La France du travail s’arrête de plus en plus souvent. Selon la 5e édition de l’Observatoire des arrêts de travail, publiée par le groupe de protection sociale APICIL avec sa filiale de conseil RH JLO, le taux d’absentéisme a atteint 4,68 % en 2025, contre 4,41 % en 2024 — dépassant son record de 2022 (4,61 %). L’étude s’appuie sur des données massives : plus de 55 000 entreprises clientes et plus de 1 million de salariés du secteur privé, à partir des déclarations sociales nominatives de 2022 à 2025.
Plus d’un salarié sur 4 arrêté dans l’année
Le moteur de la hausse tient d’abord aux arrêts longs : ceux de plus de 90 jours représentent désormais plus de 50 % du taux d’absentéisme total, et ceux de plus de 30 jours plus de 73 %. Or ces arrêts longs ont un visage bien identifié : 42,75 % sont liés à des troubles psychiques — en hausse de près de 3 points en 1 an — et 30,54 % à des troubles musculosquelettiques. À l’autre bout du spectre, le micro-absentéisme explose : près d’1 arrêt sur 4 (23,55 %) dure moins de 3 jours, soit une progression de plus de 70 % depuis 2022. Au total, 27,68 % des salariés ont connu au moins un arrêt dans l’année, avec en moyenne 1,90 arrêt par salarié absent. Seule la durée moyenne recule légèrement, à 19,45 jours. Fait marquant de 2025 : les temps partiels thérapeutiques, dopés par la loi Santé au travail de 2021, deviennent le 2e motif d’arrêt (4,57 %, +32 % en proportion), devant les accidents du travail — mais leur durée moyenne chute de 8 jours. La maladie reste, de très loin, le 1er motif (90 % des arrêts).
Ouvriers, femmes, seniors : les inégalités se creusent
Derrière la moyenne, des écarts considérables. Les ouvriers affichent un taux d’absentéisme de 6,52 %, près de 2,6 fois celui des cadres (2,52 %). Les femmes (5,60 %) devancent nettement les hommes (3,76 %), un écart qui s’est creusé d’1 point en 3 ans et culmine chez les 30-39 ans — l’étude y voit le poids des responsabilités parentales. Les salariés en CDI (4,97 %) s’arrêtent 2,5 fois plus que ceux en CDD (1,99 %), la précarité dissuadant sans doute certains de s’arrêter même lorsque leur santé le justifierait. L’âge pèse également : 5,92 % chez les 60 ans et plus, avec des arrêts de 32,55 jours en moyenne, contre 11,81 jours chez les moins de 30 ans. Mais le cumul des facteurs est le plus parlant : un ouvrier de plus de 60 ans (8,94 %) s’absente 5,69 fois plus qu’un cadre de moins de 30 ans (1,57 %) — et un cadre de plus de 60 ans s’arrête moins qu’un ouvrier de moins de 30 ans, preuve que les conditions de travail pèsent davantage que l’âge. Côté secteurs, la santé est de loin la plus touchée (7,22 %, avec les arrêts les plus longs), devant l’économie sociale (6,28 %) et la filière alimentaire et agricole (5,95 %) ; banques et assurances ferment la marche (2,80 %).
Signal préoccupant pour l’avenir : chez les plus jeunes salariés, plus de 40 % des arrêts sont liés à des troubles psychologiques ou psychiques. Les auteurs de l’étude insistent : une part importante de cet absentéisme serait évitable, à condition d’agir sur les causes — usure physique, risques psychosociaux, adaptation des postes au vieillissement — plutôt que sur le seul contrôle des absences. « L’absentéisme n’est pas une fatalité », résume Stéphane Roose, directeur associé du pôle conseil du Groupe JLO, pour qui il constitue d’abord un indicateur de la santé des salariés et du fonctionnement des organisations. Côté assureur, on souligne que la fréquence croissante des arrêts courts interroge les modèles de couverture et pousse certaines entreprises à revoir leurs niveaux de franchise.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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