L’Association américaine de gastro-entérologie vient de publier dans la revue Clinical Gastroenterology and Hepatology une mise à jour de ses recommandations cliniques sur la prise en charge des hémorroïdes. Le constat central est surprenant : la plupart des réflexes de premier recours — crèmes, pommades, bains de siège — ne traitent pas la cause du problème et peuvent même l’aggraver dans certains cas.
Un problème banal mais sous-traité
Les hémorroïdes touchent plus de la moitié des adultes de plus de 50 ans. Il s’agit de coussinets vasculaires situés dans le canal anal qui, avec l’âge, peuvent s’élargir et descendre, provoquant saignements, démangeaisons, gêne ou prolapsus — c’est-à-dire un débordement de tissu hors de l’anus. Les hémorroïdes internes, situées à l’intérieur du rectum, sont généralement indolores et se signalent surtout par des saignements. Les hémorroïdes externes, sous la peau autour de l’anus, provoquent davantage de démangeaisons et d’irritations.
Ce qui fonctionne vraiment : l’alimentation et les habitudes
Selon le Dr Waqar Qureshi, gastro-entérologue au Baylor College of Medicine et co-auteur de la revue, la cause principale des hémorroïdes est le manque de fibres alimentaires, qui entraîne constipation chronique et efforts à la défécation — deux facteurs qui augmentent la pression dans le canal anal.
Les recommandations de premier recours sont donc simples : augmenter l’apport en fibres — entre 25 et 35 grammes par jour, entre fibres solubles issues des légumineuses, de l’avoine et des fruits, et fibres insolubles issues des céréales complètes et des légumes —, boire suffisamment d’eau et pratiquer une activité physique modérée.
Les habitudes aux toilettes comptent également. La revue recommande de ne pas rester plus de cinq minutes assis sur la cuvette — et de ne pas y emporter son téléphone. Le fait de prolonger la position assise en lisant ou en consultant un écran augmente la pression dans le canal anal et favorise l’aggravation des hémorroïdes. Une étude récente avait d’ailleurs établi que l’usage du téléphone aux toilettes augmente le risque d’hémorroïdes de près de 50 %.
Les crèmes et pommades : une efficacité limitée
Les produits vendus sans ordonnance — crèmes contenant des anesthésiants locaux, de l’hamamélis ou des vasoconstricteurs — n’apportent qu’un soulagement symptomatique temporaire. La revue précise que les preuves scientifiques de leur efficacité sont limitées. Elle met également en garde contre l’utilisation prolongée de corticoïdes topiques au-delà de deux semaines, au risque d’amincir la peau et d’augmenter la sensibilité locale.
Quand consulter un médecin
Pour les cas persistants, la revue recommande des procédures réalisables en cabinet sans anesthésie générale. La ligature élastique consiste à poser un petit élastique à la base de l’hémorroïde pour interrompre son irrigation sanguine : elle se dessèche et tombe en quelques jours. La coagulation infrarouge utilise la chaleur pour un effet similaire. Ces deux techniques sont efficaces pour les hémorroïdes de grade 1 à 3 — la graduation allant de 1, pour les hémorroïdes qui restent à l’intérieur, à 4, pour celles qui ne peuvent plus être réintroduites manuellement. La chirurgie est réservée aux cas les plus sévères ou à ceux qui ne répondent pas aux traitements précédents.
Un point d’alerte important : les saignements rectaux ne doivent jamais être banalisés. Ils peuvent signaler une pathologie plus sérieuse, y compris un cancer colorectal. Un examen clinique incluant une anoscopie — examen rapide du canal anal à l’aide d’un petit tube éclairé — est indispensable avant tout traitement, pour confirmer le diagnostic et écarter d’autres causes.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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