Sept ans après les faits, l’affaire des phoques décapités retrouvés sur le littoral de Concarneau et de Trégunc revient devant la justice. Une nouvelle audience doit se tenir ce vendredi 27 mars 2026, à 9 heures, devant la cour d’appel de Rennes, à la suite de l’appel formé par l’association Stéphane Lamart, qui estime les condamnations et les dommages accordés jusque-là insuffisants au regard de la gravité du dossier.
Une affaire qui avait profondément marqué le littoral finistérien
L’affaire remonte aux mois de février et mars 2019. Le 23 février, une tête de phoque gris est retrouvée dans le port de plaisance de Concarneau, suspendue à une échelle de la digue. La découverte choque immédiatement, d’autant que le phoque gris est une espèce protégée bien connue des habitués des côtes bretonnes.
Dans les jours qui suivent, d’autres éléments viennent alourdir le dossier. Un corps de phoque sans tête est découvert dans le secteur du Cabellou, puis un autre animal décapité est retrouvé sur une plage de Trégunc. Très vite, l’enquête s’oriente vers un navire de pêche de la région.
L’enquête de la gendarmerie maritime permet alors d’identifier un marin-pêcheur embarqué sur un fileyeur concarnois. Entendu dans le cadre de la procédure, il reconnaît avoir décapité plusieurs phoques pris dans les filets du bateau.
Selon ses déclarations, les captures accidentelles de phoques étaient fréquentes. Il explique avoir utilisé un couteau pour détacher les animaux des engins de pêche, estimant qu’ils gênaient la remontée des filets et de la pêche du jour. Il admet également avoir conservé les têtes de certains animaux avec l’idée de les naturaliser ou d’en faire des trophées.
L’enquête menée à son domicile avait d’ailleurs mis en évidence d’autres éléments troublants, notamment la présence d’un crâne de phoque repeint ainsi que des publications sur les réseaux sociaux montrant une certaine mise en scène de ces prises.
Le patron du navire également poursuivi
Le patron du bateau avait lui aussi été poursuivi dans ce dossier. Il lui était notamment reproché la non-déclaration de captures concernant une espèce protégée, alors même que cette obligation s’impose aux professionnels lorsqu’un tel cas se produit.
La procédure a ainsi mis en lumière non seulement les faits reprochés au matelot, mais aussi le cadre dans lequel ils se sont déroulés à bord du navire. Le dossier soulevait déjà, à l’époque, la question du traitement réservé aux captures accidentelles d’animaux protégés et de leur déclaration effective aux autorités compétentes.
L’affaire avait déjà été examinée une première fois par le tribunal judiciaire de Quimper. En 2020, les deux hommes avaient été condamnés à des amendes. Par la suite, en appel, la peine du patron avait été partiellement revue à la baisse.
Plusieurs associations de défense animale s’étaient constituées parties civiles et avaient obtenu des dommages et intérêts. Mais pour l’association Stéphane Lamart, reconnue d’utilité publique, les montants prononcés ne reflètent pas suffisamment la gravité des faits. C’est cette appréciation qui a conduit à une nouvelle procédure devant la cour d’appel de Rennes.
Le phoque gris, une espèce protégée
Au cœur de cette affaire se trouve aussi la question de la protection du phoque gris, espèce présente sur les côtes bretonnes et faisant l’objet d’un régime de protection. À l’époque des faits, sa population dans les eaux bretonnes était estimée à plusieurs centaines d’individus.
La destruction, la détention ou le transport de spécimens appartenant à une espèce protégée relèvent d’un cadre juridique strict. Le dossier examiné à Rennes dépasse donc le seul fait divers local : il touche aussi à l’application concrète du droit de l’environnement et à la manière dont sont sanctionnées les atteintes à la faune sauvage protégée.
L’audience prévue ce vendredi doit permettre de réexaminer le dossier sur le plan civil, avec en toile de fond la question d’une éventuelle réévaluation des sanctions et des indemnisations. L’association à l’origine de l’appel a annoncé sa présence à l’audience, où elle sera représentée par son avocat.
Sept ans après les faits, cette affaire reste l’un des dossiers les plus marquants de ces dernières années en Bretagne lorsqu’il s’agit d’atteintes portées à des animaux protégés. La décision qui sera rendue sera suivie de près, tant par les associations que par les professionnels concernés.
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4 réponses à “Concarneau : l’affaire des phoques décapités rejugée ce vendredi devant la cour d’appel de Rennes”
Paraîtrait que l’Homme ne serait supérieur à l’Animal… que par sa bonté !
Soutien inconditionnel à ces glorieux marin qui ne comptent pas leurs heures, se lèvent très tôt, bravent les éléments déchainés soumis à l’incurie de Paris, à la dictature des règlements bruxellois et à l’impéritie et à l’inutilité d’une administration française surnuméraire qui justifie sa présence en multipliant les règlements, sous règlements pour tuer notre pêche nationale. Trop de fonctionnaires tue l’administration, voilà une source d’économie avec l’arrêt des voyages inutiles interstellaires présidentiels!
Sans porter de jugement sur cette affaire je remarque une chose qui échappe à certaines personnes.
Plusieurs associations de défense animale (Stéphane Lamart, LPO, Aspas, 30 Millions d’Amis etc..) se sont portées « parties civiles » dans le but de remplir leurs caisses grâce aux « dommages et intérêts ».
Alors je pose une question simple. Pourquoi ces associations ont-elles gardé le silence le plus total quand 7 chiens de chasse ont été assassinés à coups de carabine gros calibre par le chef de la communauté écologiste-marxiste-révolutionnaire, les Longo Maï, en Ardèche, le 16/12/2023 ?
Oui, silence radio dans cette horrible affaire où les propriétaires des chiens qui ont déposé plainte ont été condamnés à une amende alors que le tueur en série n’a eu que 8 mois de sursis.
Triste réalité. Pour les associations animalistes l’indignation est à géométrie variable. Savez-vous pourquoi? Parce que les 7 chiens froidement massacrés dont un a été achevé avec une pioche, étaient des chiens de CHASSEURS ! Et à ce titre, ils étaient sans importance et ne méritaient pas une larme contrairement aux phoques.
C’est pas beau ça ?
Signé, Christophe Fourcade, chasseur, pêcheur, éleveur et agriculteur dans le Sud-Ouest
Ces associations se battent pour des phoques, très bien. Mais pourquoi ne se battent – elles pas contre les éoliennes industrielles qui tuent des millions d’oiseaux et de chauves souris chaque année?
Demandez à Bougrain Dubourg le président à vie (depuis plus de 40 ans) de la LPO qui s’agenouille devant ces totems géants. Il vous dira qu’ils doivent « sauver la planète » du méchant CO2. Mais il ne vous dira pas que la LPO travaille pour les installateurs d’éoliennes en tant que « prestataire de service » chargé des études d’impact sur l’avifaune.
La LPO payé par les promoteurs éoliens a des « amis » très convaincants pour trafiquer les chiffres de mortalité ou tout simplement se taire. On ne mord pas la main qui nourrit.