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Le 4 octobre, Flávio Bolsonaro avait terminé le premier tour avec plus de 2,2 millions de voix d’avance. 3 semaines plus tard, le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva l’a emporté au second tour, dimanche 25 octobre, avec plus de 4 millions de voix d’écart. Ce renversement spectaculaire offre au vétéran de la gauche brésilienne un 4e mandat. Mais il est entaché par une décision prise en pleine journée électorale par un juge de la Cour suprême, ancien avocat personnel de Lula, qui a prolongé le vote de 2 heures à la demande de sa campagne.
51,78 % contre 48,22 %
Après le dépouillement de 99,89 % des bureaux, Lula obtient 51,78 % des suffrages exprimés, soit 64,24 millions de voix, contre 48,22 % et 59,82 millions de voix pour le sénateur Flávio Bolsonaro, fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro. Lula devient le premier candidat depuis le retour de la démocratie au Brésil à remporter un second tour après avoir été devancé au premier.
Le résultat a déjoué la plupart des pronostics. Les derniers sondages donnaient Flávio Bolsonaro légèrement en tête. Le Global Election Simulator, qui avait anticipé son avance au premier tour, lui attribuait même 100 % de chances de victoire. Après le scrutin, ce modèle a souligné le caractère inhabituel des reports de voix des candidats de droite éliminés et la démobilisation d’une partie des électeurs de Bolsonaro du premier tour, dans un pays aussi polarisé.
La décision du juge Zanin
La polémique porte sur le juge Cristiano Zanin. Ancien avocat personnel de Lula, il a été nommé à la Cour suprême par le président en 2023. Peu après 17 heures, il a ordonné de prolonger le vote jusqu’à 19 heures dans tout le pays, en réponse directe au recours de la campagne de Lula, qui invoquait des perturbations dans les transports en commun. La décision est parvenue aux autorités électorales alors que certains bureaux avaient déjà fermé et que le dépouillement avait commencé. politiquematin
Le Tribunal supérieur électoral (TSE) a aussitôt suspendu le décompte et la publication des résultats, alors que seuls 0,25 % des bulletins avaient été officiellement comptés. Le juge Zanin a ensuite précisé que le vote ne pouvait se poursuivre que dans les bureaux encore ouverts. Résultat : des bureaux ont fonctionné avec des heures de fermeture différentes selon les endroits. latintimes
La campagne de Flávio Bolsonaro avait elle aussi demandé une prolongation, mais seulement pour des communes touchées par de fortes intempéries. Selon le site de vérification Lupa, le juge Zanin a été désigné rapporteur du recours par tirage au sort. politiquematin
Des juristes évoquent une possible annulation
D’après le New York Times, cité par Hungarian Conservative, 4 avocats spécialisés en droit électoral ont qualifié la situation d’inédite, et plusieurs estiment qu’une annulation n’est pas exclue. Le professeur Fernando Neisser, de la Fondation Getulio Vargas, juge qu’un nouveau scrutin pourrait être envisagé s’il était démontré que les heures de fermeture inégales ont pesé sur le résultat.
La journaliste brésilienne Malu Gaspar a par ailleurs affirmé que les ministres du TSE s’étaient tous opposés à la prolongation. Selon la Folha de S.Paulo, des juges de la Cour suprême et du tribunal électoral reconnaissent des erreurs de procédure et s’attendent à des recours, mais restent pour l’heure opposés à une annulation. Aucune juridiction n’a constaté de fraude électorale.
Bolsa Família revalorisée avant le second tour
Entre les 2 tours, Lula a profondément remanié sa campagne. Selon Hungarian Conservative, son gouvernement a augmenté de 15 % les allocations du programme social Bolsa Família et avancé leur versement pour que les bénéficiaires les perçoivent avant le second tour. Ses opposants y voient un usage sans retenue des moyens de l’État au service du président candidat. Ils rappellent aussi que Lula avait menacé, lors d’un débat, de poursuivre Flávio Bolsonaro en justice s’il était réélu.
Réactions à Washington
Les accusations de manipulation ont rapidement franchi les frontières. À Washington, Jason Miller, ancien conseiller de Donald Trump, a mis en cause l’impartialité du juge Zanin. Le commentateur pro-Trump Joey Mannarino a accusé Lula d’avoir volé l’élection, et l’influenceur Eric Daugherty a parlé de « coup d’État ». Ce dernier a comparé la décision à une situation où des bastions démocrates américains auraient pu continuer à voter après la fermeture des bureaux dans les fiefs républicains.
Les relations entre Lula et Donald Trump sont exécrables depuis le retour de ce dernier à la Maison-Blanche en janvier 2025. Les 2 dirigeants se sont opposés à plusieurs reprises sur les poursuites et la condamnation de Jair Bolsonaro, proche du président américain, et les 2 pays sont engagés dans un bras de fer douanier. Flávio Bolsonaro prônait un rapprochement avec Washington. Sa défaite stoppe aux portes de la 1re économie d’Amérique latine la vague de victoires conservatrices observée dans la région depuis 2023.
Flávio Bolsonaro saisit la justice
Dimanche soir, Flávio Bolsonaro n’a pas reconnu sa défaite. Devant ses partisans, il a annoncé un recours : « Nous allons mobiliser notre équipe juridique et chercher à faire annuler ces élections. » L’ampleur de l’écart et le fait que sa propre campagne ait demandé une prolongation en raison des pluies dans le sud du pays rendent toute annulation peu probable, selon les analystes cités par l’AFP.
La défaite de Jair Bolsonaro en 2022 avait été suivie de blocages routiers dans tout le pays, de longues manifestations, puis de l’invasion des bâtiments officiels de Brasília le 8 janvier 2023.
Réélu, Lula devra en outre composer avec un Parlement hostile : sa marge de manœuvre s’annonce limitée après le raz-de-marée conservateur aux législatives organisées 3 semaines plus tôt.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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