Pendant des années, le clonage a nourri les imaginaires. Reproduire à l’identique, à l’infini, un animal — voire un jour un être humain — semblait relever d’une progression technique inéluctable. Une étude scientifique de grande ampleur vient pourtant doucher ces espoirs. Et ses conclusions sont sans appel : chez les mammifères, le clonage en chaîne mène à une impasse biologique.
Une expérience unique menée sur vingt ans
Des chercheurs japonais ont conduit une expérience hors norme, clonant une souris… puis les clones eux-mêmes, génération après génération. Au total, plus de 1 200 individus ont été produits en près de deux décennies, jusqu’à atteindre 58 générations successives .
Au début, tout semble fonctionner. Les premières générations apparaissent normales, vivent longtemps, et ne présentent pas d’anomalies visibles. Jusqu’à la 25e génération environ, le succès du clonage progresse même.
Mais à partir de là, la mécanique s’enraye.
Le taux de réussite chute progressivement, la fertilité diminue, les portées deviennent plus petites. Et surtout, la mortalité explose. À la 57e génération, moins de 1 % des clones survivent. À la 58e, tous meurent dès le lendemain de leur naissance .
Des clones “identiques”… qui ne le sont pas
L’un des enseignements majeurs de cette étude est que les clones ne sont pas des copies parfaites.
Derrière une apparence identique, leur ADN accumule progressivement des mutations. L’analyse génétique montre que chaque génération ajoute son lot d’erreurs : environ 70 mutations génétiques par génération en moyenne .
Ces mutations, parfois anodines au départ, finissent par s’accumuler au point de devenir létales. Certaines altèrent des gènes essentiels, d’autres provoquent des anomalies chromosomiques majeures, comme la perte d’un chromosome entier ou des recombinaisons anormales.
Autrement dit : la copie se dégrade à chaque duplication.
Le “piège” du clonage : accumuler toutes les erreurs
Contrairement à la reproduction naturelle, le clonage transmet l’intégralité du patrimoine génétique — y compris ses défauts.
Dans une reproduction classique, le brassage génétique permet d’éliminer une partie des mutations délétères. Dans le clonage, ce mécanisme n’existe pas.
Résultat : toutes les erreurs s’accumulent génération après génération. C’est ce que les biologistes appellent un “effondrement mutationnel”, un phénomène théorisé depuis longtemps mais rarement démontré de manière aussi spectaculaire chez les mammifères .
Cette expérience met en lumière une réalité souvent occultée : le clonage, malgré ses promesses, reste profondément limité chez les mammifères.
Contrairement à certaines plantes ou organismes simples capables de se reproduire par clonage sans difficulté, les mammifères dépendent de la reproduction sexuée pour maintenir la stabilité de leur génome.
L’étude montre d’ailleurs qu’en réintroduisant une reproduction naturelle, certains problèmes peuvent être partiellement corrigés. Les descendants issus d’une reproduction classique retrouvent des caractéristiques plus normales, preuve du rôle essentiel du mélange génétique.
Des conséquences pour les ambitions technologiques
Ces résultats ne sont pas anodins. Ils remettent en question plusieurs projets portés ces dernières années.
Dans l’agriculture, certains envisagent de cloner des animaux aux caractéristiques “optimales” pour produire à grande échelle. Dans le secteur privé, un marché existe déjà pour cloner des animaux domestiques.
Plus ambitieux encore, certains projets de “dé-extinction” espèrent ressusciter des espèces disparues grâce au clonage.
Mais cette étude rappelle une limite fondamentale : même si le clonage fonctionne ponctuellement, il ne peut pas être utilisé comme un mode de reproduction durable.
Au-delà du clonage, ces travaux apportent une réponse à une question ancienne : pourquoi la reproduction sexuée domine-t-elle chez les mammifères ?
La réponse tient en une idée simple : sans diversité génétique, une espèce finit par s’effondrer.
Le clonage intégral, loin d’être une solution d’avenir, apparaît ainsi comme une impasse biologique. Une illusion technologique confrontée à la réalité du vivant.
Et une confirmation, finalement, que la complexité du vivant ne se laisse pas copier indéfiniment.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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