« Lengo mai », une application pour apprendre le provençal

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De la Bretagne, à la Provence en passant par les Flandres, les peuples de l’Hexagone veulent retrouver leurs racines, la langue de leurs ancêtres, la foi de leurs pères. En Provence, terre qui n’est pas épargnée par le changement climatique et le changement démographique, cette réappropriation identitaire passe par l’apprentissage du provençal ou « occitan provençal » selon les opinions. C’est ainsi que Frédéric Comba, à la tête de l’association Lou Cantaù a mis au point Lengo Mai une application destinée à apprendre la langue traditionnelle et millénaire de la Provence.

Pour 17,99€, les apprenants peuvent ainsi découvrir les trésors de la langue de Frédéric Mistral et jongler avec les subtilités des expressions et tournures grammaticales au moyen de jeux et de dialogues basés sur le quotidien.

Frédéric Comba, originaire de Ramatuelle dans le Var, enseigne le provençal depuis plus de 10 ans dans divers organisme de la région de Saint-Tropez. Bercé par la langue avec ses grands-parents, il tient également le site Je Parle Provençal.

A noter que l’application est en graphie mistralienne même si Frédéric Comba adopte une approche occitaniste de la question linguistique en Provence.

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Sur son site, Frédéric Comba détaille son argumentaire sur les raisons pour laquelle il est important d’apprendre et de pratiquer sa langue autochtone :

  • « Cette langue [le provençal -NdR] m’a aussi permis d’avoir un regard + fin et + profond sur ma commune et ses environs grâce à la toponymie, aux noms de famille, aux proverbes, aux mots et aux expressions qui la composent.
  • La langue m’a amené à m’intéresser à l’histoire de ma commune, de ma région et de l’Occitanie (non pas la région administrative mais l’espace linguistique) et à prendre du recul sur l’Histoire officielle de la France qui, pendant des décennies, nous a ressassé que « nos ancêtres communs étaient les Gaulois » (alors que chez moi, par exemple, c’était les Ligures).

 

  • Je me suis aperçu, du coup, que je n’habitais pas en « province », qui est selon le Larousse : « [L’] ensemble du pays, à l’exclusion de la capitale, de la région parisienne », cet espace indéterminé où vivent des « ploucs » et qui regroupe indifféremment des villes et villages aussi divers que Marseille, Mirepoix, Strasbourg, Cambrai, Brest, Lyon ou Issoudun. Ce terme permet de considérer les Français(es) qui n’habitent pas la capitale comme des citoyen(ne)s de 2nde zone qui n’ont pas d’histoire, pas d’esprit, pas de classe et auxquels il faudrait apporter la « bonne  » culture, celle décidée par une élite intellectuelle, médiatique et politique à partir de Paris.
  • J’ai découvert que chaque langue « régionale » occupant le territoire français était riche également de sa musique, de ses chansons, de sa littérature, de ses contes, de son art, de ses manières de vivre, de ses fêtes, de ses traditions, de son histoire, bref, d’une culture qui lui est propre.
  • Du coup, je me dis que si chacune de ces langues/cultures pouvait continuer à exprimer ce qu’elle est, à exprimer son originalité en gardant sa langue, si on pouvait étudier à l’école les apports de chacune de ses langues/culture à la France (et au monde) comme la constitution de Pascal Paoli, les Troubadours, la pelote basque ou ce qu’est une langue créole, la France serait + riche culturellement, nos accents ne seraient plus ridiculisés et l’on pourrait enfin parler d’égal à égal avec Paris !! Ah, j’allais oublier, et on n’entendrait plus ce mot hideux de « province » 🙂
  • Vous l’aurez compris, ce qui est important pour moi, ce n’est pas uniquement les avantages cognitifs qu’apportent une langue « régionale » mais ce que sa culture m’amène, ce qu’elle me fait comprendre sur moi et sur mon rapport aux autres. La culture française nous fait croire qu’il faut « monter » à Paris pour être adoubé par son intelligentsia. Je pense que parler une langue « régionale » (et se réapproprier toute sa culture), c’est comprendre que toutes les langues/cultures se valent et que de chez soi, nous pouvons parler au monde sans avoir peur ou honte d’être nous-mêmes !!!

On ne saurait dire mieux !

Photo : lengo mai

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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Une réponse à “« Lengo mai », une application pour apprendre le provençal”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    Intéressant et amusant ce que dit F. COMBA et parfaitement compréhensif pour nous à l’Ouest mais à tout le moins en Bretagne ce sont toujours les cliques de gôche qui tiennent la scène comme à Carhaix or la Bretagne n’est pas à Gôche.

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