Djinns en Europe : quand les services de santé publics forment leurs agents à ne pas contredire les croyances de possession

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Il y a des faits divers qui éclairent, mieux que n’importe quelle tribune, l’état réel de la société multiculturelle européenne. En mai 2026, un imam de Tower Hamlets, quartier de l’est londonien à forte population bangladaise, a été condamné par un tribunal britannique pour avoir abusé sexuellement de jeunes filles entre 2004 et 2015. Sa méthode : convaincre les parents d’enfants perturbés qu’un djinn — démon coranique — était responsable de leurs troubles, puis pratiquer des « soins spirituels » sur les victimes dans son véhicule, les yeux fermés, après avoir simulé des bruits surnaturels contre les vitres. Il prévenait ensuite ses victimes que si elles parlaient, le djinn reviendrait les punir.

Abdul Halim Khan a exploité une croyance réelle, profondément ancrée dans la culture islamique. Selon une enquête de 2012, 84 % des musulmans résidant au Bangladesh croient à l’existence des djinns. Ce chiffre n’a rien d’anecdotique : c’est précisément la région d’origine de la majorité des musulmans de Tower Hamlets.

Plus croyants à Leicester qu’à Dacca

Ce qui rend le phénomène particulièrement intéressant — et préoccupant — c’est que l’émigration ne semble pas atténuer ces croyances. Au contraire. Une étude du Royal College of Psychiatrists publiée en 2011 révélait que 80 % des musulmans vivant à Leicester croyaient aux djinns, contre 73 % de leurs coreligionnaires restés à Dacca. Et 52 % des musulmans de Leicester estimaient que la possession par un djinn pouvait expliquer certaines maladies mentales, contre 44 % au Bangladesh, où les médecins maintiennent davantage de distance avec ces croyances.

L’explication n’est pas difficile à trouver : en Europe occidentale, ces croyances sont non seulement tolérées mais, dans certains cas, activement encouragées par les institutions publiques elles-mêmes.

Le NHS forme ses agents à prendre les djinns au sérieux

Le National Health Service britannique, à Tower Hamlets notamment, forme désormais son personnel soignant à traiter avec bienveillance les patients qui se déclarent possédés par des djinns. Des manuels médicaux universitaires — comme Islam, Migration and Djinn: Spiritual Medicine in Muslim Health Management, publié en 2022 — conseillent aux médecins européens de ne pas écarter ces croyances et d’y adapter leur pratique clinique, au motif que dans « un monde globalisé avec de multiples formes de migrations, les djinns migrent eux aussi. »

La liste des pathologies susceptibles d’être attribuées à un djinn dans ces recommandations médicales est vertigineuse : schizophrénie, dépression, anxiété, épilepsie, fièvre, changements de personnalité, problèmes de tension artérielle — et ecchymoses. Cette dernière catégorie mérite qu’on s’y arrête.

Ben Halima Abderraouf, « chasseur de djinns » installé en France

En France, un guérisseur islamique franco-tunisien né en 1967, Ben Halima Abderraouf, surnommé « le chasseur de djinns », s’est spécialisé dans l’exorcisme. Installé en France depuis 1986 — initialement pour y étudier l’ingénierie — il a abandonné sa carrière scientifique pour fonder un réseau de centres de soins spirituels à travers l’Europe et l’Afrique du Nord, ainsi qu’une maison d’édition islamique française. Sa méthode consiste à invoquer des djinns dans le corps de son assistante pour les interroger, puis à les expulser à coups de prières et de percussions sur la nuque. Sur son site, il propose des versets coraniques spécifiques contre différentes variétés de djinns — ceux qui sont amoureux de leur victime, ceux qui se font passer pour musulmans pour tromper l’exorciste, ou ceux qui se manifestent sous forme « d’animaux bizarres à multiples têtes ».

Le vrai problème

Ce que révèle cet ensemble de faits n’est pas une curiosité folklorique. C’est le produit d’une politique d’immigration et d’intégration qui, pendant des décennies, a postulé que les populations venues de cultures radicalement différentes adopteraient naturellement les normes de leurs pays d’accueil. Cette hypothèse s’avère fausse — les données le montrent. Et face à cet échec, une partie des institutions publiques européennes a choisi non pas de maintenir le cadre culturel et rationnel de la médecine occidentale, mais de s’adapter aux croyances importées, jusqu’à y consacrer de l’argent public.

Financer la formation de soignants à la gestion de la « possession par les djinns » n’est pas de l’ouverture d’esprit. C’est de la capitulation intellectuelle — et une trahison envers les patients eux-mêmes, qui mériteraient des soins fondés sur la réalité plutôt que sur la validation de leurs superstitions.

Photo : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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