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Dans sa dernière livraison, la revue Hungarian Conservative publie une longue analyse signée Michael O’Shea, chercheur invité au Danube Institute, consacrée à l’immigration extra-européenne dans les 4 pays du groupe de Visegrád (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie). Le constat de départ : 10 ans après la crise migratoire de 2015, l’opposition de ces sociétés à l’immigration extra-européenne reste aussi ferme, et les 4 pays ont encore rejeté, en novembre 2025, les derniers quotas de répartition de migrants voulus par Bruxelles. Mais derrière cette unité de façade, l’auteur décrit des réalités nationales de plus en plus contrastées — et une immigration légale de travail qui progresse partout.
République tchèque : 10 % d’étrangers, une immigration dominée par les Ukrainiens
Fin mars 2025, la République tchèque comptait 1 073 303 ressortissants étrangers, soit environ 10 % de sa population — au premier rang desquels les Ukrainiens (566 151), les Slovaques (122 455) et les Vietnamiens (69 281), communauté ancienne et bien implantée héritée de l’époque communiste : « Nguyen » y serait le 9e nom de famille le plus porté. Le pays, entouré d’États membres de l’UE, reste peu exposé à l’immigration illégale de transit (en recul de 62,6 % au 1er semestre 2025). L’auteur relève toutefois une ambiguïté politique : élu en octobre 2025 sur une ligne de fermeté migratoire, Andrej Babiš a vu des cadres de son parti ANO évoquer le besoin de 100 000 travailleurs immigrés qualifiés supplémentaires.
Hongrie : la fermeté d’Orbán, l’inconnue Magyar
La Hongrie d’Viktor Orbán s’était imposée comme le fer de lance européen du refus migratoire, tout en développant un modèle de travailleurs invités temporaires : environ 100 000 travailleurs étrangers sous contrat, 255 000 étrangers en séjour légal en 2024, avec des arrivées croissantes d’Inde, du Vietnam, d’Indonésie ou des Philippines via des permis « 2+1 » (2 ans renouvelables 1 an), notamment dans la livraison à Budapest. S’y ajoute une communauté chinoise estimée à 30 000 personnes dans la capitale. Mais l’éviction d’Orbán aux législatives de 2026 rebat les cartes : selon l’analyse, le nouveau Premier ministre Péter Magyar aurait accepté le pacte migratoire européen, dans la foulée du déblocage par la Commission de 16,4 milliards d’euros de fonds gelés — un rapprochement avec Bruxelles « à la Tusk », assorti de gestes symboliques envers un électorat resté hostile à l’immigration, que l’auteur juge probable.
Pologne : de pays d’émigration à pays d’immigration
C’est en Pologne que l’analyse décrit les mutations les plus spectaculaires. Officiellement, Varsovie refuse le pacte migratoire — le président Karol Nawrocki l’a signifié par écrit à Ursula von der Leyen en octobre 2025 — et tient sa frontière biélorusse, cible depuis 2021 d’une guerre hybride migratoire orchestrée par le régime Loukachenko, qui a coûté la vie à un soldat polonais poignardé en 2024. Un sondage Ipsos de 2024 donnait 67 % des Polonais favorables au refoulement des migrants à cette frontière. Mais dans le même temps, le pays, devenu attractif économiquement, a admis des nombres records de travailleurs extra-européens — sous le gouvernement PiS déjà, puis sous Donald Tusk, dont le gouvernement a discrètement annoncé 49 centres d’intégration pour étrangers. L’auteur énumère l’implantation croissante de mafias géorgienne et tchétchène, plusieurs faits divers impliquant des migrants (à Varsovie, Toruń ou Lublin), la multiplication des mosquées de Gdańsk à Katowice, et l’apparition d’un tissu d’ONG pro-migrants financées notamment par des fonds liés à l’Open Society. Un professeur d’économie de l’université de Varsovie, cité dans l’étude, estime que la Pologne « a clairement changé de statut » pour devenir un pays d’immigration.
Slovaquie : pays de transit sous tension
La Slovaquie demeure essentiellement un pays de transit vers l’Autriche et l’Allemagne. Le pays a connu un pic en 2023, avec plus de 47 000 entrées illégales — 11 fois plus que l’année précédente —, épisode qui avait pesé sur les législatives remportées par Robert Fico avant un retour à environ 1 200 entrées au 1er semestre 2024. L’analyse s’attarde sur le centre pour mineurs isolés de Medzilaborce, dont plus de 100 enfants du Proche-Orient étaient portés disparus début 2024, la plupart ayant vraisemblablement poursuivi leur route vers l’Ouest. En 10 ans, le nombre de résidents étrangers légaux a triplé, passant de 85 000 à plus de 294 000, Ukrainiens en tête.
En conclusion, l’auteur pose la question qui traverse toute son analyse : ces 4 pays gagnent-ils du temps avant l’émergence d’un autre modèle économique, ou glissent-ils lentement, par le canal de l’immigration légale de travail, vers la situation qu’ils dénoncent en Europe de l’Ouest ? Il rappelle à ce titre le précédent des Gastarbeiter allemands des années 1960, travailleurs « temporaires » devenus définitifs — et cette maxime attribuée tantôt à Milton Friedman, tantôt à Ronald Reagan : rien n’est plus permanent qu’un travailleur temporaire.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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2 réponses à “Immigration extra-européenne : où en sont vraiment la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie et la Slovaquie ? Une analyse du groupe de Visegrád”
« Immigrés » est une catégorie trop large. Les perspectives changent si l’on considère les pays d’origine. En Pologne ou en République tchèque, un Ukrainien est un immigré comme l’était un Italien dans la France de l’après-guerre (ou dans la France d’aujourd’hui, d’ailleurs). Vous écrivez « République tchèque : 10 % d’étrangers », mais huit de ces dix sont tout de même des Slaves… Par contraste, la Hongrie d’Orban, malgré une posture anti-immigration, accueillait massivement des immigrés non européens.
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