Guerre en Ukraine. Quelles sont les craintes des chefs d’entreprise bretons ?

Flambée des coûts de l’énergie, hausse des matières premières, difficultés d’approvisionnement : comment les entreprises bretonnes perçoivent-elles l’impact de la guerre en Ukraine sur leur activité ?

Des échanges commerciaux faibles entre la Bretagne et la Russie

Quelles sont les conséquences de la guerre en Ukraine sur l’économie bretonne ? Une question à laquelle la CCI Bretagne a tenté de répondre en menant une enquête rapide entre le 15 et le 21 mars dernier, laquelle a obtenu la réponse d’environ 1 300 entreprises. L’impact du conflit sur les chefs d’entreprise bretons a d’ailleurs été abordé lors de l’assemblée générale de la chambre consulaire le 24 mars à Saint-Brieuc.

Sur l’ensemble des entreprises interrogées, seulement 6,6 % réalisent des échanges commerciaux avec la Russie, l’Ukraine ou la Biélorussie. Cependant, 61,9 % d’entre elles constatent déjà un impact négatif de la guerre sur leur activité quand moins de 20 % s’attendent à être touchées « prochainement ». À l’inverse, seule une minorité (5,7 %) indique ne pas avoir « d’inquiétude particulière ».
guerre en Ukraine

Source : enquête CCI Bretagne 24 mars 2022

Concernant les échanges commerciaux entre les quatre départements de la région administrative et ces trois pays impliqués dans le conflit, ils demeurent relativement faibles. En 2021, ils représentaient 1,1 % des exportations de la région pour 128 millions d’euros de chiffre d’affaires et 5,1 % de ses importations (dont 4,5 % de la Russie) pour un montant estimé à près de 675 millions d’euros.

Qu’importe la Bretagne depuis ces États ? Sans surprise, pour 77 %, il s’agit de produits pétroliers raffinés. Loin derrière, figurent les huiles et graisses végétales et animales (près de 9 %) et le bois (3 %). Quant aux exportations bretonnes vers ces trois pays, les parfums, cosmétiques et produits d’entretien sont les plus représentés (23 %), devant les aliments pour animaux (22 %) et les produits laitiers et glaces (près de 9 %).

guerre en Ukraine

Source : enquête CCI Bretagne 24 mars 2022

Le prix de l’énergie, principale problématique des entreprises bretonnes

Quant aux types de conséquences que les chefs d’entreprise bretons redoutent au cours des prochains mois suite à la guerre en Ukraine, la hausse des coûts de l’énergie est la première des craintes puisque 70% des entreprises ayant répondu à l’enquête pointent cette augmentation comme leur principale préoccupation.

Un constat que fait également Jean-Pierre Rivery, président de la CCI Bretagne : « La guerre en Ukraine a d’ores et déjà des impacts sur le prix des carburants, du gaz et des matières premières agricoles dont nul ne peut encore prédire la durée ».

Face à cette flambée des coûts, les secteurs de l’industrie de la construction pourraient être les plus impactés. À ce titre, la hausse des prix de l’énergie est redoutée par 80 % des acteurs de l’industrie interrogés. Cette proportion s’élevant à près de 90 % chez les entrepreneurs de la construction. Toujours dans le secteur de la construction, les chefs d’entreprise redoutent pour 92 % d’entre eux une hausse du coût des matières premières quand près de 78 % s’attendent à des difficultés d’approvisionnement. Par ailleurs, certains chantiers sont déjà à l’arrêt faute de matériaux.

En troisième position, c’est la perte de chiffre d’affaires (55 % des sondés tous secteurs confondus) qui inquiète le plus les chefs d’entreprise de Bretagne administrative. Autre point à relever, la menace d’une cyberattaque n’est redoutée que par 22 % des entreprises bretonnes sondées.

Guerre en Ukraine

Source : enquête CCI Bretagne 24 mars 2022

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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Une réponse à “Guerre en Ukraine. Quelles sont les craintes des chefs d’entreprise bretons ?”

  1. patphil dit :

    pas trop de relations mais les prix vont quand même flamber, l’amérique de biden l’a décidé, les européistes l’ont confirmer, attendez la fin des présidentielles :

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