance maternelle. Et le grand au car pour le collège. Eh oui, ça en fait du réchauffement climatique tout ça. Je vois déjà les bébés phoques mourir sur la banquise parce que Nathalie Lespinasse doit conduite Théoauôô et Léa chaque matin à la cocole de l’autre bout du canton.

Que le « camp national », les Zemmour, les Marine et toute la smala, s’emparent du sujet bordel ! Les profs sont presque à point pour basculer vers le Le Peno-Zemmourisme tellement ils en ont ras le cul d’être abandonnés à la paperasse d’un côté et à la racaille de l’autre. Une école par commune ! Réouverture des écoles de hameaux ! Ca redonnera du pouvoir d’achat. Et ça créera une grande mystique nationale : « nos villages revivent ». « le monde rural retrouve sa vraie place ». Une école dans un village est une bénédiction. Une reconquête ! Et faites revenir les langues régionales, cela redonnera au pays un enracinement que le jacobinisme niveleur et universaliste lui a ôté !

Car la langue c’est une frontière. Tout le monde y parle français aujourd’hui. Mais tout le monde ne parlera jamais occitan, breton ou picard.

Anne-Sophie Hamon

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3 réponses

  1. Macron a fermé des écoles, dans nos campagnes, parce qu’elles n’avaient que 15 élèves et il a créé des classes de 15 élèves dans les  »quartiers sensibles » où vivent une majorité de musulmans d’origine étrangère! Ainsi Macron veut la mort de notre agriculture et il encourage le départ de nos paysans vers les villes! Que deviendra notre pays sans ses paysans??..

  2. Grand merci à Anne-Sophie Hamon pour son regard acéré des réalités des communes rurales qui doivent se battre sur tous les fronts avec la règle du « toujours moins » au nom de la bonne gestion des fonds publics. Quand on voit que les communes urbaines pleurent quand on leur demande tout simplement d’éteindre la lumière après minuit ou parce qu’il faudrait que la température de l’eau de piscine municipale devrait passer de 27 à 25°. Quand on habitue les enfants à se baigner dans une eau chauffée à 27° on comprend qu’ils ont du mal à s’adapter aux 20° au mieux de Mor-Breizh. Non seulement les petites communes rurales reçoivent moins en dotations mais aussi en personnel et c’est le (la) secrétaire de mairie qui doit tout prendre en charge alors que les grandes municipalités peuvent se permettre d’avoir des Directeurs de service (techniques, équipements, finance, communications, … etc… » ). Mais comme ce n’est pas encore suffisant d’ajouter des boulets on appâte les élus ruraux avec toute sortes de promesses vicieuses s’ils accueillent tous les cas sociaux et autres migrants dont les bobos de la grande ville ne veulent plus.

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