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Ce matin, je lis The Times au bar des Brisants, à Léchiagat, face à l’entrée du port du Guilvinec. Le jour s’est levé sur une mer grise, quelques chalutiers regagnent lentement les quais et le cri des goélands se mêle au tintement des tasses. Non loin de moi, une famille anglaise prend son petit déjeuner. Les parents dégustent avec satisfaction leurs croissants et leur baguette, tandis que l’un des enfants semble regretter l’absence de ces haricots à la sauce tomate sans lesquels, outre-Manche, aucun déjeuner matinal ne paraît tout à fait complet.

Le journal raconte la visite, la veille, de Charles III, de la reine Camilla, d’Emmanuel et de Brigitte Macron à l’exposition de la Tapisserie de Bayeux, au British Museum. Je lève les yeux vers mes voisins anglais, puis les reporte sur les photographies des deux couples officiels. À quelques mètres de l’océan qui nous sépare et nous unit, la scène acquiert une résonance particulière. Il suffit désormais d’une traversée de quelques heures pour passer d’un monde à l’autre ; il fallut pourtant des siècles de guerres pour que Français et Anglais consentissent à prendre ensemble le thé.

Devant la Tapisserie de Bayeux se tenait également le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham. La scène avait quelque chose d’une vignette ajoutée au terme de la broderie : quelques personnages officiels, vêtus selon l’usage de notre temps, contemplaient les chevaux, les navires et les hommes en armes d’un siècle où les princes réglaient encore leurs querelles à coups d’épée.

Près de mille ans après Hastings, les descendants des vainqueurs et des vaincus ne s’affrontent plus sur une colline du Sussex. Ils échangent des discours, des traits d’esprit et des pièces de musée. Le roi a parlé d’« entente amicale » ; le président français a souhaité que les relations entre les deux pays fussent aussi étroitement tissées que les fils de la célèbre broderie. La diplomatie affectionne les métaphores textiles : elles lui permettent de recoudre en quelques mots ce que l’histoire s’est ingéniée à déchirer.

Cette visite n’était pourtant pas une cérémonie tout à fait ordinaire. Pour la première fois depuis sa création, la Tapisserie revient en Angleterre, sur la terre où elle fut vraisemblablement confectionnée et dont elle raconte la conquête. L’œuvre n’est d’ailleurs ni une tapisserie au sens technique du terme, puisqu’elle est brodée, ni nécessairement bayençaise. Charles III a plaisanté en proposant de la rebaptiser « broderie de Cantorbéry », avant de rappeler sa propre filiation avec Guillaume le Conquérant.

Le roi parlait donc aussi d’une histoire familiale. Les maisons souveraines ont beau changer de nom, de langue et quelquefois de patrie, elles conservent précieusement leurs arbres généalogiques. Charles descend de Guillaume par d’innombrables chemins, quoique sa dynastie immédiate soit allemande, devenue Windsor en 1917 afin de faire oublier, au plus fort de la guerre, le nom décidément malencontreux de Saxe-Cobourg-Gotha. L’histoire possède cet humour particulier : un monarque issu d’une maison allemande, accompagné d’un président français venu de la bourgeoisie amiénoise et allié à celle du Touquet, célèbre la geste de Normands qui arrachèrent l’Angleterre à ses maîtres anglo-saxons.

Cette scène m’a touché pour une raison plus intime. Les hasards de la généalogie m’ont appris que je descends, du côté de mon père, de Bertram de Verdun, seigneur normand originaire de l’Avranchin, que la tradition compte parmi les compagnons de Guillaume. Il passa en Angleterre à l’époque de la conquête et figure vingt ans plus tard dans le Domesday Book, le grand inventaire du royaume ordonné par le nouveau souverain, comme détenteur de terres dans le Buckinghamshire et le Somerset.

Je ne tire nulle vanité de cette ascendance. À remonter suffisamment loin les générations, chacun rencontre des chevaliers et des laboureurs, des seigneurs et des domestiques, des vainqueurs et des vaincus. La généalogie est une grande raboteuse d’orgueil. Elle enseigne que nous ne sommes pas les propriétaires de notre nom, mais les dépositaires provisoires d’une histoire commencée sans nous et qui, si le fil ne se rompt pas, se poursuivra après nous.

J’ai néanmoins éprouvé une surprise considérable en découvrant d’aussi longues et anciennes racines normandes. J’ai cheminé durant cinq générations parmi les Verdun, puis pendant onze autres dans une seconde famille normande, jusqu’à ce qu’apparaisse Jacqueline, fille à marier d’une maison devenue désargentée. Elle épousa un Breton des champs enrichi, accomplissant sans le savoir cette mystérieuse translation par laquelle le sang des chevaliers rejoint quelquefois celui des paysans. Il suffit d’une dot amoindrie et d’une ferme prospère pour que l’histoire quitte les salles dallées d’un manoir et s’engage dans un chemin creux.

