Après un été marqué par la chaleur et la sécheresse, les conséquences se font sentir sur les étals. Selon les relevés du magazine Que Choisir à partir des tarifs du marché de Rungis, les légumes de saison affichaient en août une hausse moyenne de 17 % sur un an. Les fruits résistent davantage, avec une progression limitée à 2 %, mais les écarts restent importants selon les produits et leur provenance.
Les cultures ont parfois été durement touchées. Que Choisir rapporte des récoltes en recul de 20 à 30 % en moyenne pour les carottes, les oignons, l’ail ou les échalotes, et des pertes de 50 % pour les haricots, les poireaux et les choux-fleurs. Dans certaines exploitations, les pertes ont même atteint 100 % pour les brocolis, les pruneaux ou les petits fruits rouges. Pommes, myrtilles et abricots ont également souffert, avec des fruits parfois de plus petit calibre.
Des récoltes d’automne fragilisées
Les difficultés devraient se prolonger avec certaines productions automnales. Selon Que Choisir, les récoltes de pommes de terre et de poireaux s’annoncent elles aussi mauvaises. Parmi les légumes déjà particulièrement touchés par les hausses de prix figurent l’artichaut, la laitue, le poivron ou encore la tomate.
Il n’est toutefois pas question d’une pénurie généralisée. Interrogé par la même source, le marché de Rungis indique que l’approvisionnement du pays a été assuré pendant toute la canicule sans rupture et que les volumes globaux français de saison sont restés stables par rapport à l’année précédente.
Les évolutions restent très contrastées : le melon a ainsi vu son prix reculer d’environ un tiers et la courgette de près de 40 %. Rungis estime à seulement 1 % la hausse globale de l’ensemble des fruits et légumes, français et importés. Ce chiffre n’est toutefois pas directement comparable au +17 % calculé par Que Choisir pour les seuls légumes de saison, les deux données reposant sur des périmètres différents.
Les importations ne suffisent pas
Les pays voisins ont eux aussi souffert. L’Espagne, premier fournisseur de la France en fruits et légumes, a connu un été marqué par des vagues de chaleur et de vastes incendies. La Belgique et les Pays-Bas ont également subi des conditions particulièrement chaudes.
À cela s’ajoute le coût du transport de certains produits exotiques. Avec notamment l’effet de la hausse des cours du pétrole sur les marchandises acheminées par avion, comme les litchis, avocats, kiwis ou mangues.
L’automne ne s’annonce donc pas comme une saison de pénurie générale, mais les écarts de prix devraient rester importants selon les produits. La séquence souligne aussi la vulnérabilité de l’agriculture face aux épisodes de chaleur et les limites des importations lorsque plusieurs grands producteurs européens sont touchés simultanément.
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