Le groupe A de cette Coupe du monde nord-américaine a rendu ses deux premiers verdicts dans la nuit du 11 au 12 juin. Le Mexique et la Corée du Sud prennent la tête de la poule avec trois points chacun, l’un grâce à la ferveur de son public, l’autre par la force de son collectif.
Le Mexique lance la fête à domicile
Quarante ans après le Mundial 1986, le stade Aztèque — rebaptisé Estadio Ciudad de México pour l’occasion par la FIFA — a retrouvé le goût des grands soirs. Devant plus de 80 000 spectateurs en liesse, le Mexique a disposé de l’Afrique du Sud sur le score de deux buts à zéro, dans une rencontre maîtrisée malgré quelques imprécisions.
Julian Quiñones a ouvert le score dès la neuvième minute, donnant le ton d’une domination mexicaine qui ne s’est plus démentie. L’avantage numérique consécutif à l’expulsion de Sphephelo Sithole en seconde période a facilité la tâche d’une équipe qui a ensuite déroulé sans totalement convaincre sur le plan technique. Raul Jiménez a alourdi le score d’une tête sur centre pour clore les débats. Seule fausse note : l’expulsion stupide de César Montes dans le temps additionnel, qui privera la sélection de Javier Aguirre d’un défenseur pour la suite.
Côté sud-africain, le verrou en 5-3-2 de Hugo Broos a volé en éclats trop tôt pour espérer résister. Les Bafana Bafana n’ont jamais su se montrer dangereux et repartent de Mexico sans point ni but.
Pour el Tricolor, l’objectif reste le même qu’à chaque édition : enfin passer le cap du cinquième match, ce fameux Quinto Partido qui constitue depuis des décennies le plafond de verre de la sélection mexicaine.
La Corée du Sud renverse la situation à Guadalajara
Quelques heures plus tard, à Guadalajara, la Corée du Sud a livré une prestation bien plus enthousiasmante, dominant nettement la République tchèque avant de s’imposer sur le score de deux buts à un dans une seconde période à rebondissements.
Très propres techniquement, les Coréens ont longtemps buté sur un Matej Kovar en état de grâce dans les buts tchèques, repoussant notamment une double parade de grande classe face à Hwang In-beom et Lee Kang-in dès la première heure de jeu. Le réveil tchèque est venu d’une touche longue que Ladislav Krejci a transformée en ouverture du score contre le cours du jeu à la cinquante-neuvième minute — une douche froide pour des Coréens qui avaient largement dominé jusque-là.
La réponse sud-coréenne a été immédiate et convaincante. Hwang In-beom a égalisé huit minutes plus tard d’un crochet suivi d’un piqué précis, avant qu’Oh Hyeon-gyu, entré en jeu depuis peu, ne donne l’avantage définitif à son équipe à la quatre-vingtième minute d’un plat du pied dans la surface. Dans les dernières minutes, le gardien Kim Seung-gyu a été décisif à deux reprises pour préserver le résultat, sortant notamment une frappe d’Adam Hlozek puis captant un tir de Michal Sadilek en fin de temps additionnel.
Les Tchèques, qui n’ont pas gagné en Coupe du monde depuis exactement vingt ans — une victoire contre les États-Unis le 12 juin 2006 — repartent bredouilles d’une rencontre où leur infériorité technique a été manifeste. Leurs seules armes restent les coups de pied arrêtés, sur lesquels leur gabarit physique leur confère un avantage réel.
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Un groupe A qui s’annonce ouvert
Mexique et Corée du Sud se retrouveront le 19 juin pour ce qui s’annonce déjà comme le choc décisif du groupe. D’ici là, la République tchèque et l’Afrique du Sud se disputeront leurs chances de survie le 18 juin. Le groupe A, malgré ces premières certitudes, reste entièrement ouvert.
Photo : DR
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