Un technicien de nuit moins diplômé doit-il gagner plus qu’un cadre bardé de diplômes aux horaires de bureau ? Oui, répondent 45 % des actifs interrogés, contre 13 % qui choisissent le cadre. Ce résultat est tiré d’une enquête du cabinet de conseil en rémunération How Much, menée du 30 septembre au 7 octobre auprès de 3 221 actifs. Elle montre un fort décalage entre les critères qui déterminent aujourd’hui les salaires et ceux que les Français jugent légitimes.
56 % pour les compétences, 15 % pour les diplômes
Interrogés sur ce qui devrait fixer la valeur d’un poste, les actifs placent en tête le niveau de compétences et d’expertise (56 %), puis l’expérience (48 %). Viennent ensuite la responsabilité sur la santé ou la sécurité d’autrui (39 %), la pression mentale ou émotionnelle (35 %), les conséquences financières d’une erreur (32 %) et la pénibilité physique (31 %). Les critères classiques arrivent loin derrière : le budget ou le chiffre d’affaires géré (18 %), les diplômes (15 %) et le nombre de personnes encadrées (13 %).
84 % des sondés estiment que le salaire devrait tenir compte des conséquences possibles d’une erreur, dont 48 % qui veulent que ce critère pèse « beaucoup ». Seuls 14 % jugent qu’il devrait compter peu ou pas du tout.
Le manager n’a plus la cote
À compétences et expérience égales, 17 % seulement des actifs pensent qu’un manager de 15 personnes devrait être mieux payé qu’un expert sans équipe. 25 % donnent l’avantage à l’expert, 18 % veulent les payer au même niveau, et 36 % estiment que tout dépend des conséquences de leurs décisions.
La même logique se retrouve dans la hiérarchie des responsabilités. Pour 45 % des actifs, la plus importante est celle de la santé ou de la sécurité d’autrui, loin devant les décisions pouvant faire perdre beaucoup d’argent (18 %) et les choix stratégiques pris seul (13 %). Manager une équipe importante (7 %) et gérer un gros budget (5 %) ferment la marche.
4 duels, 4 victoires pour l’utilité
L’enquête a soumis aux sondés 4 duels de métiers. À chaque fois, le poste le moins prestigieux l’emporte. Le salarié responsable de la sécurité de personnes devance celui qui gère un gros budget (49 % contre 17 %). L’ingénieur expert sans équipe, dont une erreur peut arrêter une usine, l’emporte sur le manager de 20 personnes (42 % contre 16 %). Le technicien de nuit bat le cadre diplômé (45 % contre 13 %). L’écart est plus serré entre la responsable de la paie qui garantit chaque mois le salaire de 1 000 collaborateurs et le commercial responsable de 3 millions d’euros de chiffre d’affaires (34 % contre 27 %).
65 % des actifs pensent d’ailleurs que 2 métiers complètement différents peuvent représenter un travail de valeur équivalente et mériter un salaire comparable. 32 % en doutent.
Le soin en tête des métiers sous-payés
Les métiers du soin et de l’accompagnement sont jugés les plus susceptibles d’être sous-rémunérés (51 %), devant les métiers très physiques (37 %), les métiers opérationnels de terrain (32 %) et les métiers techniques et de maintenance (31 %). Les experts sans fonction managériale sont cités par 20 % des sondés, les managers de proximité par 8 %.
Des entreprises incapables de s’expliquer
Seuls 9 % des actifs pensent que leur entreprise serait parfaitement capable d’expliquer pourquoi 2 métiers différents ne sont pas payés au même niveau, et 23 % qu’elle le pourrait pour certains métiers seulement. Pour 66 %, c’est impossible : les salaires dépendraient surtout de l’historique ou de la négociation individuelle (28 %), de critères trop flous (27 %) ou du manager (11 %).
Ce constat prend une dimension particulière avec la transposition en droit français de la directive européenne sur la transparence salariale, qui imposera aux entreprises de justifier les écarts de rémunération entre emplois de valeur égale. Pour Sandrine Dorbes, fondatrice du cabinet, les Français privilégient « l’utilité concrète du travail plutôt que les galons », et le chantier qui attend les entreprises est considérable.
L’enquête a été réalisée en ligne auprès d’actifs recrutés via le panel BuzzPress, qui compte 27 700 personnes, et par des invitations diffusées sur Facebook et LinkedIn. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas et redressé selon le sexe, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle et la région.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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