Saracroche, l’application française gratuite qui fait taire les démarcheurs téléphoniques – et nargue les solutions officielles

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Face à l’échec patent des dispositifs gouvernementaux censés protéger les Français du démarchage téléphonique abusif, un développeur toulousain de trente ans a mis sur pied, un dimanche pluvieux de 2025, une application qui rencontre aujourd’hui un succès retentissant. Saracroche, gratuite, sans publicité, respectueuse de la vie privée et entièrement développée en France, bloque désormais près de 16 millions de numéros indésirables et compte plus de 600 000 utilisateurs. Une initiative individuelle qui souligne, en creux, la défaillance des solutions étatiques.

Le cauchemar quotidien du démarchage téléphonique

Le constat est unanimement partagé. Selon un bilan publié en février 2026 par l’Arcep, l’autorité de régulation des télécommunications, les signalements pour appels abusifs ont été multipliés par onze en deux ans. Panneaux solaires, formations professionnelles, contrats d’énergie, fausses aides publiques, usurpations de numéros, SMS frauduleux : la liste des nuisances ne cesse de s’allonger. Témoignages recueillis par Franceinfo : « T’es harcelé tous les jours », confie un certain Denis, exaspéré. Quatre à cinq appels par jour pour Zina et René, retraités, qui ont tenté en vain de se protéger via le dispositif officiel BlocTel.

Lancé en 2016 par le gouvernement, BlocTel devait permettre aux particuliers de s’inscrire sur une liste rouge interdisant à toute entreprise de les démarcher. Le bilan est cinglant. Pour Camille Bouvat, le créateur de Saracroche, l’explication est limpide : la majorité des entreprises pratiquant le démarchage téléphonique sont étrangères et ne respectent pas la loi française. La nouvelle législation qui doit entrer en vigueur en août 2026 – exigeant un consentement explicite préalable du consommateur – ne semble pas davantage convaincre, ni les utilisateurs ni le développeur lui-même, qui anticipe un contournement rapide des nouvelles règles.

Une appli née un dimanche d’ennui

L’histoire de Saracroche tient autant de l’aventure entrepreneuriale que de la blague de potache. Camille Bouvat, développeur indépendant toulousain alors immobilisé à la suite d’une blessure, décide un dimanche après-midi de mettre son ennui à profit. Il développe une application pour son usage personnel et celui de ses proches. Le lendemain, le programme est déjà disponible sur l’App Store. Le nom ? Une référence à la blague enfantine : « Allô, c’est qui ? – C’est Sarah. – Sarah qui ? – Saracroche. »

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Le principe de fonctionnement est aussi simple qu’efficace. L’application s’appuie sur les plages de numéros officiellement réservées au démarchage téléphonique par l’Arcep – les fameux préfixes en 01 62, 04 24, 02 70 et autres signatures bien connues des consommateurs avertis. Selon le développeur, ces préfixes représenteraient à eux seuls près de 90 % du démarchage téléphonique, soit environ 12,5 millions de numéros. À cette base s’ajoutent les signalements communautaires des utilisateurs, qui permettent d’enrichir continuellement le dispositif et d’y intégrer notamment les numéros en 07 utilisés pour les tentatives de hameçonnage.

Concrètement, lorsqu’un numéro répertorié appelle l’utilisateur, le téléphone ne sonne tout simplement pas. La base de données est mise à jour quotidiennement par Wi-Fi, l’application fonctionne hors ligne, ne consomme quasiment pas de batterie et ne pèse que 2,1 Mo sur iOS. Une légèreté technique qui contraste avec les usines à gaz proposées par certains concurrents.

Le défi délicat du filtrage juste

Camille Bouvat reconnaît volontiers la difficulté de l’exercice : trouver le bon équilibre entre filtrage efficace et préservation des appels légitimes. Le développeur cite un exemple parlant : à un moment donné, il avait bloqué l’opérateur BICS, avant de réaliser que de nombreux livreurs Amazon utilisaient des numéros hébergés chez ce même opérateur. De nombreux utilisateurs risquaient de ne pas recevoir leurs colis. Plusieurs alertes lui ont été remontées, et le développeur a corrigé le tir.

Cette tension entre filtrage large et précision chirurgicale illustre la complexité d’un combat mené par une seule personne contre un secteur aux pratiques fluides et aux techniques de contournement permanentes.

Open source, sans pub et sans revente de données

C’est sans doute sur le terrain de l’éthique numérique que Saracroche se distingue le plus radicalement de ses concurrents. Là où Orange Téléphone, longtemps gratuite, est devenue payante – avec un abonnement avoisinant les 7 euros mensuels pour accéder au blocage automatique – là où d’autres applications fonctionnent sur un modèle freemium ou se rémunèrent par la publicité, Saracroche reste totalement gratuite et exempte de toute monétisation indirecte des utilisateurs.

Le code source de l’application est librement consultable en ligne, ce qui permet à n’importe quel développeur de vérifier qu’aucune donnée n’est collectée ni transmise à des tiers. Camille Bouvat assume cette philosophie avec humour : il n’a pas envie qu’une entreprise américaine sache qu’il reçoit des appels de sa grand-mère. Une formule qui résume parfaitement le malaise grandissant des utilisateurs face aux applications smartphones, généralement développées hors d’Europe et soumises à des juridictions étrangères peu protectrices de la vie privée.

Le financement repose donc exclusivement sur les dons des utilisateurs satisfaits. Une économie de la générosité qui, dans un univers numérique dominé par la captation de l’attention et la marchandisation des données personnelles, fait figure d’agréable anomalie.

