Dans un essai publié par The European Conservative, le philosophe américain Benedict Beckeld propose une distinction conceptuelle destinée, selon lui, à clarifier le débat sur l’immigration et l’identité nationale en Occident : celle entre « réalisme racial » et « mémoire ethnique ». Il définit le premier comme l’idée, qu’il qualifie explicitement de raciste, selon laquelle la race d’un individu déterminerait intrinsèquement son caractère ou sa valeur. Il rejette cette thèse en s’appuyant sur le principe de chevauchement statistique entre groupes : quel que soit l’écart moyen mesuré entre populations sur certains tests, l’existence de figures individuelles brillantes issues de groupes aux moyennes plus basses invaliderait, selon lui, toute prétention à juger un individu sur la base de son appartenance ethnique.
Une mémoire collective propre à chaque groupe
C’est la seconde notion, celle de mémoire ethnique, qui constitue le cœur de son argumentation. Beckeld désigne par ce terme l’ensemble des récits, réels ou construits, que chaque groupe ethnique porte sur lui-même et qui fonctionnent comme des marqueurs identitaires. Lorsque ces mémoires collectives entrent en concurrence au sein d’une même société, la cohésion sociale s’en trouverait fragilisée, certains groupes en venant à se définir en opposition au reste de la communauté plutôt qu’en continuité avec elle.
L’auteur illustre son propos par un échange médiatisé au Royaume-Uni entre la journaliste Julia Hartley-Brewer et un porte-parole du mouvement Restore Britain, où ce dernier peinait, selon lui, à articuler une justification philosophique claire à sa défense du caractère majoritairement blanc de l’identité britannique. Beckeld y voit l’illustration d’une confusion partagée par la gauche comme par la droite entre défense légitime d’une cohésion démographique et racisme pur.
Un spectre de proximité culturelle
Beckeld situe les différentes mémoires ethniques sur un continuum plutôt que dans une opposition binaire : celle d’un Irlandais serait, selon lui, structurellement plus proche de celle d’une société anglophone que celle d’un Italien, elle-même plus proche que celle d’un Papou-Néo-Guinéen. Il en tire argument contre le parallèle souvent établi par les défenseurs du multiculturalisme entre l’hostilité passée envers les immigrations irlandaise, italienne ou slave et les réticences actuelles envers l’immigration islamique ou africaine, estimant que cette comparaison ignore l’ampleur variable des distances culturelles en jeu.
Israël, un contre-exemple à nuancer
L’auteur examine le cas d’Israël, souvent présenté comme un modèle de société occidentale multiethnique fonctionnelle, rassemblant juifs russes, éthiopiens et d’origines multiples. Il relativise cet exemple en soulignant que ces différentes communautés partagent une appartenance religieuse commune, le judaïsme, qui jouerait selon lui un rôle de ciment social comparable à celui de l’ethnicité, les non-juifs ne représentant qu’environ 20% de la population israélienne. Pour Beckeld, la religion pourrait donc, dans certaines configurations, se substituer à l’homogénéité ethnique comme facteur de cohésion — un mécanisme qu’il juge de moins en moins disponible dans des sociétés occidentales marquées par le déclin de la pratique chrétienne.
Une distinction entre éthique individuelle et politique de masse
Beckeld insiste enfin sur une distinction entre l’échelle individuelle et l’échelle collective : un individu issu d’une minorité ethnique parfaitement intégré culturellement à la majorité ne poserait, selon lui, aucun problème éthique. C’est à l’échelle démographique de masse que les tensions émergeraient, lorsque des sous-groupes suffisamment nombreux en viendraient à privilégier leur propre trajectoire historique au détriment d’une identité commune avec la société d’accueil. Il conclut qu’une société occidentale bien ordonnée nécessiterait, de fait, une ethnie prédominante pour assurer sa pérennité, tout en admettant que cette conclusion reste difficile à entendre dans le débat public actuel.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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