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Pendant une semaine, Breizh-Info est en Terre sainte. Martial R, notre envoyé spécial suit, à l’invitation des organisateurs de The Way to Jerusalem, le chemin de pèlerinage qui relie à pied le port de Jaffa à la Vieille Ville de Jérusalem, et que nous vous présentions cet été.
Au fil des jours, il rendra compte à nos lecteurs de ce séjour : les étapes, les sanctuaires, les rencontres le long des 111 km du tracé. Le programme est précis, mais le voyage a commencé par un détour vers le nord, au bord de la mer de Galilée, sur une terre où chaque pierre renvoie aux Évangiles.
Avant Jaffa, la Galilée : notre envoyé spécial sur les traces de Magdala et des Béatitudes
Avant de mettre un pied devant l’autre sur les 111 km qui séparent le port de Jaffa de la Vieille Ville de Jérusalem, il fallait remonter vers le nord pour un détour impératif.
Magdala, port de la Via Maris
Première halte : Magdala, sur la rive occidentale du lac. Il ne reste rien de spectaculaire à première vue, seulement un champ de fouilles. C’est pourtant l’une des découvertes archéologiques les plus marquantes de ces dernières décennies en Galilée.
À l’époque hellénistique, Magdala était une cité prospère. Elle est ensuite devenue un village portuaire actif, posté le long de la Via Maris, la grande route commerciale qui reliait l’Égypte à la Mésopotamie. Sa richesse tenait à une spécialité : la sauce de poisson. On salait et on transformait ici les prises du lac, et un atelier dédié à cette activité a été retrouvé sur le site. Il confirme le poids économique de la ville au tournant de notre ère.
Le site a longtemps dormi sous terre. Il a refait surface par hasard, à l’occasion d’un chantier hôtelier : la première synagogue a été mise au jour en 2009, lors de fouilles de sauvetage menées par l’archéologue Dina Avshalom-Gorni de l’Autorité israélienne des antiquités, à l’emplacement d’un nouvel hôtel.
La pierre à la ménorah
Cette synagogue du 1er siècle figure parmi les plus anciennes de Galilée. En son centre, les archéologues ont découvert un bloc sculpté devenu célèbre sous le nom de pierre de Magdala. Ses reliefs renvoient au Temple de Jérusalem, et l’on y voit l’une des plus anciennes représentations connues de la ménorah, le chandelier à 7 branches. Ce n’est pas un détail : à des jours de marche de la Ville sainte, une communauté juive de pêcheurs et de marchands gravait dans la pierre le symbole du sanctuaire qui faisait battre son cœur religieux.
Autour de la synagogue, la ville se lit presque comme un plan. Il y a une vaste place de marché, des installations hydrauliques et des bains de purification rituelle remarquablement conservés. On distingue aussi des quartiers d’habitation organisés et des traces de salaison du poisson. C’est la vie quotidienne d’une bourgade galiléenne à l’époque de Jésus qui se dessine sous les yeux du visiteur.
Magdala n’a pas encore tout livré. En 2021, une deuxième synagogue de la même période a été découverte dans la localité, une première pour une ville de l’époque du Second Temple. Les fouilles se poursuivent.
Marie-Madeleine
Rien ne permet d’affirmer que Jésus ait enseigné précisément dans cette synagogue. Les Évangiles le montrent parcourant la Galilée et prêchant dans ses lieux de prière, sans nommer celle-ci. Le nom de la ville, lui, reste inséparable d’une figure : Marie de Magdala, Marie-Madeleine, que la tradition rattache fortement à ce bord de lac.
Aujourd’hui, Magdala est devenu un lieu de visite où l’histoire juive et la tradition chrétienne se superposent. Le passé marchand, les fouilles en cours et la mémoire spirituelle du lieu attirent des visiteurs du monde entier.
L’église des Béatitudes
Quelques kilomètres plus loin, la route grimpe sur les hauteurs qui dominent le lac. L’église des Béatitudes se dresse au milieu d’un vaste jardin, face à un panorama qui embrasse toute la mer de Galilée. Le lieu est traditionnellement associé au Sermon sur la montagne, où Jésus proclame les Béatitudes.
Le plan de l’édifice est octogonal, et ce choix est symbolique. Les 8 côtés renvoient aux 8 Béatitudes retenues par la tradition catholique : douceur, miséricorde, paix, justice. Le contraste avec les Dix Commandements de l’Ancien Testament, formulés comme des prescriptions, est souvent souligné, même si les deux textes se complètent dans la foi chrétienne.
Les matériaux accentuent cette singularité. L’église est construite en basalte local, et ses façades grises, presque noires, tranchent avec la blancheur des colonnes. À l’intérieur, le ton change : l’espace est plus lumineux et la coupole est rehaussée de dorures.
Antonio Barluzzi
L’église porte la signature d’Antonio Barluzzi (1884-1960), architecte italien considéré comme l’un des grands bâtisseurs de la Terre sainte au XXe siècle. On lui doit aussi la basilique de l’Agonie au jardin de Gethsémani, celle de la Transfiguration sur le mont Thabor, l’église de la Visitation à Ein Karem et le sanctuaire de Dominus Flevit à Jérusalem. Sa marque de fabrique était d’accorder la forme de ses édifices au sens religieux de chaque site. Aux Béatitudes, le résultat est un sanctuaire où le bâtiment, le jardin et le paysage se répondent.
Ein Karem, où Barluzzi a bâti l’église de la Visitation, sera justement l’avant-dernière étape du chemin vers Jérusalem.
De Jaffa à la Ville sainte
Le détour galiléen terminé, place au cœur du reportage. The Way to Jerusalem se donne pour mission de rouvrir les anciennes routes de pèlerinage vers Jérusalem et de les rendre praticables à pied, pour les Israéliens comme pour les marcheurs venus de l’étranger. Le tracé traverse les communautés locales. Les fondateurs y voient un moyen de provoquer des rencontres entre les peuples, autant qu’une démarche personnelle pour celui qui marche.
Le chemin s’inscrit dans plusieurs réseaux européens. Il est membre d’Iter Vitis, itinéraire culturel du Conseil de l’Europe consacré à la vigne, et la culture du vin fait partie intégrante du parcours. Il est également relié au Camino del Santo Grial, qui suit le trajet attribué au Saint Graal de Jérusalem jusqu’à Valence. Enfin, il est référencé sur Pilgrimaps, plateforme internationale dédiée aux routes de pèlerinage.
Les prochains volets de ce carnet de route suivront les 6 étapes, du port de Jaffa jusqu’à la porte de Jaffa, en passant par Ramleh, Latroun, Abou Gosh et Ein Karem.
Informations : thewaytojerusalem.org et https://fr.goisrael.com/
Martial Roudier
Photo d’illustration : breizh-info.com et Martial Roudier (TDR)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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