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Devenue une déesse magnifique, celle-ci inspire autant l’amour du coeur que l’attirance des corps. Unie par Zeus à Héphaïstos, le dieu boiteux, elle se choisit bien vite un amant : le dieu de la guerre, Arès. Personne ne résiste à cette créature, qui rend jalouses toutes les autres femmes sur l’Olympe. Un jour, la déesse de la discorde, Éris, lance entre Athéna, Aphrodite et Héra une pomme sur laquelle est marquée l’inscription « À la plus belle ». Un jeune prince berger, Pâris, sera chargé de les départager. Sa décision conduira à la fameuse guerre de Troie, qui durera dix ans…
Souffle épique et poétique
Initiateur de la série, François Busnel raconte lui-même en voix off, avec passion et précision, et en se fondant sur les textes les plus anciens, les destins de Zeus, Thésée, Aphrodite ou Orphée, ces mythes dont la force poétique et la portée universelle ont nourri l’imaginaire des artistes au fil des siècles. À l’image, les chefs-d’oeuvre de Botticelli, Picasso, Goya ou Klimt rencontrent des silhouettes animées, inspirées des vases de la Grèce antique : un dispositif inédit pour une exploration captivante de la mythologie grecque et de ses récits originels.
https://www.youtube.com/watch?v=I3jjT0tFBXU
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Une réponse à “Aphrodite, sous la loi du désir. Les grands mythes”
À ce moment, les nuées, au fond, s’écartèrent, et Vénus parut. Nana, très grande, très forte pour ses dix-huit ans, dans sa tunique blanche de déesse, ses longs cheveux blonds simplement dénoués sur les épaules, descendit vers la rampe avec un aplomb tranquille, en riant au public. Et elle entama son grand air :
Lorsque Vénus rôde le soir…
Dès le second vers, on se regardait dans la salle. Était-ce une plaisanterie, quelque gageure de Bordenave ? Jamais on n’avait entendu une voix aussi fausse, menée avec moins de méthode. Son directeur la jugeait bien, elle chantait comme une seringue. Et elle ne savait même pas se tenir en scène, elle jetait les mains en avant, dans un balancement de tout son corps, qu’on trouva peu convenable et disgracieux. Des oh ! oh ! s’élevaient déjà du parterre et des petites places, on sifflotait, lorsqu’une voix de jeune coq en train de muer, aux fauteuils d’orchestre, lança avec conviction :
— Très chic !
Toute la salle regarda. C’était le chérubin, l’échappé de collège, ses beaux yeux écarquillés, sa face blonde enflammée par la vue de Nana. Quand il vit le monde se tourner vers lui, il devint très rouge d’avoir ainsi parlé haut, sans le vouloir. Daguenet, son voisin, l’examinait avec un sourire, le public riait, comme désarmé et ne songeant plus à siffler ; tandis que les jeunes messieurs en gants blancs, empoignés eux aussi par le galbe de Nana, se pâmaient, applaudissaient.
— C’est ça, très bien ! bravo !
Nana, cependant, en voyant rire la salle, s’était mise à rire. La gaieté redoubla. Elle était drôle tout de même, cette belle fille. Son rire lui creusait un amour de petit trou dans le menton. Elle attendait, pas gênée, familière, entrant tout de suite de plain-pied avec le public, ayant l’air de dire elle-même d’un clignement d’yeux qu’elle n’avait pas de talent pour deux liards, mais que ça ne faisait rien, qu’elle avait autre chose. Et, après avoir adressé au chef d’orchestre un geste qui signifiait : « Allons-y, mon bonhomme ! » elle commença le second couplet :
À minuit, c’est Vénus qui passe…
« Nana » d’Émile Zola