Chaque année, 12 millions de filles sont mariées avant l’âge de 18 ans, soit une toutes les 3 secondes. Le chiffre est rappelé par l’ONG World Vision France à l’occasion de la Journée internationale de la fille, ce dimanche 11 octobre. Mariages forcés, mutilations génitales, exclusion de l’école, viols utilisés comme arme de guerre : l’organisation dresse un état des lieux sévère, à 4 ans de l’échéance des objectifs de développement durable fixés par l’ONU pour 2030.
650 millions de femmes mariées enfants
Au total, 650 millions de femmes aujourd’hui vivantes ont été mariées avant leur majorité. Selon l’ONG, le mécanisme se répète dès qu’une famille s’appauvrit, qu’un conflit éclate ou qu’une école ferme. Marier une fille, c’est une bouche de moins à nourrir, et parfois une dot. La jeune épouse quitte l’école, devient mère trop tôt et perd toute autonomie. Ses propres filles risquent ensuite de connaître le même sort.
230 millions de femmes excisées
Plus de 230 millions de femmes et de filles vivent aujourd’hui avec les séquelles de mutilations génitales. En 2026, 4,5 millions de filles, pour la plupart âgées de moins de 5 ans, y sont encore exposées. Hémorragies, infections, complications à l’accouchement, traumatismes psychologiques : les conséquences sont irréversibles. L’ONG observe que dans les zones de crise, où l’accès aux soins est presque inexistant, la pratique tend à se renforcer, car elle est perçue à tort comme une protection.
9 788 cas de violences sexuelles de guerre
Les violences sexuelles liées aux conflits ont explosé. Le rapport annuel de l’ONU, publié fin mai, a recensé 9 788 cas en 2025, plus du double de l’année précédente. La représentante spéciale de l’ONU, Pramila Patten, estime que ce chiffre reste très en dessous de la réalité : pour chaque cas qui arrive dans un centre de santé, 10 à 20 autres ne seraient jamais signalés.
La République démocratique du Congo reste l’un des principaux foyers. En 2025, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme y a recensé 1 534 victimes, dont 672 filles. Près de 80 % d’entre elles se trouvaient au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Le M23 est à lui seul responsable de 439 victimes. Pour Camille Romain des Boscs, directrice générale de World Vision France, il a fallu le prix Nobel de la paix du Dr Denis Mukwege pour que le monde admette que « le viol est une arme de guerre ».
Afghanistan : 2,4 millions de filles privées de collège et de lycée
En Afghanistan, l’exclusion des filles est devenue une politique d’État. Depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, 2,4 millions de jeunes filles sont interdites d’enseignement secondaire, selon l’ONG, et elles pourraient être 4 millions d’ici 2030 si rien ne change. Le pays est le seul au monde à interdire délibérément aux filles d’étudier. Privées d’école, elles restent cloîtrées et dépendent d’un tuteur masculin pour chaque sortie et chaque décision. L’ONG fait état d’une hausse des mariages et des grossesses précoces, et de symptômes sévères de dépression et d’anxiété chez les femmes.
World Vision, ONG d’inspiration chrétienne présente dans près de 100 pays, dit avoir touché 1,5 million de personnes en Afghanistan en 2025, dont 808 000 enfants, à travers 36 projets. Elle organise discrètement, au sein des communautés, des programmes d’apprentissage alternatifs qui permettent à des filles de continuer à lire et à compter malgré l’interdiction.
Les demandes de l’ONG
World Vision France appelle la France et la communauté internationale à agir sur 3 fronts :
- financer la protection des filles dans les zones de conflit, en RDC comme ailleurs ;
- exercer une pression diplomatique constante pour la réouverture de l’école aux Afghanes ;
- préserver les budgets de lutte contre l’excision et le mariage précoce, menacés par les coupes dans l’aide internationale.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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