Santé. Le suivi de la croissance des enfants négligé par un quart des parents bretons

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Si la croissance est une étape primordiale de la vie d’un enfant, trop nombreux sont les parents à ne pas en assurer un suivi régulier. Les troubles de la croissance sont pourtant de potentiels révélateurs de maladies graves.

La croissance des enfants : négligée par les parents français ?

C’est le 20 septembre qu’a lieu la Journée mondiale de sensibilisation à la croissance des enfants. À cette occasion, une étude réalisée conjointement par l’association GRANDIR, la Société Française de Pédiatrie (SFP) et la société Novo Nordisk a fait un état des lieux sur cette question en France afin de mieux cerner les pratiques des parents vis-à-vis du suivi de la santé et de la croissance de leurs enfants.

Premier enseignement, 24 % des parents en Bretagne administrative (B4), comme en France, ne suivent pas régulièrement la
croissance de leur(s) enfant(s) et les résultats aux différentes questions de cette étude varient d’une région à l’autre. Ainsi, dans les DROM (Départements et Régions d’Outre-mer), ce sont 32 % des parents qui ne suivent pas régulièrement la croissance de leur(s) enfant(s).

Selon le Pr Agnès Linglart de l’Hôpital Bicêtre, Centre de référence des maladies rares du métabolisme du calcium et du phosphore et filière santé maladies rares « OSCAR », membre de la Société Française de Pédiatrie : « C’est un point inquiétant. En effet, un retard de croissance ou un simple ralentissement de celle-ci n’impacte pas que la taille, ils peuvent aussi être le révélateur d’autres maladies sous-jacentes, à prendre en charge rapidement ».

Aussi, la croissance représente un indicateur important de l’état de santé d’un enfant et de son bien-être et certains signes doivent alerter sur d’éventuels troubles de la croissance et amener à consulter un médecin.

Un parent breton sur deux ignore la fréquence du suivi

De fait, le suivi via les courbes de croissance, réactualisées en avril 2018, permet de vérifier qu’un enfant grandit normalement, ou au contraire, de détecter à temps un éventuel retard ou une anomalie de croissance, susceptible d’être un marqueur de pathologies plus sévères telles que :

  • Maladie coeliaque/malnutrition/malabsorption/mucoviscidose
  • Maladies inflammatoires chroniques (entéropathie inflammatoire, polyarthrite rhumatoïde)
  • Maladies systémiques chroniques (affections cardiaques, rénales, hépatiques)
  • Hypothyroïdie

Le retard de croissance pouvant affecter la vie des enfants, notamment sur le plan de leur équilibre psychologique, il est important d’assurer un suivi régulier de leur croissance.

De plus, 1 parent sur 2 (53 %) en Bretagne (52 % en France) ignore à quelle fréquence suivre la croissance de son enfant. Si ce score descend à 44 % dans les Pays-de-la-Loire, il grimpe à 80 % dans les DROM !

C’est en suivant la croissance des enfants à la bonne fréquence en fonction de leur âge que les parents peuvent repérer plus facilement un éventuel retard de croissance, notamment pour les petites filles qui font l’objet d’un retard de diagnostic
plus fréquent que les garçons.

Comment bien suivre la croissance d’un enfant ?

Ainsi, la taille des enfants doit être mesurée tous les 3 mois jusqu’à 1 an, tous les 6 mois entre 1 et 4 ans puis une à deux fois par an de 4 ans à la puberté.

Pour les enfants de moins de 2 ans, les mesures doivent être réalisées allongés, si possible par un professionnel de santé. À partir de 2 ans, ils doivent être mesurés pieds nus, debout, aussi droit que possible, la tête bien droite contre un mur. Leurs bras doivent pendre librement le long du corps. Leur tête, leur dos, leurs fesses et leurs talons doivent être en contact avec la surface du mur. Il faut éviter les vêtements trop épais et les accessoires de cheveux.

Pour relever la taille exacte, il faut poser un livre perpendiculairement au mur sur la tête, puis marquer un repère avec un crayon sur le mur ou la toise.

Seulement 1 parent sur 2 (55 %) en Bretagne (51 % en France) reporte systématiquement les mesures sur une courbe de croissance. Et c’est encore plus faible en Occitanie (45%) ou dans les DROM (44%). D’autre part, le carnet de santé est utilisé par 73 % des parents bretons (72 % en France) pour reporter systématiquement, de temps en temps ou occasionnellement les mesures sur une courbe de croissance.

Finalement, 1 parent sur 4 (25 %) en Bretagne (24 % en France) montre systématiquement les courbes de croissance au médecin généraliste ou au pédiatre. Un score plus bas dans les Hauts-de-France avec 16 % et encore plus bas dans les DROM (9%).

En parallèle, l’étude nous indique aussi que 32% des parents de Bretagne et 30% en France ont déjà été inquiets vis-à-vis de la croissance de leur enfant.

La taille, une question de perception selon les régions

D’une région à l’autre, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest en passant par les Outre-mer, pour les parents interrogés dans l’enquête « Les Français et la croissance des enfants », être grand ou être petit ne signifie pas la même chose.

Ainsi, une femme adulte est considérée comme :

• Étant petite à partir de 149,15 cm en moyenne en France, 146,51 cm en Normandie
• Étant moyenne avec une taille de 162,74 cm en moyenne en France, 161,75 cm en Nouvelle-Aquitaine
• Étant grande à partir de 175,42 cm en moyenne en France, 176,15 dans les DROM

Pour les hommes adultes, ils sont considérés :

• Étant petits à partir de 158,82 cm en moyenne en France, 157,01 cm dans le Grand-Est
• Étant moyen avec une taille de 172,87 cm en moyenne en France, 171,7 cm en Occitanie
• Étant grand à partir de 186,88 cm en moyenne en France, 187,68 en Île-de-France

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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