Énergie : une étude bretonne tire la sonnette d’alarme sur les prix à horizon 2035

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Une étude publiée en juin 2026 par Kerlotec, groupe d’entreprises bretonnes basé près de Guingamp, et Goodwill-management, cabinet de conseil en stratégie soutenable rattaché au groupe Baker Tilly, dresse un tableau préoccupant des risques énergétiques auxquels les entreprises françaises seront exposées dans la décennie à venir. Rédigée par Alan Fustec, président de Kerlotec et directeur R&D de Goodwill-management, ainsi que par Léo Walter et Timothée Fustec, cette synthèse de 41 pages s’appuie sur des sources institutionnelles de référence — Agence internationale de l’énergie (AIE), OPEP, RTE, Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), Shift Project — pour alerter les dirigeants sur des risques structurels qui dépassent largement la crise conjoncturelle liée à la guerre en Iran.

Une étude de fond, pas un commentaire de l’actualité

Les auteurs prennent soin de le préciser dès l’avant-propos : leur travail ne porte pas sur les turbulences géopolitiques actuelles, mais sur les tendances à dix ans. Rédigée à l’origine en mars 2026, alors que le baril de Brent venait de franchir les 100 dollars sous l’effet du conflit iranien, l’étude s’attache à distinguer les chocs conjoncturels — par définition temporaires — des tensions géologiques de fond, qui elles, ne se résorbent pas.

L’horizon est 2035. La question posée est simple : les entreprises françaises peuvent-elles raisonnablement planifier leur avenir sans intégrer le risque énergétique comme variable centrale de leur stratégie ?

Le pétrole : le risque le plus sévère

Sur le pétrole, l’étude confronte deux lectures du monde radicalement opposées. L’AIE et l’OPEP estiment, dans leurs scénarios tendanciels, que la demande mondiale restera croissante jusqu’en 2050 et que l’offre pourra y répondre. Le Shift Project — dont l’analyse repose sur les données de Rystad Energy — aboutit à une conclusion inverse : les seize principaux fournisseurs de l’Europe, qui représentent 95 % de son approvisionnement, verraient leur capacité de production divisée par deux d’ici à 2050. D’autres experts internationaux, dont l’ancien géologue de Total Jean Laherrère, convergent vers un pic mondial de production de pétrole tous types confondus avant 2040.

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Les auteurs notent par ailleurs que les réserves prouvées de l’OPEP n’ont jamais diminué depuis quarante ans malgré des milliards de barils extraits chaque année, ce qui constitue, selon eux, un signal de surreprésentation volontaire des réserves par des pays dont les quotas de production dépendent directement de ces chiffres.

Conclusion retenue : hors perturbation géopolitique, le prix du baril devrait atteindre les 100 dollars dès 2035 en tendance structurelle. Avec les aléas géopolitiques intégrés, les auteurs tablent plutôt sur 120 dollars dans les dix prochaines années, avec des épisodes possibles à plus de 150 dollars. Pour qu’une entreprise maintienne sa facture pétrolière stable en valeur, elle devrait réduire sa consommation de 5 % par an — soit trois fois le rythme moyen national observé depuis 2007.

Le gaz : moins critique, mais sous tension

Sur le gaz naturel, les tensions géologiques mondiales ne devraient se faire sentir qu’à partir des années 2040. Mais pour l’Europe, et donc pour la France, plusieurs facteurs de risque s’accumulent dès maintenant : déclin de la production européenne depuis vingt ans, dépendance croissante au GNL acheminé par bateau — soit 45 % de l’approvisionnement actuel — qui expose les acheteurs européens à la concurrence mondiale sur le marché spot, et incertitude sur les approvisionnements russes à long terme.

L’étude intègre également la question du biogaz, dont la PPE3 prévoit qu’il représentera 40 % de la consommation de gaz française en 2035 — objectif jugé très volontariste. Or le coût de production du biogaz est environ trois fois supérieur à celui du gaz naturel. Si la trajectoire se réalise même partiellement, le prix du MWh de gaz en France pourrait augmenter de 80 % en dix ans à coût du gaz naturel constant.