Les fils aînés de Bertram étaient demeurés en Angleterre. Ils y acquirent d’immenses domaines et appartinrent, durant plusieurs siècles, à la haute noblesse du royaume. Ma branche, plus modeste, était la cadette, celle qui resta en Normandie pour veiller sur les terres familiales. Les généalogies ont leurs grands chemins et leurs sentiers de traverse : les uns conduisent aux châteaux anglais et aux charges royales, les autres à une alliance conclue, plusieurs siècles plus tard, dans une paroisse de Haute-Bretagne.

Mes recherches m’ont d’ailleurs révélé combien ma famille bretonne était davantage liée à la Normandie qu’à la Basse-Bretagne. Cela ne retranche rien à l’unité politique de la Bretagne ni au sentiment d’appartenance qui relie ses différents pays. La géographie conserve pourtant ses droits, surtout lorsque les transports sont lents, les chemins mauvais et les horizons bornés par la distance que peut parcourir un homme ou un cheval en une journée. Pour les habitants des Marches, Avranches et le Cotentin pouvaient être plus proches que Quimper ou le Léon.

La Tapisserie de Bayeux rappelle également combien l’histoire de la Bretagne est inséparable de celle des îles britanniques. L’Armorique gauloise devint Bretagne par l’arrivée progressive de familles venues d’outre-Manche, d’abord comme auxiliaires de l’Empire romain, puis comme migrants, soldats et conquérants. Elles apportèrent leurs saints, leurs princes, leurs langues et leurs querelles. Notre pays fut longtemps à la fois continental et insulaire, tourné vers la Cornouaille, le pays de Galles et les rivages de cette mer qui séparait moins les hommes qu’elle ne les réunissait.

Depuis le bar des Brisants, cette ancienne unité se devine encore. Les vagues qui viennent mourir contre les quais ont peut-être battu, quelques jours plus tôt, les falaises de Cornouailles. La mer n’est pas un mur ; elle est un chemin mouvant, une chaussée sans pavés sur laquelle circulèrent les pêcheurs, les moines, les marchands et les armées. Les frontières véritables furent souvent moins liquides que terrestres.

La pesanteur géographique et politique finit cependant par imposer une autre destinée. La puissance française prit progressivement le dessus. Les guerres de succession et les guerres civiles bretonnes opposèrent longtemps les partis soutenus par les rois anglais à ceux qui recherchaient l’appui du roi de France. Après l’union à la couronne, les Bretons devinrent les défenseurs maritimes de cet empire terrestre issu des Francs, souvent contre des peuples insulaires dont ils avaient jadis partagé le monde.

Ma propre famille en porta le faix. Durant la guerre d’indépendance américaine, six de mes ancêtres furent mobilisés dans les armées navales du roi de France pour combattre la flotte britannique sur les côtes d’Amérique. Deux ne revinrent pas. Les siècles ont beau mettre une patine sur les conflits, ces absences inscrites dans les registres paroissiaux rappellent que l’antagonisme franco-anglais ne fut pas une aimable rivalité de salon.

Je n’ai donc jamais complètement oublié que ma famille échangea des boulets avec les Anglais durant au moins quatre siècles. D’un règne à l’autre, des hommes portant mes noms embarquèrent sur les vaisseaux du roi, surveillèrent les côtes ou attendirent le retour d’une voile qui, parfois, ne reparut jamais. Les canons se sont tus, les coques ont pourri au fond des rades et les uniformes ont perdu leurs couleurs. Il demeure pourtant, dans la mémoire familiale, une légère odeur de poudre que les réceptions diplomatiques ne dissipent pas entièrement.

L’antagonisme franco-anglais est l’un des plus profonds de l’histoire européenne. La France occupa longtemps dans l’imaginaire britannique une place que l’Angleterre n’occupa jamais vraiment dans l’imaginaire français. L’identité anglaise s’est en partie construite contre la France : contre ses rois, contre sa religion, contre sa puissance continentale, contre ses ambitions maritimes. Les Français, plus accaparés par leurs frontières terrestres et par la menace allemande, espagnole ou impériale, ne nourrirent jamais une obsession exactement symétrique.

Cette inimitié avait pourtant quelque chose d’une querelle de famille. L’Angleterre née de 1066 fut anglo-normande. Le français demeura durant des siècles la langue de la cour, de l’aristocratie et d’une partie de la justice. Une fraction considérable de la langue anglaise porte encore l’empreinte de cette conquête. Les Anglais ne l’ont jamais complètement oublié : derrière le Channel demeure la conscience d’une origine commune, mêlée au ressentiment d’avoir dû s’émanciper de ceux qui, un jour, les avaient conquis.