Une nouveauté technique majeure : le filtrage des SMS

La version 4.1 de Saracroche, déployée récemment, ajoute une fonctionnalité particulièrement attendue : le filtrage des SMS frauduleux. Cette extension répond à une évolution récente des pratiques des escrocs, qui ont massivement migré du téléphone vers le SMS pour leurs tentatives de hameçonnage. Faux livreurs annonçant un colis bloqué, fausses caisses d’allocations familiales, fausses banques exigeant une mise à jour de coordonnées : autant de pièges désormais quotidiens qui visent à dérober identifiants bancaires et données personnelles.

Une fonctionnalité communautaire devrait également voir le jour prochainement, permettant aux utilisateurs de signaler en temps réel les numéros suspects et de prévenir l’ensemble de la communauté en cas de campagne de démarchage ou d’arnaque massive.

Un développeur seul, mais pas isolé

Le succès de Saracroche force le respect, d’autant qu’il s’est construit sans aucun budget marketing, sans levée de fonds, sans agence de communication. Camille Bouvat travaille deux à trois jours par semaine sur l’application, en parallèle de ses autres activités professionnelles. Il a tenté de signaler ses avancées aux services de l’État, dans l’espoir d’une collaboration ou simplement d’une reconnaissance institutionnelle. Sans la moindre réponse à ce jour. L’État français ignore superbement la solution gratuite la plus efficace de son territoire face à un fléau qu’il prétend combattre par voie législative.

L’application séduit également au-delà des frontières hexagonales. Le développeur a été contacté par des Belges, des Suisses et même des Espagnols intéressés par un déploiement européen. Mais le temps lui manque. Avec son humour caractéristique, le Toulousain laisse entendre qu’il accepterait l’aide d’un mécène fortuné qui lui permettrait d’embaucher pour accélérer le développement de l’application.

Une leçon politique en filigrane

Au-delà du simple outil pratique, l’aventure Saracroche dit beaucoup de l’état réel du numérique français. Une initiative individuelle, gratuite et techniquement solide parvient en quelques mois à protéger 600 000 utilisateurs, là où dix années de réglementation publique – BlocTel, le numéro d’alerte 33700, les amendes théoriques – ont échoué à enrayer le phénomène. Le contraste est saisissant entre l’efficacité d’un seul développeur passionné et l’inefficacité chronique d’une administration qui multiplie les dispositifs sans en assurer l’application.

C’est aussi une démonstration éclatante de ce que la France technologique peut produire lorsqu’elle s’affranchit des cadres bureaucratiques et des logiques de subvention publique. Camille Bouvat n’a sollicité aucune aide d’État, n’a participé à aucun programme d’incubation, n’a postulé à aucun appel à projets. Il a simplement codé une solution efficace et l’a mise gratuitement à disposition de ses concitoyens. Une démarche qui rappelle utilement que le génie français existe encore, et qu’il préfère parfois agir dans l’ombre plutôt que de quémander des labels.

Pour les Bretons et plus largement les Français lassés d’être harcelés sur leurs téléphones portables, le conseil est limpide : Saracroche est disponible gratuitement sur l’App Store et le Play Store. Et si l’application vous rend service, un don au développeur sera la meilleure façon de soutenir une initiative française authentiquement utile et profondément éthique.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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6 réponses à “Saracroche, l’application française gratuite qui fait taire les démarcheurs téléphoniques – et nargue les solutions officielles”

  1. Cony dit :

    Essayons toujours le logiciel, vu le harcèlement hebdomadaire reçu depuis neuf mois, dû à un opérateur téléphonique niais, qui m’oblige à supprimer systématiquement les textos.

  2. Eric Beuzit dit :

    Pour les Bretons, et autres, il existe aussi une application totalement gratuite qui filtre les appels commerciaux.
    Elle s’appelle « SKIPPLE SHIELD » et a été créée par trois Quimpérois. C’est BZH.

  3. Henri dit :

    Niais ? Je dirais plutôt « cupide ».

  4. Michel dit :

    Sur Android j’utilise depuis plus d’un an « Préfixe Bloqueur », application qui fait la même chose, SMS compris, et qui se met à jour semi-automatiquement avec les nouveaux numéros à bloquer.
    Version gratuite, avec pubs uniquement lors des mises à jour (pub non envahissante car il faut la lancer pour faire la MàJ), ou
    Version payante sans pubs et MàJ automatique.

    Pour le moment, j’en suis très content : plus d’appels non désirés.

  5. Ronan dit :

    Demat Au cas où, la technique à employer en réponse peut être « bonjour que puis-je faire pour vous ? »ne pas raccrocher et dire «  je ne suis pas intéressé ou plus de sous l’Etat Macronie m’a pris toute mon épargne sans être vrai bien sûr et au revoir ; attention aussi aux numéros 09 48 ; sur la ligne fixe je ne décroche pas à ces numéros ; sur le portable à la pomme, tous ces numéros inconnus sont bloqués ; pour les mails indésirables, j’ai ma technique de signalement au 33700 mais ce serait bien que « Sarah croche »s’y mette là aussi ; sauf erreur, il ne le fait pas actuellement. La chanson pépite est aujourd’hui : Queen « The invisible Man » et ou « Princes of the Universe » sur Dailymotion sans pub. Kenavo d’an holl

  6. Balbino Katz dit :

    Intéressant et informatif. Utile.

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