Réunification bretonne. Face aux réticences de sa vice-présidente Anne Gallo : l’autorité et la crédibilité de Loïg Chesnais-Girard en jeu

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Après avoir fait de la réunification bretonne une de ses principales thématiques de campagne, Loïg Chesnais-Girard va devoir hausser le ton face à sa vice-présidente Anne Gallo. Celle-ci, par ailleurs présidente du Comité régional du tourisme de Bretagne, semble en effet faire preuve de beaucoup de mauvaise volonté en retardant l’intégration du Voyage à Nantes dans les destinations touristiques bretonnes.

Les promesses sur la réunification de Loïg Chesnais-Girard à l’épreuve des faits

En ce qui concerne la réunification de la Bretagne, les actes ont, une fois de plus, du mal à suivre les paroles. Si l’on avait vu Loïg Chesnais-Girard surjouer la carte de l’identité bretonne (de façon un peu trop grossière par ailleurs pour paraître authentique) lors de la campagne électorale pour les dernières élections régionales de 2021, le disciple de Jean-Yves le Drian n’avait pas manqué, comme plusieurs de ses concurrents, de reprendre les vieilles promesses concernant le retour de la Loire-Atlantique dans son giron historique breton.

Cette tonalité « régionaliste », Loïg Chesnais-Girard la réaffirmera le 2 juillet 2021 durant sa prise de parole à la suite de sa réélection à la tête du Conseil régional de Bretagne. En assurant notamment que « nous avons besoin de plus de Bretagne », il passera alors en revue plusieurs thématiques comme la question de l’enseignement du breton et l’incontournable dossier de la réunification. Quelques mois plus tard, en octobre 2021, les conseillers régionaux bretons adopteront à l’unanimité un vœu appelant l’État à organiser un référendum sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne administrative. Référendum qui exclura par ailleurs une fusion de la Bretagne avec les Pays de la Loire.

Mais dans les faits, cette belle volonté affichée par l’exécutif à la tête de la Région Bretagne de voir enfin notre péninsule retrouver, administrativement du moins, sa dimension millénaire, connaît quelques tergiversations…

Intégration du Voyage à Nantes : quel est le problème du Comité régional du tourisme ?

En effet, tandis que Loïg Chesnais-Girard, déjà président du Conseil régional à l’époque, avait validé au mois de juillet 2020 l’adhésion du Voyage à Nantes au Comité régional du tourisme de Bretagne, Anne Gallo, la présidente de ce dernier, semble « freiner des quatre fers » selon l’association A la Bretonne (militant en faveur de la réunification), citée par Ouest-France.

Ainsi, les responsables de l’association que sont Mélanie Éon et Christophe Prugne détaillent la nature du problème :

 Lors de la dernière session du Conseil régional le 16 décembre, l’élu d’opposition Nil Caouissin est intervenu pour signaler que le sujet était tabou lors des réunions du Comité régional du tourisme (CRT) de Bretagne. En effet, lors de la réunion de cette instance à Rennes le 15 novembre, l’adjoint à la maire de Nantes Florian Le Teuff, nouveau membre du CRT, est intervenu pour demander des précisions sur l’avancée de ce dossier. « Ce sujet n’a pas à être abordé ici », a répondu Anne Gallo, présidente du CRT et vice-présidente de la Région Bretagne qui a refusé d’apporter des éléments d’éclaircissement sur cet engagement de Loïg Chesnais-Girard qu’elle semble vouloir freiner des quatre fers ​.

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Anne Gallo, vice-présidente du Conseil régional. Source : saint-brieuc.maville.com

Suite à l’attitude de la présidente du Comité régional du tourisme de Bretagne, l’association A la bretonne a demandé à Loïc Chesnais Girard, qui s’était « engagé à intégrer le Voyage à Nantes dans les destinations touristiques bretonnes », de « recadrer sa vice-présidente ». Tout en réclamant par ailleurs que la prochaine réunion du CRT de Bretagne, qui doit avoir lieu le 28 janvier à Pontivy, place impérativement le sujet nantais à l’ordre du jour.

En cas de refus, A la bretonne demanderait alors aux élus d’oppositions au Conseil régional que sont Ana Sohier et Fabien Le Guernevé d’évoquer le sujet lors des questions diverses. Voici donc une bonne occasion de mesurer l’autorité effective de Loïg Chesnais-Gérard sur son équipe. Et de voir également si les actes de sa mandature suivent les promesses de sa campagne.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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4 réponses

  1. Anne Gallo craint sans doute la concurrence entre le littoral de Loire Atlantique et le Golfe du Morbihan où elle est élue.
    Une fois de plus, on ne peut que constater qu’il n’y a rien à attendre des élus au sujet de la réunification qu’ils soient de la Bretagne Administrative ou de la Loire Atlantique, seuls comptent pour eux leurs intérêts immédiats.
    De plus, il ne fait aucun doute qu’il existe en Bretagne administrative, une minorité hostile à la réunification, surtout les rennnais qui craignent de voir Nantes être choisie comme capitale de la Bretagne réunifiée et qui savent parfaitement qu’ils n’ont pas la certitude d’avoir le soutien de la Bretagne Occidentale à ce sujet.

  2. Il y a quand même une question importante à soulever systématiquement sur ces questions. C’est celui de la réciprocité, en particulier en matière de financements.
    Vous pouvez bien comprendre que le marketing et la communication touristique sur la Bretagne bénéficie t-il du financement de la (riche) ville de Nantes ? Du CD 44 ? Des autres territoires concernés du 44 ?
    Les offices du Tourisme sur Nantes et dans sa Région font-ils la promotion de la Bretagne ?

    C’est me semble t-il des questions fondamentales. On peut surtout noter l’absence complet de dialogue visiblement entre la majorité PS du 44 et la majorité PS de la Région Bretagne. Ils ne connaissent même pas le N° de téléphone de l’autre, et n’échangent pas par presse interposée. Le dialogue entre les dirigeants nord-coréens et de Corée du Sud est à mon avis plus riche et productif actuellement.
    Il n’y a en réalité une totale hostilité des élus sur cette question, totale, à une écrasante majorité. Il n’y a rien à espérer là-dessus. C’est clair et net.

    1. Sauf qu’au regard de la situation du PS à l’échelle nationale, les élus PS de B4 et de LA vont bien être obligés de se parler vu qu’ils représentent une sorte de réduit.

  3. D’où l’intérêt de promouvoir l’idée de Vannes capitale.

    En parallèle de l’idée deS capitaleS chère aux militants et fondamentalement intelligente mais il faut bien UN lieu pour le siège des élus régionaux.

Les commentaires sont fermés.

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