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Dans les prisons bretonnes, surpopulations, tensions et agressions

Depuis le début de l’année, le contexte reste tendu dans les prisons bretonnes – les tensions du dehors rejaillissent derrière les murs, mais aussi la surpopulation pénale et la radicalisation de certains détenus. Plus que jamais, les prisons demeurent des poudrières.

A la maison d’arrêt de Brest, le 14 février, une détenue du quartier femme assez corpulente projette la médecin au sol et lui donne un coup de poing lors de la consultation ; le 16 février un détenu à peine arrivé en prison menace d’égorger des gens après qu’une veste à capuche lui soit confisquée et tente de frapper un surveillant avec un stylo ; le 3 avril dernier, un détenu a agressé un surveillant en tentant de lui tordre le poignet, alors qu’il intervenait pour séparer une rixe entre deux détenus dans une prison très tendue – 472 détenus pour 254 places alors.

Le premier mai à la prison de Brest : des détenus qui crient Allah Akbar

Le 11 avril, alors qu’il y a désormais 485 détenus pour toujours 254 places, « les incidents (agressions sur personnels, bagarre en cours de promenade, tirs de mortiers sur le mirador [le 31 janvier à 2h15 et 7h du matin] se multiplient aux quatre coins de l’établissement », alerte FO Pénitentiaire. Le 23 avril un détenu qui a déjà tenté de voler une arme d’un policier lors de son déferrement et de s’évader, s’automutile (36 points de suture) et est conduit aux urgences. Sur le parking, il tente de partir en courant malgré des menottes aux chevilles.

Le 1er mai, c’est carrément une mutinerie, avec une douzaine de détenus qui refusent de réintégrer leur cellule au quartier 4/2 en criant « Allah Akbar » et en faisant un feu dans la cour de promenade. Les ERIS – le GIGN de la pénitentiaire – ont du intervenir pour remettre tout ce monde en cellule . Le 6 mai, des colis avec « alcool, téléphones portables, arme artisanale confectionnée avec des lames de rasoir, lames de scie... » sont projetés de l’extérieur sur le terrain de sport ; alors que les moniteurs arrêtent la séance, des détenus les menacent de mort. En février déjà, 426 grammes de résine et un couteau de 18 cm sont retrouvés sur ce même terrain de sport, projetés depuis l’extérieur.

A Saint-Malo, le 9 avril, un homme connu pour ses troubles de comportement à la maison d’arrêt enguirlande le médecin, puis tabasse un surveillant – auquel il casse une côte (15 jours d’ITT).

La maison d’arrêt pour femmes de Rennes, la cage aux folles ?

A la maison d’arrêt pour femmes de Rennes, le 29 mai FO Pénitentiaire dénonce une « situation qui se dégrade de jour en jour », avec « l’arrivée de cas psychiatriques parfaitement ingérables en détention . Violences, tapages, insultes, menaces, cris et hurlements sont devenus le quotidien des collègues, qui subissent un boucan infernal […] c’est intenable pour les personnels […] qui sera en première ligne quand ça dérapera ?! ».

Le 9 juin le même syndicat fait état d’une détenue arrivée par MOS [mesure d’ordre et de sécurité, souvent utilisée soit pour des détenus qui ont déjà agressé des personnels dans d’autres prisons ou conduit une émeute, soit pour des profils radicalisés] avec un « profil psychiatrique » qui casse tout dans sa cellule, et une autre arrivée le jour même « connue pour troubles psychiatriques et sa pyromanie » qui agresse une surveillante en la tirant par le cou ; dans l’aile des détenues psychiatriques, une détenue se mutile, une autre casse les néons de sa cellules. Aux fous !

Des mineurs ultra-violents à l’EPM d’Orvault

A l’établissement pénitentiaire pour mineurs (ou ceux qui se font passer pour tels) d’Orvault près de Nantes, le 15 avril « un futur majeur en détention provisoire pour procédure criminelle » agresse un brigadier chefen le bousculant et en lui donnant deux violents coups au nez et à la tempe. Le 31 mai un autre « mineur prév enu dans une affaire criminelle agresse le surveillant d’unité, le brigadier-chef de roulement et un éducateur », qu’il tente d’étrangler. FO Pénitentiaire s’étrangle… en constatant que son transfert vers un autre établissement n’est pas demandé. Une autre agression avait été signalée le 25 janvier par un « mineur aux nombreux antécédents disciplinaires ».

Agressions en chaîne et surpopulation à la maison d’arrêt de Nantes

A la maison d’arret de Nantes-Carquefou, le 23 avril, un détenu jette une surveillante à terre ; le 29, une autre surveillante qui sépare deux détenus dans une cellule surpeuplée a été frappée au visage.

Le 10 mai, pas moins de 44 détenus se mutinent et refusent de rentrer en cellule après la promenade, pendant deux heures. « Aucun meneur n’a été identifié », et aucune violence n’a cependant eu lieu, relève FO Pénitentiaire qui craint un « été chaud » en détention. Le 27 mai un détenu monte sur le toit de la cour de promenade du quartier arrivant, puis agresse physiquement et verbalement les surveillants une fois descendu. Le 29 deux détenus différents agressent des surveillants et se bagarrent entre eux. Le 30 juin, un détenu qui sort des toilettes rabat la porte dans le visage d’une surveillante et lui met un coup de pied. La surpopulation atteint le 1er juillet « 200% dans le quartier détention hommes et arrivants ». D’autres agressions de surveillants par des détenus sont recensées le 11 janvier, le 27 janvier – par un détenu tout juste majeur, le 2 février, etc.

Lorient : problèmes de cantine et surpopulation pénale

A la maison d’arrêt de Lorient, le 3 mai, deux bagarres dans des cellules surpeuplées émaillent la soirée, à 19h45 et 21h45 – là encore FO Pénitentiaire alerte sur la surpopulation et le manque de personnel. Plus tôt dans la journée vers 11h30, un détenu qui rencontrait des problèmes de cantine – la possibilité d’acheter du tabac, des produits qui ne font pas partie des rations pour améliorer l’ordinaire – a frappé l’officier responsable du centre de détention et un collègue venant en renfort.

Illustrations  : DR
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3 réponses à “Dans les prisons bretonnes, surpopulations, tensions et agressions”

  1. Raymond NEVEU dit :

    Vite intervention du juge Lynch qui pratique les bonnes méthodes et réduit le nombre de délinquants de façon expéditive.

  2. Franck dit :

    A quand des prisons à la Sud Américaine?

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