La famille assise près de moi croque ses tartines sans paraître troublée par ces considérations. C’est peut-être cela, au fond, la victoire du temps : transformer les descendants d’ennemis séculaires en touristes qui s’interrogent sur la composition d’un petit déjeuner breton. Je les regarde avec sympathie, sans oublier pour autant que la politesse des vivants n’abolit pas les morts. La paix n’exige pas l’amnésie.

L’Angleterre semble aujourd’hui plus avancée que la France sur le chemin de ce que l’espagnol nomme enajenación et que nous pourrions appeler une aliénation, au sens fort : le fait de devenir étranger à soi-même. Londres demeure britannique par ses monuments, ses cérémonies et les uniformes de ses gardes ; elle l’est chaque jour un peu moins par la population qui l’habite. La couronne, les musées et le Parlement donnent ainsi l’illusion de la continuité à une société dont le substrat humain se transforme à vive allure.

Cette question ne concerne pas seulement les Anglais. Aujourd’hui, Charles III et Emmanuel Macron peuvent encore contempler la broderie comme un fragment de leur propre histoire, malgré les détours de leurs généalogies respectives. Qu’en sera-t-il dans cinquante ans, ou dans un siècle ? Quels souverains, quels ministres et quels visiteurs regarderont alors de haut ces soixante-dix mètres de toile ?

Auront-ils encore un lien charnel avec les hommes qui y sont représentés, avec leurs descendants, leurs paysages et les peuples qu’ils ont façonnés ? Ou considéreront-ils cette œuvre comme nous contemplons des gravures rupestres laissées par les Aborigènes d’Australie : avec une curiosité sincère, peut-être avec respect, mais dans une complète extériorité du sang, de la mémoire et du sol ? Un musée peut conserver les objets d’un peuple longtemps après la disparition de celui-ci. Il ne conserve ni son regard ni le frémissement intérieur par lequel un héritier reconnaît, dans une chose ancienne, une parcelle de lui-même.

L’inauguration londonienne invitait aussi à considérer avec quelque recul la singulière relation franco-britannique. L’Angleterre battit la France en Amérique du Nord et permit ainsi l’apparition de cette extraordinaire puissance anglophone que sont devenus les États-Unis. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques se plaisent à invoquer une « relation spéciale » avec Washington. Cette relation est moins équilibrée qu’ils ne veulent le croire, mais les peuples aiment les mythes qui leur permettent de prolonger dans leur esprit une puissance perdue.

La France choisit une autre voie, non sans avoir longtemps payé fort cher son rapprochement avec l’Angleterre. À Fachoda, en 1898, la mission commandée par le capitaine Marchand, ami de mon grand-père, se heurta aux ambitions britanniques sur le Nil. Paris recula devant le risque de guerre et sacrifia une partie de ses desseins africains. Ce renoncement ouvrit la route de l’Entente cordiale, dont la France avait besoin parce qu’elle se savait trop faible pour affronter seule l’Allemagne.

L’alliance rassura les dirigeants français et contribua à leur fermeté dans les crises qui précédèrent 1914. Londres, de son côté, voyait dans la France la grande puissance continentale capable de contenir une Allemagne qui lui taillait déjà des croupières sur les marchés industriels et menaçait sa suprématie maritime. La course aux cuirassés entre la Royal Navy et la flotte de Guillaume II pesa lourd dans le climat psychologique qui conduisit l’Europe à la catastrophe.

L’histoire ne se laisse certes pas enfermer dans une cause unique. Il serait absurde de rendre l’Angleterre responsable des millions de morts français de la Grande Guerre ou de l’entrée en guerre de 1939. Il reste que la recherche presque anxieuse de l’appui britannique réduisit pendant plusieurs décennies la liberté de manœuvre de Paris. La France croyait s’assurer un allié ; elle s’habitua trop souvent à consulter le Foreign Office avant de déterminer son propre intérêt.

Cette dépendance ne prit véritablement fin qu’après la crise de Suez. L’humiliation imposée en 1956 par les États-Unis à l’expédition française et britannique produisit des effets opposés de part et d’autre de la Manche. Londres en conclut qu’elle ne pourrait plus agir contre Washington et choisit de devenir son auxiliaire privilégié. En France, la leçon ne fut pas tirée immédiatement. Deux ans plus tard, le retour au pouvoir du général de Gaulle engagea toutefois radicalement le pays dans la voie de l’indépendance militaire, de la souveraineté nucléaire et d’une politique étrangère qui refusait de confondre les intérêts français avec ceux d’une puissance étrangère, fût-elle amie.

