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À l’approche des fêtes de Noël, une enquête menée par Toluna-Harris Interactive pour l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ) met en lumière une pratique préoccupante : 20 % des Français envisagent d’offrir des jeux de grattage à des enfants. Alors que ces jeux sont formellement interdits à la vente aux mineurs, cette tendance soulève des questions sur la banalisation des jeux d’argent et leurs impacts sur les plus jeunes.
Des cadeaux inadaptés selon une majorité
L’étude révèle que plus de la moitié des Français jugent inconcevable d’offrir des jeux de grattage à des enfants, bien que 25 % admettent l’avoir déjà fait. Cette pratique concerne principalement les parents, suivis des membres de la famille proche comme les frères, sœurs et neveux. Noël est la période où ces cadeaux sont les plus fréquemment offerts, loin devant les anniversaires.
En 2023, les jeux de grattage représentaient 23 % du marché des jeux d’argent en France, avec 28 types de jeux instantanés disponibles dans les points de vente physiques. Ces jeux, souvent présentés comme accessibles et ludiques, constituent toutefois une porte d’entrée pour les 15-17 ans dans l’univers des jeux d’argent, selon l’étude ENJEU Mineurs.
Une perception des risques bien ancrée
Si offrir des jeux de grattage aux enfants est une pratique courante pour certains, la majorité des Français reconnaissent les dangers associés aux jeux d’argent. L’étude indique que 94 % des sondés considèrent ces jeux comme une activité dangereuse pour les enfants, un chiffre dépassant les inquiétudes liées aux réseaux sociaux ou aux écrans. Même parmi ceux qui ont déjà offert des jeux de grattage, la conscience des risques reste élevée.
La présidente de l’ANJ, Isabelle Falque-Pierrotin, insiste sur l’importance de sensibiliser les parents : « Plus le jeu d’argent commence tôt, plus le risque d’addiction est grand. Le jeu d’argent, ce n’est pas un jeu d’enfant. » Cette mise en garde est particulièrement pertinente dans un contexte où la dépendance aux jeux peut avoir des conséquences durables sur la santé mentale et financière des jeunes.
Une interdiction bien connue mais parfois contournée
L’interdiction de vendre des jeux d’argent aux mineurs est largement connue : 87 % des Français savent que les jeux de grattage ne doivent pas être vendus aux enfants. Pourtant, cette règle semble souvent contournée dans le cadre familial. L’ANJ rappelle que cette interdiction vise à protéger les jeunes des risques d’addiction et des comportements compulsifs qui peuvent en découler.
L’enquête met également en évidence un paradoxe : bien que les Français reconnaissent le danger des jeux d’argent pour les mineurs, une partie d’entre eux continue de les offrir. Cela souligne la nécessité d’intensifier les campagnes de sensibilisation et d’encourager les comportements responsables. L’ANJ préconise des alternatives éducatives et ludiques, plus adaptées aux besoins des enfants.
Illustration : DR
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