Redadeg 2022 : une édition aux accents woke et 800 kilomètres encore disponibles pour le breton à moins d’un mois du départ [Vidéo]

Redadeg

Lever des fonds pour promouvoir l’enseignement et la diffusion du breton : tel est l’objectif de la Redadeg, course de relais qui va se dérouler du 20 au 28 mai à travers nos cinq départements. Bémol cependant : un thème aux accents woke pour cette édition 2022.

Redadeg 2022 : rendez-vous à Vitré le 20 mai

Le jour du départ se rapproche pour la Redadeg, course organisée au profit de la langue bretonne. En effet, pour sa huitième édition, elle s’élancera de Vitré le 20 mai prochain puis, après avoir sillonné près de 300 communes dans les cinq départements bretons, finira par rejoindre Vannes le 28 mai.

Et, année 2022 oblige, les coureurs-promoteurs de la langue bretonne participant à la Redadeg devront donc arpenter un parcours de 2 022 kilomètres. Basé sur le principe d’une course de relais, toutefois sans compétition, l’événement verra donc les participants courir de jour comme de nuit durant cette semaine marathon en faveur de la sauvegarde du breton, se passant sous forme de témoin un message en breton qui sera lu au public lors de l’arrivée à Vannes.
Pour rappel, après une annulation de l’édition 2020 en raison de la crise sanitaire, l’édition 2021 avait alors suivi le parcours tracé pour l’année précédente et avait vu les coureurs s’élancer de Carhaix le 21 mai pour rejoindre Guingamp le 29 mai 2021.
Redadeg 2022

Près de la moitié kilomètres encore disponibles à l’achat

Si la Redadeg réunit chaque année des milliers de personnes, sa capacité à récolter des fonds pour la langue bretonne repose sur un modèle original : celui-ci consiste à vendre des kilomètres du parcours aux particuliers, aux collectivités, aux entreprises et aux associations puis les bénéfices sont ensuite redistribués à des projets mettant en valeur l’usage du breton.
L’objectif des organisateurs de la course pour cette édition 2022 est de réaliser un bénéfice de 120 000 à 150 000 euros. À moins d’un mois au départ, si la très grande majorité des mairies des communes traversées par la course ont d’ores et déjà acheté un ou plusieurs kilomètres, il restait encore environ 850 kilomètres disponibles à l’achat en date du 22 avril.
À noter enfin que des animations seront prévues à Vitré le 20 mai et à Vannes le 28 mai pour célébrer le départ puis l’arrivée de la Redadeg. Au programme, concerts, festoù-noz et restauration.

« La Bretagne en tout genre » : un thème déconnecté des réalités bretonnes

Malheureusement, constat de plus en plus fréquent au sujet des initiatives visant à promouvoir la langue bretonne, les organisateurs de la Redadeg ont jugé bon d’associer à la course une lubie sociétale n’ayant rien à voir, de près ou de loin, avec la Bretagne.

Ainsi, le thème choisi pour l’édition 2022, et nous l’avons déjà précédemment déploré, revêt des accents woke : « Breizh a bep reizh », « la Bretagne en tout genre ».

Quel est donc le rapport avec la préservation de notre vieille langue menacée d’éradication par une république française qui a déjà à cœur de défendre ces « questions de genre » ? Sur le site de la course, on peut ainsi lire qu’ « en Bretagne comme ailleurs persistent des inégalités de toutes sortes, entre peuples minorisés, entre classes d’âge ou genres, liées aux déterminations sociales ». Il semble qu’une mise à jour du logiciel décolonial marxiste s’impose au sein de l’organisation…

Tandis que l’Emsav (mouvement culturel et politique breton dans son ensemble) n’a jamais été autant marginalisé du reste de la population bretonne et que l’enseignement du breton se trouve dans une situation critique, on imagine mal comment la mise en avant de telles thématiques pourrait enfin faire de la sauvegarde de la langue bretonne une grande cause populaire en Bretagne.

Quant à la chanson officielle de la Redadeg 2022, elle laisse, elle aussi, à désirer… Souhaitons malgré tout une bonne course aux sportifs !

Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
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Une réponse

  1. Bien dit. J’ajoute que la Redadeg donne de l’argent pour le gallo. Il faudrait avoir la possibilité de flécher les dons pour éviter de faire croire que tous les donateurs sont pour le maintien des parlers gallos qui à mon sens n’est pas une langue au sens courant du terme. Rien à voir avec que breton qui comme langue nationale a vocation à concurencer voire remplaçer le français

Les commentaires sont fermés.

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