Confinements et couvre-feux : quels impacts sur les couples ?

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Quelles ont été les impacts des différents confinements et couvre-feux successifs sur les couples français ? Si l’on a observé jusqu’à présent une certaine stabilité de la situation conjugale de ces derniers, une récente étude indique qu’une hausse notable des séparations pourrait intervenir une fois la crise terminée.

Des confinements éprouvants pour les couples

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les différents confinements et couvre-feux successifs ont pu avoir un impact sur la vie de couple des Français, avec parfois la clé des ruptures conjugales. Une étude* Ifop s’est penchée sur le sujet afin d’évaluer l’ampleur de ces ruptures mais aussi de cerner l’évolution des itinéraires conjugaux des Français depuis le premier confinement.

Parmi les principaux enseignements, notons tout d’abord qu’une personne sur quatre en couple (27 %) admet avoir eu envie de rompre avec son conjoint au cours des périodes de confinement et/ou couvre-feux successifs imposés depuis mars 2020, sachant que cette tentation a particulièrement affecté les « jeunes » couples (50 % des moins de 30 ans, contre 14 % des plus de 60 ans), les plus précaires économiquement ou financièrement – 46 % des hommes ayant un revenu mensuel net par individu inférieur à 900 € (contre 21 % chez ceux gagnant plus de 2500 €) ont eu envie de rompre, tout comme 35 % des ouvrières (contre à peine 23 % des cadres) – ainsi que les Français des grandes métropoles qui, comme ceux de l’agglomération parisienne (32 %), vivent généralement dans des logements plus exigus qu’en milieu rural (24 %).

Si la dégradation d’une relation de couple est généralement un phénomène multi-causal, force est de constater que certains facteurs ont contribué plus que d’autres à la fragilisation des relations vécue depuis le premier confinement, et que leur impact s’avère très marqué en fonction du sexe… Pour les femmes ayant le sentiment que les confinements ont distendu leur relation de couple, c’est le manque de communication qui arrive en tête (70 %) – devant la mésentente sexuelle (64 %) ou le stress lié au travail (59 %) – alors que chez les hommes, ce sont les différences de besoins sexuels (67 %) qui ont le plus joué, loin devant d’autres problèmes comme le stress lié au travail, le manque de temps passé à deux, les désaccords liés à l’argent ou le manque de communication (54 à 58 %).

Couples

Source : étude Ifop

Stabilité conjugale (temporaire ?), sauf chez les jeunes

Si l’envie de rompre a traversé l’esprit de nombre de couples au cours des confinements et couvre-feux successifs, ils sont loin d’être tous passés à l’acte au regard de la grande stabilité des itinéraires conjugaux des Français entre le début du premier confinement (17 mars 2020) et la fin du troisième (19 mai 2021) : 89 % des individus âgés de 18 à 69 ans ont exactement la même situation conjugale qu’avant le premier confinement. Cependant, dans les jeunes générations, les unions ont été beaucoup plus souvent rompues ou renouvelées : 20 % des jeunes de moins de 25 ans n’ont plus la même situation conjugale qu’en mars 2020, dont 7 % qui sont désormais seuls alors qu’ils étaient en couple, 7 % qui se sont mis en couple alors qu’ils étaient seuls et 6 % qui ont un partenaire différent qu’avant le premier confinement.

Toutefois, Si cette envie de rompre semble pour beaucoup être restée au stade de l’intention, un certain nombre de personnes en couple n’en exprime pas moins le souhait de passer à l’acte une fois la crise sanitaire passée : 12 % des de personnes en couple souhaitent prendre leurs distances avec leur partenaire à l’issue de la crise, dont 4 % de manière définitive. Et si l’on procède à une extrapolation de ce pourcentage sur la base des 28 millions de personnes âgées de 18 à 69 ans actuellement en couple, ce risque de rupture concernerait au minimum un million de couples.

Mais ce risque de séparation n’affecte pas toutes les tranches de la population de la même façon… Très logiquement, l’envie de rompre émane surtout des personnes dont la relation a été affectée le plus négativement par les confinements, à savoir les jeunes de moins de 30 ans – notamment les hommes (23 %) – les habitants des grandes agglomérations (16 % des habitants en agglomération parisienne) et les personnes aux revenus les plus modestes (ex : 26 % des hommes ayant un revenu mensuel net par individu inférieur à 900 €).

Couples

Source : étude Ifop

Les personnes « physiquement » avantagées davantage tentées par le célibat

Cependant, l’analyse détaillée des résultats met aussi en lumière l’importance du capital physico-esthétique dans la tentation d’un retour au célibat, signe que la capacité à séduire d’autres potentiels partenaires est un critère déterminant dans la volonté de revenir sur le marché matrimonial ou sexuel. En effet, l’envie de rompre après la crise s’avère particulièrement forte (30 %) chez les hommes et les femmes se trouvant très beaux/belles (contre à 13 % des personnes ne se trouvant pas belles).

De même, la proportion d’hommes voulant prendre leurs distances avec leur partenaire actuel à l’issue de la crise liée au Covid-19 est plus forte chez ceux affichant une corpulence correspondant aux normes esthétiques dominantes : 26 % chez ceux ayant un indice de masse corporelle inférieur à la normale, contre 14%  en moyenne dans la gent masculine.

En définitive, la relative stabilité des itinéraires conjugaux observée depuis mars 2020 ne doit pas occulter l’impact négatif que les confinements ou couvre-feux successifs ont pu avoir sur la vie de couple de Français, en particulier des plus jeunes qui, pour beaucoup, ont vécu leur première expérience de vie conjugale constante et intense. Pour nombre de Français, les conditions de vie imposées par la crise sanitaire – notamment la forte promiscuité ou la présence constante du partenaire – ont en effet accentué les difficultés préexistantes, faisant de ces huis clos une véritable épreuve pour leur couple au point d’envisager de rompre avec leur conjoint.

L’absence de passage à l’acte est symptomatique d’un certain attentisme, somme tout classique en période de crise (ex : guerre, crise économique), qui tient sans doute à la crainte de la solitude – notamment dans les conditions d’isolement et de rencontre imposées par le Covid-19 – mais aussi à des raisons pratiques (ex : logement, école des enfants…) et financières : une séparation, qu’il s’agisse d’un divorce, d’une rupture de Pacs ou d’une rupture d’union libre, se traduisant généralement par une baisse du niveau de vie pour les ex-conjoints. Ainsi, s’il s’avère hasardeux de pronostiquer un « divorce boom » à l’issue immédiate de la crise, il est probable qu’on assiste alors à une hausse significative des désunions lorsque le contexte sanitaire et économique rendra plus facile les ruptures conjugales.

* Étude Ifop pour YesWebloom.com réalisée par questionnaire auto-administré en ligne 7 au 10 mai 2021 auprès d’un échantillon de 3 003 personnes, représentatif de la population âgée de 18 à 69 ans résidant en France métropolitaine.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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Une réponse à “Confinements et couvre-feux : quels impacts sur les couples ?”

  1. patphil dit :

    le préfet de la réunion vient de nous confiner le jour et couvre feu la nuit
    je dois me faire opérer la semaine prochaine, mon conjoint doit revenir de guyane , comment aller la chercher à l’aéroport ? va t-elle devoir prendre une chambre d’hotel ?
    et ensuite ils constatent que des gens pètent un plomb, mais ils s’en contrefichent

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