L’Union européenne a depuis changé la donne en faisant disparaître l’Allemagne comme ennemi potentiel de la France. L’Angleterre, fidèle à son tropisme maritime, a choisi le grand large. Je préfère au fond qu’il en soit ainsi. La coopération est nécessaire et l’amitié souhaitable, à condition de ne jamais prendre les paroles courtoises pour l’abolition de l’histoire. Derrière les falaises de Douvres, il y a davantage qu’un voisin : il subsiste toujours un ancien ennemi qui sommeille.

La Tapisserie de Bayeux nous enseigne précisément que les ennemis d’hier peuvent devenir des parents, puis des alliés, sans que leur passé commun disparaisse. Les Normands victorieux se mêlèrent aux Anglo-Saxons vaincus. Leurs descendants bâtirent un royaume qui combattit durant des siècles la terre d’où étaient venus ses conquérants. Le temps ne supprime pas les contradictions ; il les tisse ensemble jusqu’à rendre impossible de séparer les fils sans détruire l’ouvrage.

Encore faut-il qu’il demeure des héritiers. Une tapisserie se défait lorsque ses fils se rompent. Une civilisation disparaît lorsque les hommes qui l’ont reçue ne trouvent plus à qui la transmettre. Le premier devoir des Européens n’est donc pas de s’agenouiller devant leur passé, mais de faire en sorte que leurs petits-enfants puissent encore le reconnaître comme le leur.

Je replie The Times. La famille anglaise achève ses croissants, les chalutiers sont maintenant à quai et, de l’autre côté de la Manche, une broderie presque millénaire attend ses visiteurs. Tout paraît paisible. Sur la toile, pourtant, les chevaux galopent encore et les navires de Guillaume poursuivent leur traversée. Ils ne s’immobiliseront vraiment que le jour où plus aucun Européen ne reconnaîtra dans cette antique expédition un fragment de sa propre histoire.

Balbino Katz — chroniqueur des vents et des marées —
[email protected]

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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6 réponses à “La tapisserie et les héritiers”

  1. Jean-François Bollens dit :

    Heureux d’apprendre que nous cousinons.
    Juste une précision, la « Telle du Conquest » n’est pas bayençaise mais bayeusaine. Mais c’est moins grave que son déplacement outre-manche pour complaire à un sombre picard dont les caprices n’ont pas fini de nous coûter.

  2. Tirpitz dit :

    La guerre de cent ans fut un conflit entre deux familles françaises, les Capétiens et les Plantagenets, pour la succession des fils de Philippe Le Bel (les fameux « Rois maudits »). Ce qui retourna les Français contre Albion fut les atrocités commises contre les populations par l’ost anglais dans le cadre de la stratégie de terre brûlée du Prince Noir.
    En 1939, la France a été l’Ukraine de l’Angleterre. Elle était notamment dépendante pour 90 % du pétrole du Golfe Persique, alors sous domination britannique. Paris était de fait inféodée à Londres. Georges Pompidou s’en souviendra lorsqu’il lancera la construction de centrales nucléaires pour assurer la souveraineté énergétique de la France.

  3. RAYMOND NEVEU dit :

    J’ai tout compris…ce texte nous prépare au retour de Villiers ce soir le vicomte qui un jour descend de Charrette ripoliné en Vendéen et un autre vendredi il laisse entendre que sa famille était présente à Hastings! Eh bien la Bretagne revendique les Malouines, le nom est breton! CQFD. Eh bien lundi matin il faudra se lever tôt pour prendre le train pour Rennes!

  4. RAYMOND NEVEU dit :

    Palsambleu…Morbleu…! Voilà qu’un citoyen argentin vient nous donner des leçons à nous humbles authentiques descendants de laboureurs!!! qui arrivons à remonter jusqu’au XVIe sans trop de difficultés avant il faut retrouver les archives écrites en latin dit de cuisine, ou les actes notariés des tabelions. Cela me fait penser à un certain Villiers qui à l’occasion se targue d’un ancêtre présent à Hastings…Malgré les recommandés qui lui sont adressés il persiste et signe saoulant!!! Je préfère le sieur de Kéroulas labourant ses champs à l’ombre des ruines du château de la famille jadis puissante des Keroulas qui fit la croisade en compagnie du sire du Pont! Le Juch 29.

  5. Torr'Pen dit :

    Excellent. Vous avez une très belle famille. Vos raccourcis historiques relèvent d’une belle culture générale. Je pense que la cérémonie funèbre de SM Elizabeth est l’expression parfaite du déclin de l’Occident .Pomp and circumstances. A part ça, restons dans le trad: « Saozon villiget »!

  6. Jean-Pierre dit :

    @Torr’Pen : J’adore votre ironie, bravo ! (Pas sûr cependant que tout le monde ait saisi la moquerie). Kenavo.

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