Nantes. Encore deux fusillades, le ministre de l’Intérieur ne se déplace pas

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Cela n’a guère traîné : moins de cinq jours après le tournage d’un clip de rap dans le quartier « sensible » du Clos Toreau au cours duquel une balle perdue a étoilé une fenêtre au 10e étage d’une tour d’habitation, deux autres fusillades ont eu lieu à Nantes, dans les quartiers non moins « sensibles » des Dervallières et de la Bottière. Pour la dernière, un suspect a été interpellé.

La 20e fusillade de l’année a eu lieu aux Dervallières dans la nuit du 11 au 12 avril, vers 0h30 lundi 12 avril. Un riverain de la rue Louis le Nain – tout près du Building, l’immeuble de grande hauteur gangrené par le deal de drogue qui domine le quartier – a appelé police-secours après avoir entendu deux détonations et constaté un homme assis dans une voiture à l’arrêt, avec une arme de poing à la main. Peu après les tirs le conducteur de la voiture a fui en direction du boulevard du Massacre (le bien-nommé…).

Sur place, les policiers ont retrouvé un étui de calibre 7.65, mais pas d’impact ou de sang. Le quartier ne disposant pas de mosquée, il n’est pas prévu que le ministre de l’Intérieur se déplace. Il est vrai que depuis le début de l’année, il y a seulement eu une petite dizaine de fusillades, un mort, des riverains terrorisés par les dealers – que la justice n’hésite pas à relâcher aux deux tiers de leur peine, voire libère sous un contrôle judiciaire qu’ils s’empressent de ne pas respecter – bref, rien de grave.

La 21e fusillade de l’année à Nantes a eu lieu le 12 avril dans l’après-midi à la Bottière, quartier « sensible » de l’est nantais, vers 17 heures. Un homme habillé dans une tenue bleu vif est signalé en train de tirer en direction de passants. Son interpellation est houleuse, les policiers sont pris à partie par les délinquants du quartier, le suspect se rebelle, blesse une policière en lui causant une entorse à deux doigts – il a 19 ans, n’a pas d’arme et a quelques grammes de cannabis sur lui. Aucun étui ni aucun impact ne sont retrouvés sur les lieux.

L’arme pourrait avoir été factice ou les tirs, à blanc – à moins que le suspect ne s’en soit débarrassé, le « contexte hostile », autrement dit l’émeute, empêchant de toute façon les policiers de ratisser le quartier méthodiquement et déranger les deals de drogue qui s’y tiennent habituellement.

Là encore, les faits ayant lieu à plus de 500 mètres à vol d’oiseau de la salle de prières du quartier, le ministre de l’Intérieur n’a pas prévu de se déplacer. C’est vrai, un homme qui tire sur des passants, puis qui violente une policière tandis que ses amis déclenchent une émeute contre la police, rien ne sort de l’habituel « vivre-ensemble ».

Louis Moulin

Photo d’illustration :DR
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