Irlande du Nord. Les paramilitaires loyalistes de l’UVF auraient commencé à mobiliser en vue d’un échec de Boris Johnson sur le Protocole

Les chefs de l’UVF (Ulster Volunteer Force, paramilitaires loyalistes) auraient ordonné l’ouverture des dépôts d’armes en prévision de l’échec du nouveau Protocole proposé par Boris Johnson pour l’Irlande du Nord, mais qui est rejeté par l’UE. Les unités de tout le pays ont été mises en état d’alerte dans l’attente du verdict sur la législation controversée qui doit passer au Parlement et qui, si elle est adoptée, déchirera effectivement certaines parties du traité de retrait de l’UE.

L’Ulster Volunteer Force  est un groupe paramilitaire fondé en 1966, reprenant le nom d’une ancienne milice unioniste. Son objectif affiché est de lutter contre l’IRA et pour le maintien de l’Irlande du Nord dans le Royaume-Uni. Le nom vient des Ulster Volunteers, créés en 1912 pour défendre l’union entre l’Irlande et la Grande-Bretagne.

Le Sunday World rapporte que les chefs du groupe paramilitaire sont prêts à mettre l’organisation sur le « pied de guerre ». Des sources bien placées ont indiqué que des armes et des munitions ont déjà été retirées des décharges et placées dans des unités de l’UVF à travers l’Irlande du Nord. On pensait que les dirigeants avaient renoncé à poursuivre une campagne de violence contre le Protocole après que les groupes communautaires des zones loyalistes eurent été avertis que le financement de l’État serait mis en danger.

Le gouvernement irlandais a déjà lancé un audit complet de toutes les aides accordées par Dublin depuis la signature de l’accord du Vendredi Saint. Les Britanniques ont indiqué qu’ils n’avaient pas l’intention de suivre une voie similaire, mais les dirigeants loyalistes n’ont laissé aucun doute sur le fait que ces décisions auront des conséquences pour leur communauté.

« Ils estiment qu’ils n’ont pas le choix » (autre que de prendre les armes) a déclaré une source au Sunday World « et, comme nous le savons tous, ils ont accès à des armes. Il y a peut-être eu un démantèlement à l’époque, mais tout n’a pas été remis et ils se réarment depuis des années. »

On a même spéculé sur le fait que des armes provenant d’un énorme chargement d’armes introduit clandestinement dans le pays depuis l’Afrique du Sud en 1988 pourraient garnir l’arsenal. La cachette, répartie entre l’UVF, l’UDA et l’Ulster Resistance, a été partiellement interceptée, mais on estime qu’un tiers de la cargaison est passée et a été dissimulée dans des dépôts scellés.

En grande partie entre les mains de l’Ulster Resistance, les armes et les munitions sont conservées en vue d’un « scénario catastrophe ». « Cela pourrait être plus proche que nous ne le pensons », a déclaré la source, « si la frontière de la mer d’Irlande n’est pas supprimée, l’Irlande du Nord sera effectivement coupée du reste du Royaume-Uni – si ce n’est pas un scénario catastrophe pour les loyalistes, je ne sais pas ce que c’est ».

Le DUP a déclaré qu’il n’y a aucune perspective de retour à Stormont, le parlement nord irlandais, tant que le protocole resterait en place, mais avec la perspective d’une action en justice de l’UE et aucune garantie d’un soutien suffisant à la Chambre des communes et encore moins à la Chambre des lords, le mieux qu’ils puissent espérer est un changement négocié.

Parallèlement, l’UVF et sa vitrine politique officielle, le Loyalist Communities Council, déclarant que rien d’autre que son abolition ne fera l’affaire, les observateurs pensent qu’un retour à une forme de campagne violente est inévitable.

Dans une déclaration prononcée peu de temps après la publication du nouveau document, la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, a déclaré à propos de la décision d’avancer sans l’UE :

« Nous présentons ce projet de loi aujourd’hui pour protéger la paix et la stabilité en Irlande du Nord et pour maintenir l’Agreement de Belfast [de 1998] dit du Good Friday.

Le projet de loi règle les problèmes liés au protocole de l’Irlande du Nord, qui traite actuellement les personnes et les entreprises d’Irlande du Nord différemment de celles du reste du Royaume-Uni. Il nous permettra d’offrir des solutions raisonnables et pratiques, comme la mise en place d’un canal écologique pour permettre aux marchandises qui circulent [notamment entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord] et qui séjournent au Royaume-Uni d’être libérées des coûts et de la paperasserie inutiles.

La solution évite une frontière dure sur l’île d’Irlande [entre l’Irlande du Nord appartenant au Royaume-Uni et la République d’Irlande du Sud intégré à l’UE, à la zone euro, sans être dans l’espace Schengen,], protège l’intégrité du Royaume-Uni et protège le marché unique de l’UE. »

Comme déjà indiqué dans d’autres articles, les prochaines semaines pourraient être tendues en Ulster.

YV

Crédit photo : Breizh-info.com
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