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Après trois ans d’accompagnement, l’État change de méthode face aux algues vertes. Dans le Finistère et les Côtes d’Armor, les exploitations agricoles qui n’ont pas atteint les objectifs fixés vont entrer dans une phase réglementaire. La lutte contre ce fléau du littoral breton ne reposera donc plus seulement sur le volontariat. Cette évolution est saluée par Eau et rivières de Bretagne, l’association qui avait fait condamner l’État en 2025 pour inaction.
Le sujet dépasse les nuisances visuelles. Chaque été, les algues vertes reviennent sur plusieurs plages bretonnes. En se décomposant, elles peuvent dégager un gaz toxique. En 2025, la justice a établi un lien entre ce gaz et la mort d’un joggeur dans la vase de l’estuaire du Gouessant, à Saint-Brieuc. C’est aussi une question de santé publique.
Des obligations pour les exploitations en retard
Dans le Finistère, cinq baies sont concernées : Douarnenez, la Forêt, le Quillimadec, l’Horn-Guillec et le Douron. Depuis 2022, les exploitations y bénéficiaient d’un accompagnement destiné à limiter les transferts de nitrates vers les cours d’eau, puis vers la mer. Les objectifs portent sur la fertilisation, la couverture des sols, le pâturage, les haies, les talus et la protection des zones humides.
Les résultats existent, mais restent incomplets. Selon la préfecture du Finistère, la concentration de nitrates dans les cours d’eau des bassins concernés a baissé de 21 à 30 % entre 2010 et 2023. Mais l’évaluation engagée en septembre 2025 montre un bilan contrasté : 91 % des exploitations atteignaient les objectifs liés à la protection des cours d’eau et des zones humides, contre 59 % pour la fertilisation.
Des arrêtés dès le 1er septembre dans les Côtes d’Armor
Dans les Côtes d’Armor, 1 204 exploitations sont concernées par le plan de lutte. Parmi elles, 177, soit 15 %, n’atteignent pas les objectifs. Le préfet François de Keréver doit prendre des arrêtés le 1er septembre 2026 pour fixer les mesures permettant à ces exploitations de se conformer aux cibles prévues. Des sanctions pourraient suivre si ces mesures n’étaient pas appliquées.
Dans Ouest-France du 10 juin, Nicolas Forray, secrétaire général d’Eau et rivières de Bretagne, reconnaît : « On a perdu du temps, mais effectivement, l’État agit, c’est à mettre à son crédit. » Il constate aussi : « Entre les Côtes d’Armor et le Finistère, c’est plus de 300 décisions individuelles qui vont être prises par les préfets. » L’association précise encore : « L’objectif n’est pas de condamner, mais d’amener à avoir de meilleures pratiques. »
Après un plan financé à hauteur d’environ 130 millions d’euros, la Bretagne entre dans une phase plus ferme. Les exploitations ayant atteint les objectifs ne sont pas visées. Les autres devront désormais se conformer à un cadre contraignant.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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