Los Angeles, 70 000 personnes, Katy Perry en robe argentée futuriste, et un gamin de dix ans qui tente des pas de danse approximatifs. La cérémonie d’ouverture du match américain aura été à l’image de la première mi-temps paraguayenne : courte et sans grande conviction. Mais sur le terrain, ce fut une tout autre histoire.
Les États-Unis n’ont pas organisé une Coupe du monde pour faire de la figuration. Et ça s’est vu dès la 7e minute, quand Christian Pulisic — décidément partout, insaisissable — a semé une panique suffisante pour provoquer le CSC malheureux de Bobadilla. La suite ? Un récital. Balogun, l’attaquant monégasque au profil hybride franco-américain, a d’abord inscrit un doublé d’une propreté chirurgicale — le deuxième, une frappe du pied gauche dans la lucarne à la 45e+5, fera sans doute partie des buts du tournoi. Et en toute fin de match, Giovanni Reyna a conclu la soirée d’un extérieur du pied digne des plus grandes heures de Quaresma. 4-1. Propre. Net. Américain.
Le Paraguay ? Transparent pendant 70 minutes, sauvé de la correctionnelle par un beau but de Mauricio sur une passe lumineuse du Strasbourgeois Julio Enciso, l’un des rares Paraguayens à avoir existé. La défense de la Albirroja a passé sa soirée à se faire punir dans son dos, match après match, duel après duel. Prochaine sortie pour Team USA : l’Australie vendredi prochain. Le tournoi a son premier prétendant sérieux en zone CONCACAF.
Canada – Bosnie-Herzégovine (1-1) : Jonathan David et les neuf corners qui ne servent à rien
Toronto accueillait l’autre pays hôte nord-américain pour son entrée en lice. Ambiance chaleureuse, chaleur supportable, et un Canada qui a tout essayé sans jamais vraiment trouver la clé. Neuf corners en première période. Neuf. Pour zéro but. C’est le genre de stat qui résume à elle seule une soirée frustrante.
La Bosnie, elle, en a eu un. Et Lukic a mis sa tête au bon endroit sur un corner d’Ivan Basic prolongé par Kolasinac — l’un des quatre anciens Marseillais de la soirée, avec Cornelius, Koné et Dedic. 1-0 à la 21e, et les Dragons pouvaient souffler.
La deuxième période a été plus animée. Kolasinac a miraculeusement dévié une frappe de Laryea sur sa propre barre. Katic a sauvé sur sa ligne sur une tête d’Oluwaseyi. Puis Cyle Larin, entré en cours de jeu, a finalement délivré Toronto à la 78e sur une action initiée par le remuant Koné. 1-1, et un point qui a un goût d’inachevé pour les Rouges, qui méritaient probablement mieux. Jonathan David, lui, n’aura jamais vraiment existé. Un tir trop mou en première période, et puis plus grand chose. Le Canada devra hausser son niveau pour espérer passer la phase de groupes.
Ce soir : l’Écosse débarque, le Brésil joue gros
La grande affiche de la nuit, c’est évidemment Brésil – Maroc, à minuit heure française. Deux favoris du Groupe C, une rencontre potentiellement décisive dès la première journée. Neymar devrait être là, Ancelotti aussi — et le Maroc, fort de 8 victoires en 8 qualifications, n’est clairement pas venu pour faire de la figuration.
Mais ce qui nous intéresse ici, c’est évidemment l’Écosse. Vingt-huit ans d’absence. Une génération entière sans Coupe du monde. Et ce soir, au Gillette Stadium de Boston, les Tartan Army retrouvent enfin la grande scène — face à Haïti (02h00, heure française), qui dispute seulement la deuxième Coupe du monde de son histoire.
Steve Clarke a construit un groupe solide, pragmatique, difficile à déséquilibrer. Andy Robertson en capitaine, Scott McTominay en moteur du milieu — malgré l’absence de Billy Gilmour, blessé en préparation. Haïti s’appuie sur la vitesse de Wilson Isidor et l’expérience défensive de Carlens Arcus, sous les ordres de Sébastien Migné. Les Grenadiers voudront exister le plus longtemps possible. Mais l’Écosse est là pour gagner, pas pour retrouver le Mondial en touristes.
Et plus tôt dans la soirée, à 21h sur M6, le Qatar défie la Suisse dans le Groupe B. Julen Lopetegui à la tête des Qatariens, Granit Xhaka en patron chez les Helvètes — un match a priori déséquilibré, mais les Qatariens ont déjà battu la Suisse une fois, en amical en 2018. Pour anecdote.
Ce Mondial commence bien.
Photo : DR
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