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Les Français donnent moins, et ce n’est pas par manque de cœur. L’Observatoire des générosités publié le 28 octobre par l’institut Odoxa en est à sa 8e édition. Il a été mené du 23 au 28 septembre auprès de 3 000 personnes de 18 ans et plus. Le don moyen annuel recule de 18 €, de 222 € à 204 €. Il revient ainsi à son niveau de 2024, après 2 années de hausse. La Bretagne est l’une des régions où la chute est la plus brutale.
En Bretagne, le don moyen chute de 110 €
Les Bretons donnaient en moyenne 291 € par an en 2025. Ils n’en donnent plus que 181 €, soit 110 € de moins en 12 mois. Seule la Normandie fait pire, avec un recul de 127 €. Ces 2 régions étaient parmi les plus généreuses de France et sont désormais sous la moyenne nationale.
Le recul ne vient pas d’un plus grand nombre de Bretons qui cessent de donner. 30 % d’entre eux disent avoir réduit leurs dons cette année, moins que la moyenne nationale de 33 %. Ce sont donc les montants qui ont fondu. Les Pays de la Loire font exception : leur don moyen progresse légèrement, de 8 €, pour atteindre 188 €.
Au niveau national, le Grand Est prend la tête du classement avec 316 € de don moyen, devant l’Île-de-France (247 €) et la Bourgogne-Franche-Comté (238 €). Les Hauts-de-France ferment la marche à 131 €.
Le portefeuille, première raison du recul
Parmi les 33 % de Français qui ont donné moins, 86 % expliquent qu’ils ne peuvent plus se le permettre comme avant. C’est la proportion la plus élevée depuis 2020. Le doute sur l’utilisation des fonds est cité par 66 % d’entre eux, en recul de 4 points, et le sentiment d’être trop sollicité par 52 %. Seuls 9 % des Français déclarent avoir augmenté leurs dons.
Le moral économique est au plus bas. 90 % des Français se disent moins confiants dans l’avenir économique du pays, le niveau le plus bas mesuré par Odoxa depuis 2006. 85 % disent que la hausse des carburants a pesé sur leur budget.
L’effet est le plus visible chez les 35-49 ans, dont le don moyen tombe de 127 € à 150 €, et chez les cadres, qui passent à 288 € après un recul de 148 €. Les 18-24 ans font l’inverse : leur don moyen atteint 256 €, en hausse de 126 €. Les étudiants, eux, s’en tiennent à 84 €.
16 % des Français ont dû demander de l’aide
L’étude mesure aussi l’autre versant de la solidarité. 16 % des Français ont dû faire appel à la solidarité, en argent ou en nature, au cours des 12 derniers mois parce qu’ils ne s’en sortaient pas seuls. 11 % se sont tournés vers leurs proches et 5 % vers un cercle plus large : association, cagnotte ou appel dans la rue.
La proportion monte à 28 % chez les moins de 35 ans, à 31 % chez les demandeurs d’emploi et à 35 % dans les foyers qui vivent avec moins de 1 500 € par mois. Elle atteint encore 11 % dans les foyers à plus de 3 500 € mensuels. L’Île-de-France (21 %) et l’Occitanie (20 %) sont les régions les plus touchées.
Dans 51 % des cas, il s’agissait de payer les dépenses du quotidien : factures, loyer, transport, courses. La proportion monte à 61 % chez les 18-24 ans. Viennent ensuite une perte brutale de revenus (29 %), un événement de vie à financer (20 %) et des frais médicaux imprévus (20 %).
Les Bretons donnent d’abord à leur entourage
L’autre grande tendance de l’étude est le repli des dons vers ce qui est proche et visible. 71 % des Français comptent privilégier les personnes en difficulté de leur entourage. La Bretagne et les Pays de la Loire arrivent en tête, à 74 % chacune.
59 % des Français préfèrent désormais les associations locales aux grandes structures nationales. C’est 5 points de plus en 1 an et 12 de plus qu’en 2020. La Bretagne est à 70 % et les Pays de la Loire à 66 %. 61 % des Bretons disent préférer donner à une cause très ciblée, comme une collecte pour un traitement médical ou pour sauver un établissement de proximité, contre 54 % au niveau national. 53 % des Français veulent donner directement à des personnes plutôt qu’à des organismes, 9 points de plus qu’en 2020.
La recherche médicale loin devant chez les Bretons
La recherche médicale reste la cause préférée des Français (42 %), devant la protection des animaux et la protection de l’enfance, toutes 2 à 32 %. Le communiqué attribue la progression de la protection de l’enfance aux scandales dans le périscolaire. L’aide aux victimes de catastrophes naturelles ou d’attentats gagne 3 points, à 15 %.
En Bretagne, la recherche médicale atteint 51 %, le score le plus élevé de toutes les régions. Elle est suivie par la protection de l’enfance (31 %) et l’aide aux personnes malades ou handicapées (26 %). La protection des animaux ne figure pas sur le podium breton, ni sur celui des Pays de la Loire.
L’État dernier de la classe sur la solidarité
On a demandé aux Français à qui ils font confiance pour renforcer la solidarité. Ils citent d’abord les citoyens eux-mêmes (65 %) et les associations et fondations (52 %). Viennent ensuite les collectivités (37 %), les entreprises (14 %) et l’État (13 %).
Le personnel politique n’est pas mieux traité. 76 % des Français jugent que les responsables politiques ne s’engagent pas assez pour l’aide aux personnes en difficulté. Ils sont 77 % chez les sympathisants de gauche, 76 % au Rassemblement national, 66 % chez Les Républicains et 57 % au centre.
Le sujet pèsera pourtant dans l’isoloir. 73 % des Français disent qu’ils tiendront compte des propositions des candidats en matière de solidarité lors de la présidentielle de 2027, mais 25 % seulement en sont certains. La part grimpe à 87 % chez les sympathisants de gauche et s’établit à 71 % au RN, 69 % chez LR et 65 % au centre. La Bretagne est dans la moyenne, à 73 %.
Pour la directrice marketing de la plateforme commanditaire, « la solidarité n’est pas une option d’ajustement budgétaire, c’est une attente citoyenne majeure ».
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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