Un nouvel épisode de violence paramilitaire a secoué le nord de Belfast en ce début d’année 2026. Un homme d’une trentaine d’années a été touché par balles dans les deux jambes mardi soir, peu avant 20 heures, dans une allée du quartier de Strathroy Park, à Ardoyne, une zone républicaine marquée par des décennies de tensions.
Selon plusieurs sources sécuritaires, une faction locale de l’INLA (Irish National Liberation Army) serait à l’origine de cette attaque, menée selon la logique dite du « no claim, no blame », sans revendication officielle. L’organisation est pourtant officiellement en cessez-le-feu, ce qui ne manque pas de raviver les interrogations sur sa réalité opérationnelle.
Une exécution de type paramilitaire
D’après les éléments communiqués par la police nord-irlandaise, la victime aurait été amenée sur les lieux sur rendez-vous préalable, avant d’être ciblée à bout portant. Les secours sont rapidement intervenus : si les blessures ne mettent pas sa vie en danger, elles sont qualifiées de très graves, avec des séquelles physiques et psychologiques durables à prévoir.
Les forces de l’ordre ont immédiatement renforcé leur présence dans le secteur. « Cette attaque a semé la peur et la perturbation dans une communauté qui a déjà beaucoup souffert », a souligné un responsable de la police locale.
Il s’agit du premier tir de type paramilitaire recensé en 2026. Ces violences ont fortement diminué ces dernières années : aucune fusillade de ce type n’avait été signalée depuis neuf mois, et la dernière à Belfast remontait à septembre 2023.
Une victime déjà connue de la police
L’homme blessé était connu des services de police. Il avait été poursuivi dans le cadre d’une importante saisie de stupéfiants, liée selon les enquêteurs à un réseau criminel transfrontalier. Toutefois, le Parquet nord-irlandais (PPS) a finalement abandonné l’ensemble des charges, l’intéressé ayant toujours nié les faits.
Cet élément alimente les spéculations sur les motivations de l’attaque : règlement de comptes, sanction interne ou message adressé à la communauté locale. Les autorités n’ont à ce stade confirmé aucune piste officielle.
Les réactions politiques ont été rapides. Paul McCusker, conseiller municipal indépendant, a dénoncé une attaque ravivant des traumatismes anciens : « Ces violences ont fortement reculé ces dernières années. Nous devons tout faire pour éviter leur retour. »
Du côté du SDLP, le conseiller Carl Whyte évoque une population « effrayée » et un homme promis à une « longue convalescence ». Même tonalité chez Sinn Féin : le député Gerry Kelly a condamné l’attaque, visant « des hommes armés se prétendant protecteurs de la communauté alors qu’ils en sont l’exact contraire ».
Une organisation toujours sous surveillance
Cette affaire intervient alors que l’INLA reste sous étroite surveillance des autorités britanniques. Dans une évaluation gouvernementale de 2024, le groupe était décrit comme profondément impliqué dans des activités criminelles, notamment extorsion, trafic de drogue, recel et fraude, malgré son statut de groupe en cessez-le-feu.
La polémique avait également enflé fin 2025 après la révélation que Teach na Fáilte, une structure représentant d’anciens détenus liés à l’INLA et à l’ONH, avait bénéficié de financements publics dans le cadre du programme PEACEworks, destiné à soutenir la réinsertion et la réconciliation. Une décision vivement critiquée par plusieurs élus unionistes.
Dans un quartier d’Ardoyne encore marqué par l’héritage des Troubles, cette fusillade rappelle que, malgré le processus de paix, la violence paramilitaire n’a pas totalement disparu du paysage nord-irlandais.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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