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Un champ de bataille ukrainien, la nuit. Une équipe américaine doit franchir une tranchée amie, traverser le no man’s land, atteindre une tranchée russe et s’infiltrer dans un bunker pour en extraire un homme proche du Kremlin. Au-dessus d’eux, des centaines de drones de surveillance. L’un des personnages résume la situation d’une formule qui restera : c’est la Première Guerre mondiale et Star Wars qui se télescopent.
C’est l’ouverture de la saison 3 d’Opérations Spéciales : Lioness, mise en ligne le dimanche 2 août sur Paramount+. Huit épisodes, un par dimanche, jusqu’au final programmé le 20 septembre. Et une série qui, après deux ans d’absence, revient nettement mieux armée qu’elle n’en était partie.
Un programme réel, un pitch qui ne ressemble à rien d’autre
Rappelons le point de départ, pour ceux qui auraient laissé passer les deux premières saisons. Le programme Lioness est inspiré d’un dispositif militaire américain qui a réellement existé : il s’agit de recruter des femmes soldats capables de s’approcher de l’entourage féminin de cibles prioritaires, là où aucun homme ne pourrait entrer. Dans la fiction, la CIA l’a créé au lendemain du 11 septembre pour empêcher qu’un attentat de cette ampleur se reproduise.
La saison 1 suivait Cruz, jeune recrue chargée d’infiltrer la famille d’un financier du terrorisme international en devenant l’amie intime de sa fille. Laysla De Oliveira y était remarquable, et le dispositif produisait exactement ce qu’on attend d’une bonne série d’espionnage : la découverte, par une combattante aguerrie, que l’infiltration n’est pas un problème technique mais un problème moral. On y détruit quelqu’un en se faisant aimer de lui.
Au-dessus d’elle, Joe McNamara — Zoe Saldaña, dans le rôle qui l’aura sans doute le mieux servie à la télévision. Chef d’opérations implacable le jour, mère absente le soir, épouse en équilibre permanent. La série ne se contente pas de poser cette contradiction comme un décor : elle en fait un moteur dramatique. Comment commande-t-on une opération létale à 8 000 kilomètres tout en gérant une adolescente en crise ? La question paraît triviale ; elle est en réalité au cœur de tout ce qui rend le personnage crédible.
Autour, un casting qui n’a rien d’un alignement d’affiches. Nicole Kidman en superviseuse pragmatique et carriériste, Michael Kelly en directeur de la CIA d’une loyauté redoutable, Morgan Freeman en secrétaire d’État glacial. La hiérarchie du pouvoir américain y est filmée avec une froideur qui vaut mieux que bien des thrillers politiques.
Ce qu’on a reproché à la saison 2, et pourquoi la saison 3 corrige le tir
Soyons honnêtes : la deuxième saison a divisé, et pas sans raison. Elle avait troqué la tension sourde de l’infiltration contre l’action à grande échelle — enlèvement d’une sénatrice, cartel mexicain, aller-retour en Irak, incursion en Iran. Le rythme y gagnait, la logique narrative y perdait, et certaines batailles rangées basculaient dans le vieux réflexe hollywoodien du commando américain en sous-effectif qui décime des dizaines d’adversaires sans une égratignure. Les critiques les plus sévères y ont vu du patriotisme au kilo.
La saison 3, sur la foi de son premier épisode, prend un chemin plus intéressant. Elle garde l’ampleur, mais retrouve le sens du détail qui faisait la force du début.
Car c’est là que Taylor Sheridan est fort, et qu’on lui rend rarement justice : la précision. L’épisode d’ouverture est truffé d’éléments qui ne s’inventent pas — la vétusté du matériel face à l’équipement américain, les AK-47 en face des fusils modernes à silencieux, les trois maîtres-chiens intégrés à l’escouade pour détecter et neutraliser avant l’entrée dans le bunker, l’usage des caméras de drones comme technique de tournage. Et surtout : les soldats qui apparaissent à l’écran ne sont pas russes, ils sont nord-coréens. Depuis 2025, Pyongyang a envoyé près de 12 000 hommes soutenir un Moscou en difficulté de recrutement. Les scénaristes suivent l’actualité de près.
La seule invraisemblance notable est frontale et assumée : la présence physique d’agents américains sur la ligne de front. L’aide de la CIA à Kiev a porté sur la formation, l’équipement et le renseignement, pas sur des opérations menées en propre. Mais c’est précisément le sujet que la série veut travailler depuis la saison 2 — jusqu’où va l’interventionnisme américain, et à quel prix diplomatique.
Pourquoi ça vaut le détour
Il y a plusieurs raisons de regarder Lioness, et aucune ne relève du plaisir coupable.
D’abord parce que c’est du travail d’artisan. Les dialogues sont taillés au cordeau. La photographie est superbe. Le montage tient sur huit épisodes sans temps mort, ce qui devient rare. Les séquences d’action sont chorégraphiées avec un souci du geste militaire réel que peu de productions s’imposent.
Ensuite parce que la série prend au sérieux ce qu’elle raconte. On peut être agacé par tel ou tel excès idéologique, par tel retour de romance qui frôle la case à cocher. Mais l’objection de fond — ce serait une série d’action féminisée pour l’air du temps — ne tient pas à l’examen. Lioness ne substitue pas des femmes aux Stallone et aux Schwarzenegger du siècle dernier : elle pose des questions que le modèle masculin n’avait jamais eu à se poser. Que reste-t-il de soi quand le métier consiste à se réinventer en permanence pour manipuler autrui ? Peut-on avoir une famille quand, administrativement, on n’existe pas ?
Enfin parce que Sheridan, après Yellowstone, Mayor of Kingstown et Tulsa King, s’est imposé comme l’un des créateurs les plus productifs et les plus reconnaissables de la télévision américaine. Sa signature est identifiable en trois plans : une violence sèche, jamais esthétisée ; un humour noir qui tombe toujours au pire moment ; et une méfiance profonde envers les institutions qu’il filme pourtant de l’intérieur.
Ce n’est ni Le Bureau des légendes ni sa réponse américaine — ce sont deux traditions différentes, l’une du renseignement patient et de l’ambiguïté, l’autre de l’opération spéciale et de la décision immédiate. Autant les prendre pour ce qu’elles sont.
Le premier épisode s’achève sur l’enlèvement de Joe McNamara. La suite s’annonce plus personnelle que les deux saisons précédentes : réseaux clandestins, agents étrangers, trahisons qui remontent jusqu’à son entourage direct. Rendez-vous chaque dimanche.
Opérations Spéciales : Lioness, série créée par Taylor Sheridan. Saison 3 diffusée sur Paramount+ depuis le 2 août 2026, à raison d’un épisode par semaine jusqu’au 20 septembre. Les saisons 1 et 2 sont disponibles sur la même plateforme. (et donc sur Mycanal).
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Zoe Saldaña, Nicole Kidman, Morgan Freeman : « Opérations spéciales : Lioness » revient pour une saison 3 et c’est une bonne nouvelle”
Tous ces surdoués de Yankees sans Histoire devraient nous sortir des fictions d' »opérations spséciales » au cours desquelles ils sont roulés dans la farine par plus malins qu’eux et d’où ils ne savent comment s’en sortir! A good deal!