L’électricité : des risques réels mais moindres

Sur l’électricité, les auteurs rappellent une situation paradoxale : la France est actuellement en surproduction d’environ 7 %, exportant en 2025 l’équivalent de la consommation belge. Cette situation tient à des investissements réalisés après la crise de 2022 pour prévenir un risque de pénurie qui ne s’est pas concrétisé, combinés à une sortie des énergies fossiles plus lente que prévu.

Ce trop-plein sera de courte durée. L’étude pointe la croissance explosive de la consommation électrique liée à l’intelligence artificielle : la part des centres de données dans la consommation nationale pourrait passer de 7 % aujourd’hui à 33 % en 2035. En intégrant cette donnée — absente des projections officielles du Sénat — la production d’électricité risque de se retrouver en dessous de la consommation à horizon 2035.

S’ajoutent à cela les fragilités du programme EPR2 : budget déjà porté de 51,7 à 80 milliards d’euros, premier réacteur décalé de 2035 à 2038, risques de retards supplémentaires. La Cour des comptes a elle-même évoqué en 2025 un possible échec du programme. La PPE3, adoptée par décret en février 2026, est sévèrement critiquée par le Haut Conseil pour le Climat, qui souligne sa dépendance excessive à un calendrier nucléaire déjà incertain et des objectifs de réduction de la consommation d’énergie finale deux fois et demie plus ambitieux que ce qui a été accompli sur la période 2012-2024.

La hausse du prix de l’électricité pour les entreprises est estimée à environ 3 % par an en euros constants si la PPE3 tient ses délais, ce qui n’est pas acquis.

Sept recommandations pour les dirigeants

Face à ce tableau, l’étude formule sept recommandations pratiques : établir un schéma directeur énergétique à dix ans avec un référent dédié ; mettre en œuvre un plan de sobriété et d’efficacité énergétique structurel ; engager l’électrification du mix énergétique malgré les risques sur le réseau ; développer une souveraineté énergétique locale fondée sur les énergies renouvelables et le stockage ; s’organiser en mutualisant les ressources avec d’autres entreprises partenaires ; exploiter toutes les aides disponibles sans en conditionner l’action à leur obtention ; et, enfin, accepter d’ores et déjà de fonctionner avec une énergie structurellement plus chère.

Les auteurs concluent sur un avertissement : la facture énergétique moyenne des entreprises risque d’être multipliée par 1,5 à 2 dans les dix prochaines années. Ce que les entreprises n’ont pas fait pour le climat, elles devront le faire, selon eux, pour leur propre pérennité.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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2 réponses à “Énergie : une étude bretonne tire la sonnette d’alarme sur les prix à horizon 2035”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    Que de blabla, que d’études qui ne parlent pas du vrai problème c’est à dire l’Europe, que d’économies nous ferions sans les parasites de Bruxelles. FREXIT et vite! la pouffe de la Commission Européenne nous parle de démocratie mais qui l’a élue?

  2. Ronan dit :

    La France d’ici n’a pas de pétrole certes mais elle a des ressources en Guyane et en Lorraine ; c’est ce qu’a dit Florian PHILIPPOT sur X :  » Ce jeudi 11 juin, l’Assemblée nationale examine la proposition de loi adoptée par le Sénat visant à lever, dans les territoires d’outre-mer, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures. Dans une motion solennelle, l’association des maires de Guyane appelle les députés à prendre toute la mesure de cet enjeu historique ! »
    (cf : https://la1ere.franceinfo.fr/guyane/un-enjeu-historique-les-maires-de-guyane-soutiennent-la-proposition-de-loi-visant-a-lever-l-interdiction-d-exploitation-des-hydrocarbures-1709272.html
    )

    La France doit exploiter son propre pétrole (il y a aussi l’hydrogène blanc très propre en Lorraine, première réserve mondiale) et cesser par idéologie de se brider et d’en importer massivement !

    ➡️ Ça augmentera notre indépendance énergétique nationale
    Ce sera moins polluant
    Ce sera moins cher
    Ça créera des richesses et de l’emploi en France, notamment outre-mer

    La France doit à nouveau se projeter dans l’avenir, à nouveau investir, avancer !

    ➡️ Députés votez cette loi aujourd’hui ! » Alors oui ? la France a donc des atouts non négligeables pour faire face aux prix actuels du baril de pétrole sans oublier l’énergie nucléaire et les barrages électriques en plus.

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