Un bûcher de douze mètres dressé sur la Newtownards Road, des tambours lambeg qui font vibrer les plombages, un père à sa troisième bière : voilà le décor où s’ouvre The Ultimate Twelfth Holiday: Choose Your Own Scunderation, le nouveau livre d’Andrew McCartney, Nord-Irlandais et directeur technique d’une entreprise de cyberdéfense. L’ouvrage ressuscite un genre populaire auprès des enfants dans les années 1980 et 1990 : le livre-jeu, ces récits interactifs où le lecteur incarne le personnage principal et oriente l’intrigue par ses choix, sautant d’une page à l’autre au fil de ses décisions.
Le lecteur y endosse le rôle d’un adolescent de quinze ans dans l’East-Belfast des années 1980. Sa mission durant le Twelfth : surveiller l’alcool, traverser le défilé des fanfares sans salir sa chemise blanche amidonnée, et surtout éviter l’affrontement ultime — sa mère, qui l’attend dans le couloir. Le parcours impose de composer avec les bonfires, les fanfares et une marche de huit kilomètres à provoquer des ampoules. Un glossaire accompagne le texte pour les lecteurs peu familiers du parler nord-irlandais.
Un hommage familial plus qu’un manifeste
Le livre se veut avant tout un hommage affectueux aux parents de l’auteur, Gwen et Jimmy. Élevé à Cookstown, McCartney a grandi dans une famille où le Twelfth comptait parmi les dates majeures : son père fut Grand Maître de l’Ordre d’Orange. L’auteur résume son propos d’une formule : les Troubles vus par un adolescent bien plus effrayé par sa mère que par n’importe quel groupe paramilitaire — soit l’absurdité de toute la situation.
McCartney insiste sur la dimension non idéologique de sa démarche. Il affirme n’avoir pas cherché à glorifier le loyalisme, mais à observer de l’intérieur la culture de sa communauté, sans jamais demander à quiconque d’y adhérer. Se disant apolitique et attaché à l’histoire, il estime que, correctement abordée, celle-ci devrait relever de la célébration plutôt que de la crainte ou de la provocation qui marquaient les années 1980.
Il s’agit du deuxième ouvrage de l’auteur, après The Ultimate 1980s Belfast Weekend, qui suivait un jeune garçon tentant de rejoindre le centre de Belfast pour un simple rendez-vous. Dyslexique, McCartney explique avoir longtemps porté ces récits sans parvenir à les coucher sur le papier. Ce sont ses enfants, habitués à l’entendre raconter et railler son enfance, qui l’ont mis au défi. Travaillant dans les technologies, il a réalisé lui-même l’ensemble du projet, de l’illustration à la publication, avec une relecture assurée par sa sœur. La couverture recèle d’ailleurs un clin d’œil : l’un des musiciens dessinés est le mari de cette dernière, ancien membre d’une fanfare à fifre.
Un troisième livre autour du Mondial 82
Le prochain ouvrage de McCartney devrait séduire les amateurs de football. Il sera co-écrit avec Gerry Armstrong, figure nord-irlandaise connue pour son but contre l’Espagne lors de la Coupe du monde 1982. Le récit suivra deux enfants, l’un de Falls Road, l’autre de Shankill Road — soit les deux communautés que tout oppose à Belfast — réunis par un même moment : ce but d’Armstrong, suivi devant le téléviseur. Le format jouera sur la double lecture : on parcourra l’histoire dans un sens en incarnant l’enfant du Shankill, puis on retournera le livre pour la relire du point de vue de celui de Falls Road, les deux trajectoires convergeant vers cet instant partagé.
Armstrong, rappelle l’auteur, avait pratiqué le football gaélique sur Falls avant de rejoindre la sélection nord-irlandaise — un parcours qui résume à lui seul les lignes de partage de l’Ulster.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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