Slovaquie. Robert Fico dénonce un « coup d’État policier » avant les élections

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Le Parlement slovaque a tenu session extraordinaire, lundi 21 août, pour discuter du dernier scandale entourant les services de sécurité du pays d’Europe centrale. L’ancien premier ministre Robert Fico, dont le parti est en tête des sondages d’opinion, a suggéré que les dernières actions de la police slovaque constituaient une tentative secrète d’influencer les prochaines élections.

Le chef de la police, István Hamran, a annoncé jeudi 17 août que de hauts responsables des services de sécurité ont été accusés de former un groupe criminel et de conspirer pour abuser du pouvoir, notamment le chef actuel et l’ancien chef du Service d’information slovaque (SIS), ainsi que le directeur de l’Autorité de sécurité nationale (NBU).

Deux affaires distinctes font l’objet d’une enquête ; la plus importante concerne sept personnes qui auraient conspiré pour entraver des enquêtes dans des affaires de corruption remontant à l’époque de l’ancien premier ministre Robert Fico. Ces révélations interviennent une semaine à peine après l’arrestation de Tibor Gašpar, chef de la police sous l’ère Fico, pour corruption et liens avec le crime organisé. M. Gašpar brigue un siège au parlement en tant que candidat du parti social-démocrate-populiste de M. Fico, Direction-Démocratie sociale (Smer), qui est actuellement dans l’opposition.

Les élections auront lieu le 30 septembre et le Smer est en tête des sondages d’opinion. Selon les dernières projections, le parti devrait obtenir environ 20 % des voix. La confiance dans les partis de gouvernement s’est considérablement effritée depuis les dernières élections de 2020, puisque trois autres partis d’opposition sont en passe d’arriver en deuxième, troisième et quatrième position : le parti libéral Progressive Slovakia (17 %), le parti social-démocrate Hlas, formé par d’anciens membres du Smer (13 %), et le parti d’extrême-droite Republika (9 %). La formation d’un nouveau gouvernement sera difficile, car cinq autres partis devraient également entrer au parlement.

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Robert Fico, premier ministre entre 2006-2010 et 2012-18, a critiqué le gouvernement pour l’envoi d’armes en Ukraine et a appelé à une solution diplomatique à la guerre lancée par la Russie l’année dernière. En s’opposant à l’immigration massive vers l’Europe et en dénonçant l’ingérence du milliardaire américain George Soros dans les affaires intérieures de la Slovaquie, M. Fico a trouvé des alliés sur la scène politique conservatrice, comme le premier ministre hongrois Viktor Orbán.

M. Fico a qualifié les accusations portées contre les chefs de la sécurité de « coup d’État policier », ce qui pourrait nuire à son parti avant les élections, et a demandé la tenue d’une session extraordinaire du Parlement. Depuis que le gouvernement de coalition centre-droit-libéral a pris le pouvoir en 2020, un certain nombre de hauts fonctionnaires, d’officiers de police, de juges, de procureurs, de politiciens et d’hommes d’affaires ont été accusés de corruption et d’autres crimes. M. Fico lui-même et son ancien ministre de l’intérieur, Robert Kaliňák, ont également été accusés l’année dernière d’avoir créé un groupe criminel, mais les partis au gouvernement n’ont pas réussi à rassembler suffisamment de voix au parlement pour retirer à M. Fico son immunité juridique. Le chef de l’opposition avait alors affirmé que « la société slovaque actuelle n’est pas démocratique, la Slovaquie n’est pas un État de droit », mais une « province américaine ».

Tout comme l’année dernière, les autorités hongroises se sont rangées du côté de M. Fico cette semaine. Le ministre des affaires étrangères, Péter Szijjártó, a déclaré que les poursuites contre les hommes politiques qui s’opposent au « courant libéral international dominant et défendent courageusement les intérêts nationaux » ont lieu partout dans le monde, y compris en Slovaquie. Tamás Menczer, secrétaire d’État du ministère, a suggéré que l’arrestation de Tibor Gašpar pourrait avoir délibérément coïncidé avec la campagne électorale.

Dans une lettre ouverte, huit députés slovaques du Parlement européen ont rejeté les remarques de Mme Szijjártó, déclarant que « la lutte contre la corruption est importante à tous les niveaux de la société et que les autorités chargées de l’application de la loi ont un rôle indispensable à jouer ».

Pendant ce temps, la présidente de la Slovaquie, Zuzana Čaputová, a dénoncé les accusations de Robert Fico vendredi, affirmant que la police n’est pas en train de faire un coup d’État. Michal Šimečka, leader de Progressive Slovakia – le parti de Zuzana Čaputová avant de devenir présidente – a abondé dans le même sens, déclarant que de plus en plus de preuves s’accumulaient sur la « machine à corruption » qui avait fonctionné sous Fico.

Crédit photo : DR
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